Rapport annuel 2001 - Partie IV
Annexe A : enquêtes de contrôle thématiques
1.2. Contrôles dans plusieurs centraux 101
1.2.1. Utilisation d’un questionnaire/check-list
1.2.2. Rédaction du rapport2.1. Nombre de centraux 101
2.2. Centraux 101 gérés par la police fédérale
2.3. Centraux 101 gérés par la police locale3.1.1. Nombre et ancienneté du personnel des centraux 101 (question 1)
3.1.2. Composition du service en fonction du grade et du corps (questions 2-3)
3.1.3. Effectif du service le jour, la nuit ou le week-end selon la fonction exercée (question 4)
3.1.4. Horaire du personnel (question 5)
3.1.5. Personnel suffisant – Pour tous les horaires – Afin d’exécuter les tâches prévues (question 6)
3.1.6. Présence des compétences requises (question 7)
3.1.7. Formation préalable à l’entrée en service (questions 8-9)
3.1.8. Formations complémentaires du personnel (questions 10-11)
3.1.9. Sélection du personnel (questions 12-13)3.2.1. Moyens matériels disponibles (question 14)
3.2.2. Contacts avec le service 100 (question 15)
3.2.3. Moyens manquants pour assurer l’exécution efficiente des tâches (questions 16-17)
3.2.4. Existence et utilisation d’une documentation manuelle et automatisée (questions 18 à 20) – Existence et utilisation de check-lists (questions 23-24)
3.2.5. Existence d’une documentation en matière de planification des catastrophes et interventions de crise (questions 21-22) – Documentation manuelle et automatisée suffisante (questions 25 à 30)3.3.1. Répartition des tâches au sein du service et procédure de réception des appels 101 (questions 31 à 39)
3.3.2. Communication du temps d’attente à l’appelant (question 40)
3.3.3. Enregistrement des appels (questions 41 à 47)
3.3.4. Possibilités de recherche et d’exploitation (questions 48 à 50)
3.3.5. Durée moyenne des appels (question 51)
3.3.6. Temps d’attente moyen de l’appelant avant réponse de l’opérateur (questions 52-53)
3.3.7. Visualisation des appels (question 54)
3.3.8. Délai d’intervention moyen des équipes d’intervention (questions 55-56)
3.3.9. Localisation et identification de l’appelant (questions 57-58)
3.3.10. Aperçu visuel des équipes disponibles (questions 59 à 62)
3.3.11. Appels en langue étrangère (questions 63 à 65)
3.3.12. Sonnerie/message d’attente (question 66)
3.3.13. Tapage nocturne : nombre d’appels et procédure (questions 67-68)
3.3.14. Dépannage de véhicules : nombre d’appels et procédure (questions 69-70)3.4.1. Évaluation de la satisfaction du client (question 71)
3.4.2. Gestion des plaintes (questions 72-73) – Communication des plaintes formulées par des tiers (question 74)
3.4.3. Mesures d’amélioration de la satisfaction du client (questions 75-76)
3.4.4. Évaluation de la satisfaction du personnel des services 101 (question 77)
3.4.5. Évaluation de la satisfaction du personnel des services de police à propos du service 101 (question 78)3.5. Impact sur la société
3.6. Résultats
3.7. Direction3.7.1. Présence et rôle de la direction durant l’exécution des missions (questions 83-84)
3.7.2. Implication de la direction du corps dans le fonctionnement du service (question 85) – Concertation et initiatives de la direction concernant le fonctionnement du service (questions 86-87) – Evaluation des membres du personnel du service (question 88)II. Traitement des plaintes par les services de médiation
4. Introduction
5. Analyse succincte des principaux rapports6.1. Déroulement des événements
6.1.1. Voyage des clandestins
6.1.2. Contrôle frontalier à Zeebrugge6.2. Personnel présent et répartition des tâches à la SPN le 18 juin 2000
6.3. Problèmes spécifiques
6.4. Aperçu schématique7. Découverte de clandestins dans des conteneurs
I. Corps de police d’une zone monocommunale de la province de Flandre orientale
8.1. Préparation et exécution
8.2. Vision et politique générale du corps de police étudié
8.3. Contribution à la politique générale et future fonction de l’ancien chef de corps
8.4. Traitement9.1. Module 1 : Direction
9.2. Module 2 : Gestion du personnel
9.3. Module 3 : Politique
9.4. Module 4 : Moyens
9.5. Module 5 : Procédures
9.6. Module 6 : Satisfaction du personnel
9.7. Module 7 : Satisfaction du citoyen
9.8. Module 8 : Résultats
9.9. Module 9 : Communication interne
9.10. Module 10 : Relations extérieures
9.11. Module 11 : Capacité de changement
9.12. Résultat globalII. Corps de police d’une zone monocommunale de la province de Liège
10.1. Constitution de l’échantillon
10.2. Organisation pratique11.1. Module 1 : Direction
11.2. Module 2 : Gestion du personnel
11.3. Module 3 : Politique (poursuite d’objectifs)
11.4. Module 4 : Moyens
11.5. Module 5 : Procédures
11.6. Module 6 : Satisfaction du personnel
11.7. Module 7 : Satisfaction du citoyen
11.8. Module 8 : Résultats
11.9. Module 9 : Communication interne
11.10. Module 10 : Relations extérieures
11.11. Module 11 : Capacité de changements
11.12. Résultat global : comparaison des différents modules
I. Corps de police d’une zone pluricommunale de la province de Namur
12.1.1. Situation du commissariat - Accessibilité
12.1.2. État des locaux - Moyens matériels et opérationnels
12.1.3. Organigramme
12.1.4. Documentation - Registres
12.1.5. Ressources humaines – Circulation de l’information interne et légale – Ouverture du corps vers l’extérieur
12.1.6. Relations du chef de corps avec un agent administratif contestées par certains citoyens12.2. Réouverture de l’enquête
12.2.1. Introduction
12.2.2. Prise de connaissance de nouvelles informations
12.2.3. Normes organisationnelles et fonctionnelles à la base de la nouvelle organisation
12.2.4. Perspective du Directeur Coordinateur AdministratifII. Corps de police d’une zone monocommunale de la province du Brabant wallon
14. Principales constatations sur place
14.1. Analyse de quelques dossiers de plainte
14.2. Registre d’accueil
14.3. Locaux d’audition
14.4. Cellule prévention − Service d’assistance policière aux victimes
14.5. Documentation, registres, etc
14.6. Fonctionnement, activités, ressources humaines, etc
14.7. Premiers commentaires
14.8. Nouveautés introduites à l’occasion de l’intégration ancienne police communale / gendarmerie en date du 23 avril 200114.8.1. Introduction
14.8.2. Description des services
14.8.3. Prestations14.9. Questions encore ouvertes
14.10. Entretiens avec différents officiers
14.11. État d’avancement actuel de la mise en place de la zone de police14.11.1. Introduction
14.11.2. Effectifs policiers
14.11.3. Relations entre policiers fédéraux et locaux
14.11.4. Prestations
14.11.5. Absentéisme
14.11.6. Contrôle par les cadres et contrôle interne
14.11.7. Utilisation des véhicules de service
14.11.8. Relations avec les dépanneurs
14.11.9. Informatique
14.11.10. Situation particulière d’un commissaire donné
15.1.1. Introduction
15.1.2. Relation entre l’ancienne brigade de gendarmerie du métro et l’ancien Bureau de coordination des opérations de la STIB
15.1.3. Usage des menottes par les membres en uniforme du SSG dans le cadre de leurs missions
15.1.4. Relations au sein du personnel
15.1.5. Équipes d’intervention spéciale du SSG
15.1.6. Brigade de recherche du SSG
15.1.7. Structure et culture du SSG
15.1.8. Attitude, actions et réactions des responsables de la STIB15.2. Constatations ultérieures
15.2.1. Introduction
15.2.2. Organigramme actuel et détaillé du service de contrôle et de gardiennage (SCG)
15.2.3. Nouvelle philosophie au SCG
15.2.4. Rapports et procès-verbaux établis par certains membres du SCG16.1. Recueil et analyse de la documentation
16.2. Réorientation de l’enquête16.2.1. Introduction
16.2.2. Nouvelles rencontres et entretiens
16.2.3. Dernier incident17.1. Principaux acteurs sur le terrain
17.2. Résumé des entretiens subséquents aux premières investigations et rapports intermédiaires17.2.1. Alertes à la bombe et autres incidents
17.2.2. Sécurité en général
17.2.3. Communication technique
17.2.4. Personnel
17.2.5. Qualité de l’intégration de la police des chemins de fer
17.2.6. Implantation des postes
17.2.7. Partition de l’ancienne police des chemins de fer
17.2.8. Rédaction de procès-verbaux
17.2.9. Problématique des graffitis
17.2.10. Développement du gardiennage interne
17.2.11. Officiers de police administrative ou de police judiciaire
Annexe E : police et prostitution
Annexe G : enquêtes marginales
Annexe H: quelques enquêtes particulières
II. Corps de police d’une zone monocommunale de la province du Brabant flamand
18. Genèse de l’enquête
19. Méthodologie
20. Résultats de l’enquête
21. Conclusions22. Genèse de l’enquête
23. Méthodologie
24. Résultats de l’enquête24.1. Pièces de rechange et leur enregistrement
24.2. Classification des cyclomoteurs
24.3. Contrôles de vitesse
24.4. Saisie, frais de dépannage et entreposage
Annexe I : questions examinées lors des entretiens (SNCB)
26. Questions examinées avec différents membres du personnel de la SPC
27. Questions examinées avec plusieurs membres de B-SECURITY
Annexe X : principales données chiffrées utilisées dans le cadre du rapport annuel 2001
28. Enquêtes judiciaires service d’enquêtes P
29. Données transmises en vertu de l’article 26
30. Données transmises au Comité permanent P par et en vertu de la loi et de protocoles30.1. Données relatives aux mesures d’ordre et aux mesures disciplinaires
30.2. Article 14bis, 1er alinéa
30.2.1. Données générales
30.2.2. Autres données
30.2.3. Suites31. Plaintes et dénonciations adressées au Comité permanent de contrôle des services de police
31.1. Plaignant externe à un service de police
31.2. Plaignant interne à un service de police
Annexe
A : enquêtes de contrôle thématiques
I. Centraux 101
La présente enquête de contrôle relative au fonctionnement des centraux 101 a été répartie en deux phases [i] .
Cette première phase visait à glaner un maximum d’informations à propos du
fonctionnement des centraux 101 par : (1) une analyse de la réglementation,
de la documentation existante et des études déjà réalisées portant sur le
fonctionnement des centraux 101 ; (2) la réalisation d’un contrôle dans
un certain nombre de centraux sur la base d’un questionnaire ; (3) une
observation limitée pendant les contrôles dans un certain nombre de centraux
101 et (4) la rédaction d’un rapport provisoire mentionnant les informations
recueillies au cours de la première phase.
Les résultats de cette phase ont fait l’objet d’un « Rapport provisoire,
partie 1 – Résultats de l’enquête ».
En partant des résultats exposés dans le rapport provisoire, une enquête complémentaire a été menée au cours d’une seconde phase concernant le fonctionnement des centraux 101 d’Anvers, Bruxelles et Liège.
Dans un souci d’uniformité et d’exhaustivité, un questionnaire a été élaboré
afin de faciliter le bon déroulement du contrôle des centraux 101. Ledit questionnaire
a d’ailleurs été utilisé au cours de la seconde phase de l’enquête.
Il présente une composition modulaire et comporte une série de questions relatives
aux sujets suivants : (1) moyens humains ; (2) moyens matériels ;
(3) procédures ; (4) satisfaction du public ; (5) satisfaction du
personnel ; (6) impact sur la société ; (7) résultats ; (8)
direction ; (9) politique et stratégie.
Le questionnaire a été constitué sur la base d’un modèle (adapté) – le EFQM-Excellence
model – mis au point par la European Foundation for Quality Management (EFQM).
Il comporte une série de 91 questions (adaptées), qui ont été posées lors
d’une interview menée par les équipes d’enquête composées de membres du Service
d’enquêtes.
Le présent rapport provisoire a été rédigé à la suite de la collecte des informations nécessaires et de la constitution d’une documentation complémentaire. Il contient des références pertinentes au contenu du « Rapport provisoire, partie 1 – Résultats de l’enquête » contenant le traitement des données résultant des contrôles des centraux 101 durant la première phase de l’enquête de contrôle.
Le « Rapport provisoire, partie 1 – Résultats de l’enquête » mentionnait déjà que notre pays comprenait 30 centraux 101 au total. Avant la réforme des services de police, ceux-ci étaient gérés soit par les anciens districts de gendarmerie, soit par les (grands) corps de police. À présent, 22 centraux sont gérés par la police fédérale et 8 par les corps de police locale.
Les centraux 101 gérés par la police fédérale se situent au niveau de l’ancien district de gendarmerie : Arlon, Mons, Bruges, Charleroi, Termonde, Dinant, Tournai, Eupen, Genk, Hasselt, Huy, Ypres, Courtrai, Louvain, Marche-en-Famenne, Namur, Oudenaarde, Turnhout et Wavre.
Le commissaire Wilson de la police fédérale a précisé au cours d’un entretien qu’il existe également à ASSE, LIÈGE et VERVIERS des centraux 101 gérés par la police fédérale. Ces centraux ne disposent toutefois pas d’une connexion propre avec le réseau téléphonique. Il s’agit donc de centraux qui ne reçoivent que des appels provenant d’autres centraux gérés par la police fédérale, dont les appels sont redirigés vers l’un d’entre eux.
Les centraux 101 gérés par la police se situent principalement dans les (grands) corps de police : Anvers, Bruges, Bruxelles, Charleroi, Termonde, Gand, Liège et Malines.
Pour les centraux gérés par les deux corps, il convient de rappeler la remarque
déjà formulée selon laquelle le traitement des missions considérées comme
appels 101 urgents ne constitue qu’une partie (importante) de l’ensemble des
missions. Les centraux 101 sont en effet installés dans un centre d’appel
appelé « cellule radio » par les services de police locaux et « centre
de télécommunication » par la police fédérale. Outre leurs tâches prioritaires,
ils doivent encore accomplir beaucoup d’autres missions.
Les centraux 101 qui font l’objet de cette phase de l’enquête sont uniquement
gérés par les corps de police locale.
Le présent chapitre traite exclusivement des résultats du questionnaire, des observations et de la documentation des centraux 101 d’Anvers, Liège et Bruxelles. Les résultats présentés ci-dessous constituent une synthèse de l’ensemble des données collectées. Un prochain point du rapport intégrera les conclusions du « Rapport provisoire, partie 1 – Résultats de l’enquête » ainsi que les résultats de l’enquête menée auprès des centraux d’Anvers, Liège et Bruxelles.
Le nombre de personnes faisant partie des centraux
101 est considéré comme insuffisant, tant à Bruxelles qu’à Anvers (42 policiers
locaux et 3 policiers fédéraux). Toutefois, par le biais d’un nouveau plan
définissant les besoins en personnel (« personeelsbehoefteplan »),
des propositions politiques ont été formulées afin d’atteindre l’effectif
requis. À Liège, les personnes interrogées se disent satisfaites de leur effectif
(30 policiers locaux et 2 policiers fédéraux en journée).
L’ancienneté du personnel des centraux 101 ne peut être déterminée avec précision
au vu des données obtenues. Les membres des centraux de Liège et Bruxelles
se situent dans une tranche d’âge moyenne (estimée) de 40 ans. À Anvers, cette
estimation est de 45-50 ans.
Les membres des centraux 101 ne sont pas exclusivement composés de personnel
du corps qui gère le central.
À Bruxelles, le personnel se compose de membres de la police locale et fédérale.
Ils sont assistés par des non-policiers et des agents auxiliaires, qui font
office de call-taker. Les membres du personnel n’y sont pas toujours
des policiers de Bruxelles : certains sont des fonctionnaires de police
détachés des communes voisines, en fonction de la clé de répartition définie
dans un protocole d’accord. Certains membres sont également détachés d’unités
de la police fédérale.
La fonction d’opérateur est assurée par des policiers revêtus du grade d’inspecteur.
Les dispatchers font, quant à eux, partie du cadre moyen de la police fédérale
ou locale et possèdent la qualité d’officier de police judiciaire.
À Anvers comme à Liège, le service se compose de membres de la police locale
et fédérale et, en aucun cas, de civils.
Le cadre varie selon qu’il s’agit du jour, de la nuit ou du week-end.
À Liège, l’effectif de jour est de cinq opérateurs, dont un membre de la police
fédérale, et un dispatcher/OPJ. En journée (8h00-17h00), un membre du cadre
officier et un membre du cadre moyen revêtu de la qualité d’officier de police
judiciaire sont présents afin d’assurer la direction opérationnelle du corps.
Ils ne sont pas présents en dehors de ces heures mais restent joignables.
Ils participent en outre à la gestion des services d’ordre. L’effectif de
nuit, ainsi que celui du week-end, descendent à quatre opérateurs et un dispatcher/OPJ.
Le nombre d’opérateurs est toutefois augmenté durant les actions spéciales
planifiées.
Le cadre est également différent à Bruxelles, en fonction du jour ou de la
nuit. Le service même a mené une étude approfondie de la question en vue d’optimiser
l’affectation du personnel. L’horaire est divisé en quatre périodes, de 7h00
à 13h00, de 13h00 à 19h00, de 17h00 à 24h00 et de 19h00 à 7h00. Il comprend
également trois services, le « service normal », le « service
volant » et le « service formation ». Le « service normal »
constitue l’effectif de base, le « service volant » sert de doublure
au « service normal » et le « service formation » permet
de suivre une formation complémentaire ou de faire office de doublure.
Anvers a prévu neuf collaborateurs, dont sept du cadre de base et deux du
cadre moyen. Cet effectif maximum (optimal) est un principe qui n’est pas
toujours concrétisé. La direction opérationnelle du service est assurée par
un officier présent en permanence. En tant que superviseur du central et du
dispatching, il prend des décisions (finales) concernant les priorités en
fonction des véhicules d’interventions disponibles. Il rédige, à l’attention
de la direction du corps et des autorités de police, un rapport quotidien
reprenant l’ensemble des interventions et des faits particuliers qui se sont
produits.
En qualité d’officier de police judiciaire et de police administrative, c’est
également à lui qu’il revient d’avertir les autorités judiciaires et administratives
dans les cas prévus par la loi.
L’horaire de travail du personnel des divers centraux 101 est irrégulier
et consiste en des services (de jour et de nuit) de 8 à 12 heures. Il n’existe
aucune cohérence entre les différents types d’horaires des divers centraux.
À Liège, les horaires sont de 8 heures pour les policiers locaux et de 12
heures pour les policiers fédéraux. Ce type d’horaire « à deux vitesses »
donne lieu à des problèmes de fonctionnement interne.
À Anvers uniquement, le personnel des centraux 101 preste depuis peu des horaires
de 8 heures, avec des pauses durant les heures de prestation « afin
d’éviter les erreurs de jugement graves, vu les lourdes responsabilités, la
charge de travail importante et les situations de stress typiques liées aux
appels 101 » [3] .
Ces temps de pause sont rendus possibles par l’élaboration d’un horaire
assurant l’exécution de certaines fonctionnalités, dont la « fonctionnalité
de remplacement » grâce à laquelle chaque membre du personnel peut systématiquement
prendre sa pause prévue.
Un système de pauses durant l’exécution des tâches dans les centraux 101 est
particulièrement recommandé, vu la charge de travail importante de ces services.
Les personnes interrogées ont expliqué que l’effectif était parfois insuffisant
durant certains horaires – jour/nuit/week-end – pour mener à bien les missions
requises. À Liège, on constate que le cadre est satisfaisant mais que l’adéquation
entre le personnel présent et les moyens disponibles n’est pas toujours optimale.
À Bruxelles, depuis le doublement des postes d’appels, qui sont passés de
trois à six, le personnel n’était pas toujours en nombre suffisant pour occuper
tous les postes. Il convient par conséquent de prévoir du personnel additionnel.
Dans l’attente de mesures en la matière, on s’efforce de prévoir un cadre
optimal par une affectation flexible durant les heures de pointe et les heures
creuses.
Si Anvers a prévu huit lignes d’alarme, seuls trois appels peuvent être traités
simultanément, les autres appels étant mis en attente et traités dès qu’un
des call-takers est de nouveau libre. La technique actuelle ne permet
pas de diriger les appels additionnels vers une ligne interne, sans compromettre
le bon fonctionnement du central d’alarme. Les membres du central d’Anvers
ont expliqué que la proximité du service « cartothèque » est positive
car, en cas d’incident, il fournit dans un délai record l’information nécessaire
(détention d’armes, casier judiciaire, etc.) à l’équipe d’intervention. La
charge de travail croissante ne permet plus d’assurer une telle interaction
et les personnes interrogées déplorent cette diminution du service aux équipes
d’intervention.
Il convient en outre de remarquer que les membres du service doivent remplir
beaucoup d’autres tâches. C’est ainsi notamment qu’ils sont chargés d’intervenir
lorsque l’alarme se met en route dans une vingtaine d’institutions ou musées
reliés à un système d’alarme urbain ou qu’ils gèrent les appels signalant
des pannes dans les systèmes de pompes (à eau) destinés à éviter toute inondation.
Ils sont également appelés dans les cas de crise ou de maintien de
l’ordre pour le maniement des appareillages techniques du centre opérationnel
et du véhicule de commandement.
Ils assurent en outre la communication au départ du véhicule de commandement
durant les matchs de football de division un nationale ou dans le centre opérationnel
du commissariat principal au cours des interventions de crise et des catastrophes.
Parmi les autres tâches que l’on attend d’eux, on compte : (1) le suivi
des communications d’alarme d’une cinquantaine d’autres institutions de la
province ; (2) les multiples recherches automatisées pour d’autres services
de police d’interventions effectuées, de communications radio, de procès-verbaux,
etc. ; (3) la réalisation d’enregistrements des communications radio
effectuées à la suite de plaintes ou de contrôles et (4) la gestion-clé du
bâtiment.
Le nombre de tâches additionnelles a été exposé en détail dans un plan politique
« Centre de télécommunication » (« Telecommunicatiekamer »),dont
dispose le Comité permanent P.
Les personnes interrogées ont répondu que, de par leur expérience, leur ancienneté
ainsi que les formations et sélections, ils disposaient des compétences requises
afin d’effectuer leurs missions de manière satisfaisante.
À Liège, deux collaborateurs universitaires ont dispensé une formation de
six jours aux membres du personnel issus de la police locale.
Les personnes interrogées à Anvers ont expliqué que « la qualité et
le professionnalisme du personnel » ont été soulignés par deux évaluations
internes (1998 et 2000) et plus particulièrement « la résistance au
stress, la flexibilité, le sens de l’improvisation et l’esprit rationnel d’évaluation » [4] .
Les membres du personnel du central de Liège ne reçoivent pas de formation particulière préparatoire à leur entrée en service. Ils apprennent leur métier « sur le terrain » en servant brièvement de « doublure » à un collègue aguerri. Les centraux d’Anvers et Bruxelles dispensent une formation à leur personnel.
À Liège, un groupe de travail a été mis sur pied afin de déterminer les besoins
en formations spécifiques des équipes d’interventions. Non seulement aucune
formation spécifique n’est dispensée avant l’entrée en service, mais il n’existe
pas davantage de formation complémentaire approfondie. La formation se limite
généralement à une formation spécifique sur des programmes informatiques existants
et nouveaux et/ou sur l’utilisation d’appareillages neufs. Ces formations
s’organisent sous forme de réunions périodiques au cours desquelles on tend
vers une actualisation des directives et prescriptions par un consensus interne.
À Bruxelles, les call-takers suivent une formation complémentaire annuelle
mais il ne s’agit en l’espèce pas d’une formation spécifique au service. Le
service organise cependant des sessions de formation internes (de courte durée)
mettant l’accent sur l’accueil téléphonique.
Anvers investit davantage dans les formations du personnel tant interne qu’externe
telle que celle dispensée par le fournisseur du dispatching central. La formation
de base comprend 40 heures de cours théoriques et pratiques, complétés par
un apprentissage sur le terrain en tant que doublure. Une formation complémentaire
en matière de planification des catastrophes a amélioré l’expertise dans ce
domaine important et particulièrement spécifique (Zone portuaire d’Anvers).
Tous les membres du personnel ont choisi librement leur fonction, contrairement
à la pratique antérieure. Ils sont généralement sélectionnés une première
fois sur la base d’un profil écrit énumérant les compétences requises, pour
ensuite être soumis à un test écrit et/ou une interview.
Si Liège n’a pas défini de profil sur papier, elle a en revanche communiqué
un document énumérant les tâches à effectuer.
Depuis « quelques années », Bruxelles a entrepris de faire passer
un test d’aptitude aux candidats à la fonction de call-taker, lesquels.
sont organisés par des membres du personnel du service avec l’assistance d’un
psychologue du corps de police. Cette épreuve consiste entre autres en tests
psychotechniques et interviews.
Anvers a lancé une procédure d’engagement de personnel non-policier (supplémentaire)
pour assurer les différentes fonctions du nouveau call-center. Le cadre
dirigeant insiste particulièrement sur les aptitudes linguistiques des futurs
candidats (cf. point 3.3.11).
Les moyens matériels disponibles dans les différents
centraux sont de natures diverses et consistent en des équipements techniques
nécessaires à la réception, à l’enregistrement et au traitement des appels.
Ces moyens ne sont pas seulement utilisés pour les appels 101, ils servent
également aux autres appels traités par le personnel. Les centraux 101 sont
toutefois pourvus d’un équipement spécifique, à savoir les lignes 101. Les
centraux gérés par la police fédérale sont en principe équipés de deux lignes
pour traiter ces appels.
Il existe quatre lignes 101 à Liège et les appels supplémentaires sont placés
en attente, avant d’être traités avec la diligence qui s’impose.
En mai 2000, les moyens disponibles à Bruxelles ont considérablement augmenté.
Toutefois, le doublement des postes d’appels, qui s’élèvent désormais au nombre
requis de six, ne s’est pas accompagné d’une augmentation du personnel présent.
Une étude approfondie des moyens matériels des centraux 101 dépasse le cadre
du présent rapport et pourra faire l’objet d’une étude ultérieure basée sur
les informations déjà collectées. Le « Rapport provisoire, partie
2 – Annexes » comprend déjà un aperçu des moyens disponibles d’un
central 101.
Bruxelles bénéficie d’un équipement spécifique, à savoir une connexion directe « PAX » avec le réseau du métro urbain. D’autres centraux (Anvers) sont équipés de multiples connexions directes avec des institutions spéciales afin d’assurer en permanence une communication immédiate, comme c’est le cas pour la Banque nationale ou la prison d’Anvers.
Tant Liège que Bruxelles et Anvers sont pourvues de connexions directes avec le service 100. Il convient toutefois de rappeler que ces connexions sont établies dans les chefs-lieux de province uniquement. En outre, elles ont été établies à la demande des centraux 100 afin de maintenir un contact en cas de situation de crise (ou catastrophe).
Les personnes interrogées ont énuméré un certain nombre de moyens pouvant améliorer l’exécution efficiente des tâches mais faisant cependant défaut. Selon les membres du central de Liège, le manque de traitement statistique des appels constitue un manquement manifeste. À Bruxelles, les propositions d’amélioration concernent surtout des adaptations techniques destinées à pouvoir distinguer les appels urgents des appels non-urgents. À Anvers, une analyse SWOT a été établie à l’issue de plusieurs enquêtes internes, laquelle a répertorié les points faibles importants en matière d’infrastructure et de matériel.
La documentation manuelle consiste le plus souvent en une collecte thématique
de documentation, de directives et de check-lists pouvant servir en cas d’appel
– complexe – nécessitant un traitement urgent.
À Liège, la documentation manuelle est dite limitée et il n’existe par ailleurs
aucune forme de documentation automatisée. Si nécessaire, il est fait appel
au centre de communication de la police fédérale de Liège et à sa documentation
disponible.
Le besoin d’uniformité et de synthèse de la documentation se fait en outre
particulièrement sentir. La documentation manuelle est bien visible et mise
à la portée du dispatcher et/ou de l’opérateur pour une consultation immédiate.
La documentation automatisée consiste généralement en programmes d’enregistrement
d’appels et en applications de recherche d’informations judiciaires ou administratives.
Certains centraux disposent de helpdesks – élaborés par leurs soins – consultables
de manière automatisée. Ces bases de données comprennent non seulement des
directives opérationnelles régissant l’envoi d’équipes d’intervention, mais
aussi des fichiers d’informations locaux pour exécuter les missions d’aide
et/ou de soutien. Les check-lists des centraux 101 sont généralement élaborés
en interne et utilisés pour des faits graves de nature judiciaire ou non.
La plupart des personnes interrogées ont mentionné l’utilisation d’une check-list
lors des interventions en cas d’alerte à la bombe.
À Anvers principalement, plusieurs applications informatiques ainsi qu’un site Intranet (application Internet accessible à tous les membres du personnel de la police d’Anvers) ont été développés, lesquelles permettront une exploitation immédiate des données à la suite d’interventions ou d’autres missions.
Dans les centraux 101 de Liège, Bruxelles et Anvers,
la documentation générale manuelle et les prescriptions en matière de planification
des catastrophes et d’interventions de crise répondent aux besoins des utilisateurs.
À Liège, la documentation automatisée nécessite une amélioration considérable
et, selon les personnes interrogées, il faut absolument prévoir des supports
d’informations rapidement consultables de manière à pouvoir fournir dans les
meilleurs délais l’information requise aux équipes d’intervention.
Vu la spécificité de sa situation, Anvers a constitué une documentation étendue,
complète et immédiatement consultable en matière de planification des catastrophes.
La présence de diverses sociétés dans la zone portuaire d’Anvers nécessite
une telle disponibilité.
Les enquêtes dans les centraux de Liège, Anvers et Bruxelles n’ont pas permis de constater de différences particulières en ce qui concerne la répartition des tâches pour le traitement des appels, comme il avait déjà été remarqué en 2000.
La procédure à suivre pour le traitement d’un appel a été décrite par un groupe de recherche de l’université de Liège comme étant une « intervention » et comporte les tâches suivantes [5] : (1) call-taking : appel téléphonique au central 101 ou directement via le service de police ; (2) dispatching : appréciation qui entraîne la désignation d’un service qui doit se charger de l’intervention, les éléments d’appréciation étant l’urgence, les accords locaux entre les différents services de police et l’organisation interne du travail (propre au service qui reçoit l’appel) ; (3) traitement : manière de traiter l’affaire après s’être rendu sur place, allant du classement sans suite (faux appel) à des constatations plus larges avec enquête de voisinage en passant par le règlement de conflits ; (4) administration : enregistrement du traitement des appels sur une fiche d’intervention ou un procès-verbal.
Théoriquement, les tâches sont réparties au sein d’un service 101 et les
fonctions de « call-taking » ou « d’opérateur » et de
« dispatcher » sont respectivement exercées par des membres du cadre
de base et du cadre moyen. En pratique, pour des raisons d’expérience et de
polyvalence des membres du personnel concernés, ils exercent ces tâches en
commun. Cette méthode de travail a été instaurée afin de permettre un « tour
de rôle » dans l’exercice des différentes tâches et de prévoir des pauses
(limitées) pendant le service.
La répartition des tâches durant les horaires de jour, de nuit et de week-end
est basée sur le même principe. La différence tient au fait que l’effectif
est réduit durant la nuit ou les week-ends. De même, le mode de traitement
des appels est quasi identique dans tous les centraux 101. Compte tenu des
différentes applications informatiques utilisées aux fins d’enregistrement
des appels, seules quelques légères différences sont à observer dans les centraux
gérés respectivement par la police et la police fédérale.
L’une des caractéristiques des systèmes d’enregistrement des appels est que
le facteur (décisionnel) humain n’est jamais à exclure. Cette influence est
manifeste au niveau du dispatcher, qui assume la compétence décisionnelle
finale lorsqu’il détermine le degré de priorité de l’appel et l’envoi de telle
ou telle équipe d’intervention. Le dispatcher prend donc la décision finale
en dépit de la répartition des tâches prévue dans les programmes informatiques,
ce qui lui permet de poser des priorités pour les appels entrant simultanément.
Cet état de fait est d’ailleurs renforcé dans certains centraux, où les appels
font d’abord l’objet d’un enregistrement manuel avant d’être introduits dans
le système informatique. Le rôle de coordination et de direction général du
dispatcher se manifeste lorsqu’il faut opérer un choix concernant le traitement
des appels alors que le nombre des interventions ne cesse de croître.
À Anvers, un groupe de travail a déterminé que les conditions de la notion
n°5 « d’appel urgent » ne peuvent être cumulatives. Chacune d’entre
elles doit pouvoir conférer un caractère urgent à l’appel. Le groupe de travail
a estimé que cette approche était plus réaliste que l’application d’une liste
d’appels prédéfinis comme étant urgent ou non urgents. Les conditions non
cumulatives sont les suivantes : (1) situations mettant des vies en danger ;
(2) confrontation entre l’auteur et la victime ; (3) danger d’aggravation
de la situation ; (4) situation désespérée dans laquelle se trouverait
l’appelant et (5) matière ressortissant à la compétence de police.
L’existence d’un seul de ces critères implique que l’appel soit considéré
comme urgent et soit assigné à une équipe d’intervention disponible. Les autres
appels, considérés comme « non urgents », sont donc transmis pour
traitement à une équipe de la zone concernée ou à un autre service (de police).
Liège a défini par écrit la procédure à suivre lors du traitement d’un appel,
allant de la réception de l’appel jusqu’à l’envoi d’une équipe d’intervention
ou la transmission de la communication à un autre service. Certes, cette procédure
de traitement des appels n’est pas expressément communiquée aux autres services
de police envoyés sur place par le central 101 mais elle peut être obtenue
à Liège sur simple demande. Toute modification de la procédure est signifiée
par écrit au personnel, par la voie de directives internes sous forme de notes
de services et/ou est commentée au cours des réunions de concertation périodiques.
L’information dispensée peut aussi bien avoir trait à la procédure même de
traitement des appels qu’à des spécifications techniques.
Les membres du central de Liège reconnaissent que les temps d’attente élevés constituent plus la règle que l’exception et qu’ils sont communiqués à l’appelant si ce délai s’annonce « particulièrement long ». Ceux du central d’Anvers admettent quant à eux ne pas pouvoir informer l’appelant du temps d’attente exact et ne pas davantage lui communiquer une estimation de ce délai. Toutefois, lorsqu’aucune équipe d’intervention n’est disponible après un délai d’attente dit raisonnable, le central reprend contact avec l’appelant pour l’en informer et juger à nouveau de l’opportunité de l’envoi d’une équipe.
À Liège, Anvers et Bruxelles, les appels sont enregistrés via une application
informatique permettant une recherche ad hoc et une restitution sur
bande. Ces recherches s’avèrent toutefois limitées dans le temps – il faut
parfois compter un mois. Or, la formulation tardive d’une plainte peut compromettre
une enquête interne. Ces applications informatiques enregistrent non seulement
les appels mais également les communications entre les centraux 101 et les
équipes d’intervention.
Elles permettent au central de Liège de faire des recherches sur toutes les
interventions de l’année précédente. À Bruxelles, les appels sont enregistrés
selon un système CAD (Computer Aided Dispatching) et les fiches comportant
les demandes d’intervention sont directement transmises à l’opérateur desservant
la zone concernée, au centre de communication de la police fédérale et à la
zone de police locale d’où provient l’appel. La présence du central 101 dans
le dispatching central de la ville de Bruxelles a ceci comme avantage que,
même si l’intervention est directement transmise par ordinateur, les opérateurs
et dispatchers du service 101 d’une part et les opérateurs radio des diverses
zones de police locale d’autre part sont en contact visuel et verbal permanent.
Les appels destinés à la police locale de Bruxelles sont également transmis
à l’une des douze divisions de la police de Bruxelles. Cette sélection se
fait automatiquement en fonction de l’adresse de l’appelant ou peut, le cas
échéant, être adaptée manuellement par l’opérateur. Les appels destinés à
la police locale situés en dehors de la Région de Bruxelles-Capitale mais
toujours dans la zone téléphonique 02, sont retransmis au corps concerné.
Ce type d’appels ne recouvre que 10% du total.
À Anvers également, les appels sont gérés par un système CAD récent comportant
diverses fonctionnalités qui permettent le traitement des appels, l’envoi
des équipes d’intervention et les recherches.
Les recherches automatisées se limitent généralement aux données d’appels
enregistrées. Les possibilités sont presque équivalentes aux fonctionnalités
techniques des centraux 101 gérés par la police fédérale. Elles ont été exposées
en détail dans le « Rapport provisoire, partie 1 – Résultats de l’enquête » :
« Le grand atout d’IPOG réside dans les possibilités qu’il offre d’analyser
l’exploitation des banques de données qui ont été constituées en intégrant
les données disponibles de la police et de la gendarmerie.
Citons les principales applications à titre d’illustration [6] : (1) appel :
nombre d’appels répartis dans le temps et dans l’espace, et en fonction du
mode d’appel et des possibilités d’appel ; (2) dispatching :
répartition des interventions entre police et gendarmerie, détermination de
la charge de travail, capacité d’occupation et respect des protocoles d’accords ;
(3) intervention : détermination des délais d’intervention,
capacité d’intervention répartie ou non en fonction de la nature de l’intervention ;
(4) incident : analyse des éléments qui ont donné
lieu à l’intervention du service de police concerné ; détermination dans
le temps et dans l’espace des incidents ; nature des incidents, nécessité
d’une action urgente de la police ; analyse du phénomène ; choix
et orientation des équipes disponibles.
Outre les recherches sur les appels mêmes, chaque central dispose d’un certain
nombre d’applications informatiques permettant de générer des données sur
les personnes, les véhicules, les objets, les faits et les lieux. Un examen
plus détaillé de ces aspects déborde du cadre de la présente enquête. Aucune
personne interrogée n’a mentionné de restriction à propos de ces applications
et aucune donnée sur ces recherches n’a donc été demandée. »
Les recherches qui peuvent être effectuées à Anvers et à Bruxelles sont fort similaires. Par contre, les modalités de recherche à Liège sont nettement plus limitées.
Les données exactes relatives à la durée moyenne des appels n’ont pu être collectées que dans les centraux d’Anvers. À Bruxelles et à Liège, il a été répondu que la durée des appels était limitée au strict minimum et ne dépassait généralement pas la minute. Les limitations techniques et la faible pertinence de cette information ont été avancées comme explication. À Liège, la durée moyenne d’un appel semble se situer entre une minute et une minute et demie. Il ressort des comptages effectués à Anvers durant une période de référence allant de septembre 2000 à février 2001 que la durée moyenne des appels s’élève à une minute et demie. Précisons que ce chiffre n’est pas le résultat d’une estimation mais d’un traitement automatisé des données du central CAD.
Même s’il a largement été répondu que la réaction se fait « la plus rapide possible » dès la constatation d’un appel entrant parce qu’un appel 101 est généralement urgent, il n’est pas toujours possible de chiffrer le temps d’attente moyen de l’appelant avant qu’un opérateur ne décroche. Cette impression s’est traduite de manière intuitive dans le « Rapport provisoire, partie 1 – Résultats de l’enquête », où il est mentionné que ce délai ne dépasse pas les « trois à quatre sonneries ». Il a été signalé dans plusieurs centraux que, pour des raisons techniques, l’appelant entend toujours plusieurs sonneries (de sept à huit !) avant que l’opérateur ne reçoive le premier signal de l’appel. Compte tenu de cette donnée, l’appelant entend parfois jusqu’à dix sonneries avant qu’un opérateur efficient ne prenne son appel.
À Liège, on estime qu’il est répondu dans les 10 secondes à 60% des appels. Une enquête interne a démontré que le temps d’attente moyen à Bruxelles était de : (1) maximum 20 secondes pour 73% des appels ; (2) maximum 60 secondes pour 17% des appels ; (3) plus de 60 secondes pour 10% des appels. Le temps de réponse moyen à Anvers s’élève à 11,9 secondes [7] .
À Liège, il est possible de visualiser quatre lignes sans pour autant pouvoir voir le nombre d’appels en attente. Anvers dispose d’une fonctionnalité lui permettant de visualiser les appels en attente ; les appels en cours de traitement sont transmis à une équipe d’intervention et ceux qui doivent encore être traités sont assortis d’un code couleur spécifique.
À Liège, ces données ne sont pas disponibles et ne sont de
toute façon pas utilisées, ni à des fins opérationnelles, ni pour fixer des
objectifs politiques (!)
Anvers présente une répartition cumulative en pour cent des délais d’intervention
moyens [8] des appels :
| Délai d’intervention en minutes |
Nombre d’appels en pour cent |
| 1 |
8,20 |
| 2 |
9,95 |
| 3 |
11,84 |
| 4 |
14,24 |
| 5 |
17,18 |
| 10 |
33,17 |
| 15 |
46,38 |
| 20 |
55,89 |
| 30 |
67,12 |
| 40 |
73,98 |
| 50 |
78,96 |
| 60 |
82,79 |
Manifestement, dans à peine 33% des cas, une équipe d’intervention
arrive sur les lieux dans les 10 minutes. Près de la moitié des appels
(45%) sont suivis d’une intervention dans les 20 minutes. Une note interne
jointe à ces statistiques relevait à ce propos : « Les délais
d’intervention sont fonction du délai entre l’enregistrement d’un appel et
l’arrivée sur les lieux de l’unité de police. Les appels sont effectivement
enregistrés dans seulement 40% des cas, après l’arrivée sur place de
l’équipe d’intervention (mise en évidence personnelle) ! En principe,
l’enregistrement doit se faire systématiquement et l’absence de cette donnée
est censée signifier qu’aucune intervention sur place n’a eu lieu (mise
en évidence personnelle). L’impact de ces données doit donc en l’espèce
être relativisé puisque seuls 40% sont enregistrés. »
À Anvers, bien que les équipes d’intervention affectées aux interventions
d’urgence soient gérées de manière centralisée par le central 101, elles sont
quotidiennement mises à la disposition des commissaires des différentes zones.
La direction du corps d’Anvers a décidé que chaque zone devait fournir quotidiennement
un « minimum critique » d’équipes pour le traitement des
appels sur le territoire de la ville. Ceci impliquant cela, un nombre déterminé
d’équipes d’intervention doivent être exclusivement réservées à l’exécution
des missions urgentes dans le cadre des appels à l’aide d’urgence.
Ces équipes sont actuellement au nombre de quatre pour les zones du
centre de la ville (intra muros) et trois pour les zones extérieures
(extra muros). À l’origine, cinq équipes d’intervention couvraient
le centre de la ville mais compte tenu de l’effectif réduit durant les périodes
de vacances, ce nombre a dû être diminué et cette mesure temporaire a fini
par devenir permanente puisque la situation n’a jamais été rétablie. Le terme
de « minimum critique » utilisé supra n’a pas été employé par hasard,
ce nombre minimum devant effectivement être considéré comme un seuil critique
au-dessous duquel il n’est plus possible d’assurer les missions d’intervention.
Or la pratique ne suit pas toujours les recommandations théoriques.
Il ressort de l’examen des données statistiques disponibles [9] et des
résultats de l’enquête auprès du personnel [10] que :
Ü le minimum critique n’est pas toujours atteint et les équipes disponibles ne sont généralement pas en nombre suffisant ;
Ü cette notion n’est pas perçue comme un « seuil critique » mais plutôt comme un nombre maximum par les commissaires de zone responsables ;
Ü les recommandations constantes des responsables du service 101 à la direction du corps et de la direction du corps aux commissaires des zones respectives sont restées vaines dans le sens où le « minimum critique » d’équipes d’intervention n’est quand même pas respecté. Il fut ainsi noté que : « La réunion des commissaires a, en son temps, fixé un nombre minimum de patrouilles de cinq intra muros et trois extra muros. L’enquête a toutefois démontré que certaines zones ne respectaient pour ainsi dire jamais ces normes (mise en évidence personnelle). […] En outre, les patrouilles d’intervention sont affectées par la zone à toutes sortes de missions. […] Le manque de patrouilles d’intervention se répercute immanquablement sur les délais d’attente. En décembre 1999, le temps d’attente moyen était de 34 minutes. Conclusion : la pratique nous a montré que le nombre de patrouilles d’intervention ne suffit généralement pas, même lorsque le minimum requis est atteint, à satisfaire tous les appels 101 (mise en évidence personnelle). En outre, si auparavant, la gendarmerie s’occupait de 25% des appels urgents dans le cadre des chartes de sécurité, cette règle n’est plus suivie depuis le 1er octobre 1999 et ce même pourcentage d’appels urgents doit désormais être pris en charge par les patrouilles de la police (mise en évidence personnelle). Il n’a pas été tenu compte de cette mesure lors de la fixation du nombre d’unités d’intervention liée à la réorganisation du 1er octobre 1997. Il est plus qu’urgent de compléter et de multiplier ces unités (mise en évidence personnelle) » [11] ;
Ü il conviendrait de modifier le mode de traitement administratif des appels, notamment en ce qui concerne la rédaction des procès-verbaux et autres documents, qui se fait toujours par le rédacteur initial, ce qui augmente d’autant le délai d’intervention et diminue considérablement la disponibilité des équipes d’intervention ;
Ü les centraux n’ont pratiquement pas la possibilité de diriger (à distance) les équipes d’intervention durant la phase de traitement administratif. Ils ne peuvent donc pas toujours gérer les délais avec efficience alors qu’ils pourraient être réduits ;
Ü cette situation fait naître une tension constante entre les équipes d’intervention et les dispatchers des centraux afin de « régler le cas le plus rapidement possible sur place ou, le cas échéant, au commissariat » pour « se signaler dans le système comme étant de nouveau libre et prêt à traiter un autre appel » ;
Ü les nouvelles initiatives – telles que la création du call-center – sont encouragées par le personnel, même si elles n’offrent pas de réelle solution au déficit chronique en équipes d’intervention ;
Ü cette situation n’est plus tolérable, ni pour le personnel des centraux 101, ni pour les équipes d’intervention.
Le central de Liège a passé un accord avec Belgacom de sorte que le numéro
d’identification et la localisation de l’appelant s’affichent immédiatement
et automatiquement sur écran. La localisation par Belgacom apparaît ensuite
sur un moniteur affichant un plan de la ville. Il est à remarquer que le numéro
d’appel identifié par Belgacom donne l’adresse de facturation, qui n’est pas
toujours l’adresse d’où provient l’appel. Cependant, cet état de fait n’a
suscité que des problèmes occasionnels.
À Anvers, les personnes interrogées ont fait remarquer que certains opérateurs
GSM facturent toute demande de renseignements.
Une application GPS est généralement perçue comme une plus-value, comme un instrument utile et souhaitable. Et pourtant, seuls quelques rares corps en sont équipés. Cette application n’est pas disponible à Liège, bien que son installation soit envisagée. Par contre, à Anvers, certaines équipes sur le terrain peuvent être visualisées grâce à un système GPS, 80 véhicules étant ainsi équipés. À Bruxelles, le projet est en phase de développement et donc pas encore opérationnel.
Les opérateurs et dispatchers de Liège témoignent d’une connaissance de base de l’anglais, certains parlant même le néerlandais et l’allemand. Le personnel bruxellois, quant à lui, est censé être bilingue. À Anvers, les appelants de langue étrangère reçoivent une réponse appropriée – lorsque les opérateurs maîtrisent la langue en question. La connaissance lacunaire d’autres langues (nationales) est considérée à Anvers comme un manquement, auquel il faudrait remédier en faisant du bilinguisme/plurilinguisme une condition de sélection. La réglementation en vigueur en matière de connaissances linguistiques pour le personnel des corps de police de la Région Flamande, ne permet cependant pas actuellement d’imposer une connaissance légale d’autres langues nationales. Le call-taker d’un central traitant les appels à l’aide de métropoles (multiculturelles) accueillant par ailleurs de nombreux touristes étrangers se doit d’être plurilingue. Ainsi, la qualité du service ne peut que s’améliorer tandis que les risques de fautes et d’interprétations erronées se trouvent considérablement réduits.
Dans les centraux gérés par la gendarmerie, aucun message n’est prévu car, selon Monsieur Wilson [12] , un appel urgent ne peut être mis en attente. De tels cas doivent rester exceptionnels. À Liège, Anvers et Bruxelles, les appelants mis en attente reçoivent un message leur annonçant que toutes les lignes sont momentanément occupées.
Le traitement des appels pour tapage nocturne ne
bénéficie pas de l’urgence dans la majorité des centraux. L’intervention dans
ces cas est considérée comme « non-urgente » et « peut être
reportée ». L’envoi d’une équipe d’intervention chez l’appelant et l’auteur
possible du tapage nocturne ne se fait pas systématiquement car il est fonction
de la charge de travail du moment. Le cas échéant, l’opérateur contactera
lui-même l’auteur présumé et s’efforcera de ramener le calme.
À Liège, à Bruxelles et à Anvers, une patrouille est envoyée dans la mesure
du possible. Vu le nombre élevé d’interventions, ce type de mission ne revêt
pas un caractère prioritaire. C’est pourquoi généralement, on opte pour une
autre solution que l’envoi d’une patrouille. À Anvers, une équipe spécifique
de la « cellule environnement » est exclusivement chargée d’effectuer
les constatations techniques ad hoc en cas de tapage au moyen de musiques
électroniquement amplifiées.
Le dépannage de véhicules sur le territoire des villes, communes ou zones
de police est dans la plupart des cas régi par des protocoles d’accord, désignant
un ou plusieurs services de dépannage. Lorsque plusieurs services de dépannages
sont désignés, la répartition peut se faire sur la base des critères suivants :
(1) nature du véhicule ; (2) lieu du dépannage et (3) moment du dépannage.
Anvers a conclu un accord avec un seul service. À Liège, les informations
relatives aux véhicules dépannés font l’objet d’un traitement automatisé de
manière à pouvoir informer immédiatement l’appelant ayant constaté le dépannage
de son véhicule.
Le total des véhicules dépannés à Liège en 2000 s’élève à 10 333.
Liège n’a pas procédé à l’évaluation de la satisfaction du client concernant le fonctionnement des centraux 101. Un collaborateur de la direction l’estime cependant à 85%. Anvers n’a pas davantage instauré de système spécifique d’évaluation de la satisfaction du client. Toutefois, les personnes interrogées ont expliqué que le nombre de plaintes déposées auprès de divers services pouvait servir d’indicateur.
Comme il avait été constaté dans le « Rapport provisoire, partie
1 – Résultats de l’enquête », l’absence d’inventaire des données
chiffrées concernant le nombre de plaintes relatives au fonctionnement du
service laisse supposer qu’il n’existe aucune forme de gestion des plaintes
dans les centraux 101. À Liège ou à Bruxelles non plus, aucune donnée chiffrée
concernant les plaintes d’appelants n’est disponible. Qui plus est, à Liège,
on semble ignorer la problématique des plaintes relatives au service.
À Bruxelles, le responsable des plaintes a expliqué que si les plaintes écrites
sont « rares », des plaintes verbales d’appelants mécontents lui
parvenait « quotidiennement ». Les raisons de ces plaintes ne sont
pas forcément liées au fonctionnement du central même mais plutôt – c’est
ce qu’il est apparu après enquête – à des dysfonctionnements au sein du corps
ou de la zone de police chargée des suites à donner aux appels. En d’autres
termes, les appels traités avec la diligence voulue au niveau du central ne
sont pas traités aussi rapidement par les équipes d’intervention. À Bruxelles
toujours, la désignation du central comme étant la cause d’un mauvais fonctionnement
du service de police constitue souvent une interprétation erronée des faits.
Car le central, se situant en amont du processus global d’intervention, n’a
pas toujours connaissance des suites réservées à l’appel. Seules quelques
rares plaintes concernent donc réellement le service 101. Une enquête interne
s’est penchée sur ces plaintes et il s’est avéré qu’à Bruxelles, elles stigmatisent
le plus souvent « le manque de politesse » et « le manque de
professionnalisme » de certains call-takers. D’autres plaintes
encore portent sur la « transmission de l’information lacunaire ou insuffisante
aux corps de police concernés ».
La mauvaise appréciation – injustifiée – des centraux 101 et du personnel
détaché explique (en partie) l’existence de ces plaintes. Toutefois, depuis
la revalorisation de la fonction commencée au début de l’année, le nombre
de plaintes à Bruxelles semble présenter une tendance à la baisse. D’après
le responsable du service 101 de Bruxelles, seul 0,01% des appels donne lieu
à la formulation d’une plainte écrite. Il n’a cependant pu nous fournir aucune
donnée concernant le nombre de plaintes verbales. Pourtant, plusieurs centraux
101 traitent de manière quasi uniforme les plaintes qui leurs sont directement
adressées ou communiquées par les supérieurs hiérarchiques ou des tiers (médiateur,
bourgmestre, etc.).
Une fois la plainte communiquée, le chef de corps y donne la suite
voulue en informant le chef du service ou en la transmettant au service de
contrôle interne. À L’issue de l’enquête, une réponse est adressée à la hiérarchie
du corps et le plaignant est informé par écrit de l’enquête menée. Il en va
de même à Bruxelles, où la plainte fait l’objet d’une enquête, dont le plaignant
sera informé par écrit.
À Anvers, les plaintes écrites communiquées à la direction du corps sont examinées
par le service de contrôle interne. L’examen de ce service portant sur « les
plaintes enregistrées concernant le fonctionnement et la gestion du centre
de télécommunication durant les années 1999 et 2000 » [13] a révélé que : (1) six
plaintes écrites ont été enregistrées durant l’année de référence 1999 ;
(2) quatre de ces plaintes ont eu une suite (mesures, courrier
personnel du chef de corps, lettre de réprimande du chef de corps), les autres
ayant été classées sans suite après enquête ; (3) quarante plaintes
écrites ont été enregistrées durant l’année de référence 2000 ; (4)
douze de ces plaintes ont eu une suite.
Les personnes interrogées répondent de manière vague et divergentes à la
question de savoir si des mesures ont déjà été prises pour promouvoir la satisfaction
du client et/ou quelles mesures seraient à prendre. À Liège, les plaintes
ont donné lieu à la diffusion de notes internes indiquant au personnel les
éléments susceptibles d’amélioration. À Liège toujours, le personnel plaide
pour une réduction du temps de travail (huit heures) et l’instauration de
pauses afin d’améliorer la qualité du service. De même, il semble demandeur
de formations complémentaires. Cette nécessité (notamment en matière d’accueil
téléphonique) est clairement ressentie mais pas toujours concrétisée.
Bruxelles consacre une grande attention à l’aspect d’accueil téléphonique
et la brochure de formation distribuée contient de nombreuses informations
en la matière. Anvers, quant à elle, entend améliorer la satisfaction du client
par une approche politique globale.
À Liège, la satisfaction du personnel des centraux 101 ne fait pas l’objet
d’une évaluation directe.
À Anvers, une enquête sur le stress et un sondage auprès du personnel [14] ont
été organisés afin d’évaluer la satisfaction de ce même personnel. Les thèmes
suivants ont été examinés : (1) procédures/méthodes ; (2) nature
du travail ; (3) collaboration mutuelle ; (4) direction/encadrement ;
(5) communication mutuelle ; (6) infrastructure ; (7) ICT/responsable
du système ; (8) collaboration/communication avec d’autres services ;
(9) conception/service/orientation vers le citoyen (client) ; (10) pression
de travail ; (11) organisation du corps (gestion des interventions/travail
de quartier) ; (12) connaissance (besoin de connaissance) du fonctionnement
d’un central 100, d’un centre de communication de la police fédérale, d’autres
dispatchings ; (13) intérêt pour les visites de travail (où et pourquoi)
et (14) horaires.
Les conclusions les plus pertinentes de cette enquête sont reprises infra. Toutefois, le contenu exhaustif de cette enquête auprès du personnel est disponible auprès du Comité permanent de contrôle des services de police.
Ü pression de travail :
« Le nombre d’appel dépasse souvent largement la capacité
des équipes d’intervention. Il y a quatre ans, le nombre de véhicules intra muros s’élevait à 15 pour seulement 6 en moyenne actuellement (mise en évidence personnelle). Un même citoyen rappelle jusqu’à cinq fois et se met de plus en plus en colère
ou devient brutal. Il doit être apaisé par des mensonges ou la vérité lui
est expliquée : « il n’y a pas suffisamment d’effectifs ».
Que dire ou pas lorsqu’on ne peut aider directement l’appelant ? Nous
n’avons aucune vue sur les activités des équipes de police et il n’existe
aucune forme de collaboration. Les patrouilles d’intervention échappent également à tout contrôle. En effet,
en les reliant aux zones, nous ne sommes plus au courant de leur disponibilité,
du temps qu’il leur faut pour rédiger leurs procès-verbaux ou de leur affectation
à d’autres missions, etc. La
conjugaison de ces facteurs fait naître une « situation de stress »
(mise
en évidence personnelle).
Il existe encore d’autres facteurs d’accroissement de la charge de travail
comme par exemple les demandes
du service de contrôle interne (mise en évidence personnelle). Des solutions doivent être trouvées afin de canaliser le tout (responsables)
et pour éviter que la cellule radio ne devienne un « foutoir ».
La cellule radio manque généralement d’effectifs. En temps normal, neuf personnes sont prévues par rangée mais parfois, il
n’en reste que quatre (cadre non complété, mutations et détachements sans remplacement, formations,
maladies, congés, etc.) (mise en évidence personnelle).
Le sentiment général est que le travail ne peut s’effectuer de manière efficiente,
au détriment donc des exigences minimales de qualité et de service. Si
la situation ne s’améliore pas, de nombreux membres du personnel chercheront
une autre fonction ailleurs car leur travail se résume pour eux à frustration,
désarroi et abandon. »
Ü Conclusions générales de l’enquête auprès du personnel (transcription complète) :
« Les personnes interrogées ont l’impression
de ne pas pouvoir faire leur travail correctement et cela, du fait de circonstances externes. Ils doivent fonctionner dans un environnement présentant
des manquements qui rendent leur travail d’autant plus ardu. Ils
n’arrêtent pas de le signaler, mais rien n’y fait ou presque (mise en évidence personnelle).
Le malaise ambiant est d’autant plus prononcé qu’il leur arrive de se faire
rappeler à l’ordre à la suite de plaintes (portant sur ces manquements inhérents
au système). Il est souvent question de frustration et de stress et la phrase
« de toute façon, à quoi bon ? » s’entend sur beaucoup de lèvres. »
Ce type d’information n’est répertorié dans aucune des trois villes.
Évaluation de la perception externe du fonctionnement du service 101 (question 79)
Comme souligné précédemment, tant les responsables que les membres du personnel du central d’Anvers reconnaissent que le fonctionnement du service n’est pas perçu de manière très positive par les médias, le médiateur ou les autres services (de police). Les différentes publications dans les médias, les enquêtes du service de contrôle interne et de notre service à la suite de plaintes et de remarques du médiateurs sont à la base d’une telle perception. C’est ainsi que dans son rapport annuel, le médiateur d’Anvers s’est exprimé en ces termes concernant le central 101 [15] :
« […] Plusieurs plaintes portent encore sur
l’organisation interne de la police. Le manque de communication interne ou
de suivi administratif constituent des motifs récurrents de plaintes (ex.
en ce qui concerne le fonctionnement de la cellule radio ou « l’oubli »
de mentionner des informations indispensables sur les documents) […].
Dans certains cas, les plaintes concernent plutôt la détermination des priorités.
La perception de l’importance et de l’urgence n’est pas la même pour le citoyen
ou pour le policier mais le citoyen fait montre de compréhension à cet égard.
Par contre, il est beaucoup moins tolérant lorsque la police promet de se
rendre sur place et qu’elle n’arrive que bien plus tard voire jamais. »
Données chiffrées relatives au fonctionnement du service (appels) (question 80) – communication des données chiffrées relatives au fonctionnement du service avec les collaborateurs (question 81) – Exploitation de ces données chiffrées relatives au fonctionnement du service (question 82)
À Liège, il n’existe aucune donnée chiffrée générale connue (!) et
le personnel même, les autres corps de police et notre service ne peut prendre
connaissance de chiffres pertinents que sur demande expresse. C’est ainsi
que moyennant des recherches, le central de Liège a pu fournir des chiffres
concernant les appels durant la période de référence mars 2000-février 2001.
Au cours de ces douze mois, 187 573 appels ont été enregistrés,
avec une moyenne mensuelle de 15 631 appels. Ces données ont servi
à la répartition des effectifs disponibles dans les différentes zones de la
ville.
À Bruxelles, on constate que le nombre d’appels par GSM est passé de
18% du total des appels en 1999 à plus de 50% en 2001.
À Anvers également, le succès de la téléphonie mobile se répercute sur le
nombre d’appels 101 par GSM.
Le nombre global d’appels à Bruxelles est également en augmentation constante
depuis 1984 (6 400 appels par mois) jusqu’à 2001 (50 000 appels
par mois). Les chiffres déjà disponibles pour Bruxelles (janvier-mars
2001) font état de 1 800 appels par jour, dont 31% donnent
lieu à une intervention. En outre, 22% des appels présentent un caractère
incontestablement urgent. Le total des appels pour 2001 est estimé
à 657 000. Il existe, selon les personnes interrogées, trois types
d’appel : les appels urgents, les appels inappropriés et
les appels abusifs. Les appels inappropriés constituent 60%
du total des appels. Même s’il s’agit de demandes d’informations ou d’interventions
d’un service de police, ils ne peuvent être considérés comme des appels urgents.
Le service 101 ne devrait pas traiter ce type d’appels car les délais de réponse
et la qualité du traitement des appels urgents s’en ressentent. Quant au call-taker
individuel, il se trouve confronté à un dilemme : soit il exécute la
mission stricte qui lui est dévolue en répondant aux appels d’urgence, soit
il interprète son devoir de manière plus large dans le sens d’une assistance
policière et prend tous les appels.
Une étude actuellement en cours à Bruxelles vise à trouver des solutions.
Il s’agirait pour les trois call-takers réceptionnant les appels de
répartir les appels entrants en appels urgents et autres demandes
d’assistance policière. Dès lors qu’un appel est urgent, il est immédiatement
traité par le même call-taker tandis que s’il concerne une autre demande
d’assistance policière, il est transmis à un autre call-taker, qui
veillera à fournir l’information souhaitée et/ou le renverra au service ad
hoc.
Cette méthode de travail a besoin, pour fonctionner, d’un certain nombre d’adaptations
techniques du système. Entre-temps, un projet pilote a été lancé en vue de
raccourcir les délais d’intervention et d’optimaliser l’affectation des patrouilles.
Ledit projet est disponible auprès du Comité permanent de contrôle des services
de police.
Anvers s’est également efforcée de trouver une solution à la problématique
des appels inappropriés que reçoit le service 101 et a, dans ce cadre, décidé
de mettre sur pied un call-center. Il s’agit d’un centre d’information
où aboutissent les appels non urgents de manière à décharger les call-takers
des centraux 101, qui pourront dès lors se consacrer exclusivement aux appels
urgents.
Une étude interne approfondie relative à cette problématique a démontré que
le nombre croissant d’appels met en péril le bon fonctionnement du service
et ne permet plus de garantir la qualité du service. Les chiffres pour la
période allant de 1998 à 1999 révèlent que les moyens techniques et humains
restent constants alors même que le nombre des appels se multiplie.
Les chiffres en question sont présentés infra, à titre d’illustration [16] :
(1) 1997 : 84 798 appels dont 68 280 pour la police
d’Anvers ; (2) 1998 : 95 455 appels dont 83 848
pour la police d’Anvers ; (3) 1999 : 119 545 appels
dont 98 266 pour la police d’Anvers.
La moyenne mensuelle de 1999 se chiffre donc à 10 000, avec un
pic de 9 872 appels (destinés à la police d’Anvers) pour le mois de décembre.
En outre, 40% des appels aux centraux 101 sont des appels inappropriés
qui ne nécessitent par conséquent aucune intervention directe mais qui alourdissent
la charge de travail du service [17] .
La solution trouvée pour remédier à ce problème chronique revenait à mettre
en place un call-center – un Centre d’informations policières
(« Politie Informatie Centrum »). Selon l’étude interne réalisée,
« le client est prioritaire dans une telle organisation. Il ne doit
plus téléphoner à tel ou tel département ou service mais à l’organisation
policière dans son ensemble »
[18] . La création d’un call-center « constitue
une plus-value certaine pour le central 101 dans le sens où il pourra traiter
les appels inappropriés ou non-urgents tandis que les appels urgents seront
réservés au central 101 »
[19] .
L’idée de créer un call-center a été empruntée au modèle néerlandais, qui a instauré ce type de call-centers pour les appels policiers non-urgents en plus du numéro général 112 prévu pour les interventions policières urgentes et les interventions du service d’incendie et des ambulances. Vingt-cinq call-centers répartis dans tout le pays ont donc été créés dans le cadre du projet LTP néerlandais (un par région de police) que l’on peut joindre via un numéro central unique, le 0900/8844, en cas de problème ne nécessitant aucune intervention de police d’urgence. Le call-center constitue en l’espèce un point central de l’organisation policière censé traiter les appels et/ou les renvoyer aux corps de police locale. L’objectif est de traiter 70% des appels au sein du call-center et de transmettre les 30% restants aux corps de police, compte tenu du fait qu’un appel ne peut être transféré que deux fois maximum. Dans le cadre de l’exécution de leurs missions, ces call-centers disposent d’une connexion Intranet et peuvent, s’il échet, transmettre un appel à un central 101 dès lors qu’il apparaît qu’il s’agit d’un appel urgent. Actuellement, le projet de call-center est pratiquement finalisé et sa concrétisation est prévue pour le printemps 2002.
La présence constante d’un membre du cadre moyen est prévue dans le central
de Liège. Il est revêtu de la qualité d’officier de police judiciaire et exerce
une fonction de coordination et de direction. Outre la direction générale
du service, il veille à la répartition des tâches, joue un rôle de médiation
si nécessaire et décide des appels prioritaires lorsque des problèmes d’effectifs
se produisent. L’officier (de police administrative) responsable est présent
en journée (de 8h00 à 17h00) et reste joignable la nuit.
À Bruxelles et Anvers, la présence d’un officier sur place est permanente.
À Liège, la direction ne semble pas s’impliquer outre mesure dans le fonctionnement
journalier du service. Ainsi l’achat de chaises de bureau appropriées (70 000
BEF par chaise) n’a été réalisé que sur demande expresse. À Anvers par contre,
il ressort de la note de politique « Telecommunicatiekamer » [20] que le plan de 1997 énumérant les besoins
en personnel (« Personeelsbehoefteplan ») soulignait déjà
l’importance du centre d’appel central : « Le centre d’appel
central remplit un rôle essentiel au quotidien mais non
dans les cas de crise tels que les opérations de maintien de l’ordre ou les
catastrophes. Le nouveau centre d’appel nécessite une spécialisation certaine
du personnel mais aussi de la direction (mise en
évidence personnelle). »
La note de politique de février 2000 livre une description détaillée du
fonctionnement du central d’Anvers et en reconnaît les points faibles :
« […] Un résumé de la situation montre une explosion du
nombre des appels 101 du fait, notamment de l’utilisation inapproprié de ce
numéro pour des appels qui ne relèvent pas de la compétence policière ou qui
ne sont pas urgents. Le temps d’attente pour
le citoyen augmente de manière inacceptable d’autant
plus que le cadre actuel affecté aux interventions intra muros
(dans la ville) et du centre de télécommunication même (CTC) reste constant.
Ni le central 101, ni les équipes d’intervention ne peuvent faire face à toutes
les demandes (mise en évidence personnelle). »
Au vu de ces constatations, la direction du corps de la police d’Anvers
a formulé des engagements en 2000 : « (1) lancement d’une campagne
d’information destinée à interpeller le citoyen anversois quant à l’utilisation
ad hoc du numéro d’appel 101 ; (2) filtrage des appels suivant
le degré d’urgence ou la nature de l’appel et le développement d’une pyramide
de priorités pour la répartition des missions 101 entre les différentes patrouilles
d’intervention ; (3) suppression des temps d’attente comme objectif
prioritaire, raccourcissement du temps de réaction et amélioration de la qualité
du service ; (4) information à l’appelant concernant la réaction qu’il
peut réellement attendre à la suite de son appel ; (5) évaluation quantitative
post factum du personnel affecté aux missions d’intervention à la lumière
du minimum critique par zone et de la solidarité interzonale en la matière ;
(6) entretiens préparatoires avec l’administration de la ville en mettant
l’accent sur la définition d’un cadre administratif et le calcul de l’impact
budgétaire et (7) flexibilisation de l’organisation par l’instauration d’une
équipe spéciale d’intervention (« Bijzonder Interventie Team » of
BIT) pour les appels 101 aux heures de pointe et la lutte thématique contre
des phénomènes spécifiques tels que la délinquance avec violence ». Par
l’accord de gestion 2001 (« Bestuursakkoord 2001 »), les
autorités administratives ont lancé plusieurs projets dans le cadre du concept
de sécurité intégrale, dont sept portent directement sur le fonctionnement
actuel et futur des centraux 101 [21] :
(1) « du personnel a pu être libéré grâce à l’affectation de
personnel contractuel à certaines fonctions telles que les call-centers ou
l’accueil dans les bureaux ; (2) l’échevin responsable de la sécurité
intégrale a décidé de faire installer des caméras en les limitant dans le
temps et dans l’espace. Cette mesure peut s’avérer bénéfique pour l’efficience
des interventions de police. »
Les éléments qui précèdent montrent clairement que la direction du corps
a depuis longtemps connaissance des problèmes qui mettent en péril le fonctionnement
actuel et futur du service. L’élaboration de la nouvelle note de politique
et de gestion et la désignation d’un consultant pour assurer le suivi des
mesures d’amélioration suppose toutefois une certaine implication de la direction
dans le fonctionnement du service. Cette nouvelle note de politique, après
examen de la description de la situation actuelle, mentionne sans la moindre
ambiguïté que : « Les résultats de l’analyse SWOT et du sondage
mettent clairement en évidence l’existence de problèmes connus depuis
des années et pourtant toujours présents. Pire, ils atteignent des proportions
considérables (mise en évidence personnelle). Il existe
trois points stratégiques formant un fil rouge que l’on retrouve dans toute
l’organisation, à savoir : (1) l’horaire (de 12 heures) ; (2) le
nombre insuffisant d’équipes d’intervention (mise en évidence
personnelle) et (3) le besoin de communication. Si des mesures idoines
se font encore attendre, la « fuite » de personnel sera irrémédiable
et il sera des plus ardus de retrouver du personnel motivé pour reconstituer
le (nouveau) service. »
Le conseil prodigué à la direction du corps couvre différents thèmes :
(1) organigramme ; (2) plan définissant les besoins en personnel (« Personeelsbehoefteplan ») ;
(3) gestion du personnel ; (4) horaires et (5) équipes d’intervention
disponibles. L’exécution des recommandations formulées a débuté et se déroulera
selon un plan d’action déterminé, dont les principaux aspects sont d’une part
la redéfinition des tâches à effectuer en « fonctionnalités » :
(1) call-taking ; (2) dispatching; (3) soutien sur le terrain/signalements/appareillage
périphérique ; (4) remplacement ; (5) vidéosurveillance ; (6)
centre d’information et d’autre part la mise en place d’un call-center
appelé « centre d’information local » (« lokaal informatiecentrum »).
Pour plus de détails, nous renvoyons à la note de politique générale.
L’implication de la direction du corps de la police d’Anvers et l’importance
qu’elle accorde au fonctionnement du central 101 est encore illustrée par
le soutien temporaire fourni par le commissariat général. Le personnel de
ce service a, durant le mois d’octobre 2001, prêté main-forte au service en
y constatant et inventoriant les problèmes soulevés. Un rapport d’évaluation
reprend une énumération des points sensibles constatés et enjoint – une fois
encore – les responsables de prendre les mesures nécessaires [22] .
Vision/plan politique du service (question 89) – initiatives préparatoires à l’implémentation d’ASTRID (question 90) – Impact de la réforme des polices sur le fonctionnement du service 101 (question 91)
Liège a contribué à la réforme des centraux 101 en centres d’appels provinciaux
équipés du système ASTRID. Pour des raisons d’infrastructure, le centre d’appel
ASTRID de Liège sera installé dans les locaux de la police fédérale.
Comme expliqué supra, le service d’Anvers a bénéficié d’une approche politique.
Ce nouveau concept se trouve explicité dans le plan politique général et le
plan politique relatif au call-center « Politie Informatie
Centrum », présenté comme solution aux problèmes constatés [23] : « La mise en place d’un
centre d’informations policières « Politie Informatie Centrum »
semble être le moyen le plus approprié pour décharger le central 101 existant
de nombreux appels non-urgents, ce qui laissera le temps au personnel
du central 101 de réagir plus rapidement et efficacement aux appels urgents.
Les délais d’intervention devraient diminuer, améliorant ainsi la satisfaction
du citoyen. » Le lancement de ce centre d’informations était prévu
pour juin 2001 mais a été reporté à avril 2002 puis au 1er
mars 2002.
Le call-center « Politie Informatie Centrum » tel
que prévu devrait contribuer à réduire la charge de travail du service 101.
La disponibilité permanente d’équipes d’intervention en nombre suffisant reste
cependant une condition (de base) essentielle pour pouvoir faire face aux
demandes d’aide. Malgré le retard pris dans la mise en place du concept ASTRID,
Anvers a opté pour une compatibilité technique du call-center avec
ASTRID. Sur la base des contacts préalablement établis avec les responsables,
il semble que cette garantie soit cruciale afin de promouvoir l’idée comme
nouveau concept. L’implémentation d’ASTRID dans la province d’Anvers est prévue
pour la fin 2002.
À la suite d’un récent incident survenu à Louvain, il a été constaté que les
transmissions entre les services 100 et 101 dans certaines zones étaient rendues
techniquement impossibles depuis la réforme des polices. Ces problèmes ne
se posent toutefois pas à Anvers, Bruxelles ou Liège, où les liaisons directes
garantissent un contact permanent [24] .
II. Traitement des plaintes par les services de médiation
Après avoir interrogé par écrit les villes et communes belges concernant l’existence d’un service de médiation ou de plaintes relatif aux services de police, le Comité permanent de contrôle des services de police a pris connaissance des rapports annuels ou semestriels portant sur les plaintes à charge des services de police des villes ou communes suivantes : Anvers, Bruges, Charleroi, Gand, Hamme, Kinrooi, La Louvière, Louvain, Malines, Puurs, Seraing et Termonde.
Le traitement des plaintes à Anvers se fait à deux niveaux. Le traitement
« primaire » implique que la plainte est reçue par l’entité en question,
in casu la police, qui s’efforce de remédier au problème. Le médiateur
est considéré comme l’instance d’appel ou le niveau « secondaire »
dans la mesure où il juge la plainte recevable dès lors que le recours à la
procédure primaire est épuisé [25] . En
toute logique, le niveau primaire de traitement des plaintes masque donc les
statistiques absolues des plaintes introduites.
Le médiateur de la ville d’Anvers applique, pour le traitement et la qualification
des dossiers de plaintes, un système de répartition en cinq catégories :
(1) plaintes fondées (en cas d’administration négligente ou incorrecte) ;
(2) remarques légitimes (lorsque la plainte aurait pu être évitée moyennant
un service plus adéquat mais que les faits ne sont pas considérés comme suffisamment
graves pour pouvoir qualifier formellement la plainte de « fondée ») ;
(3) plaintes non fondées (lorsqu’aucune négligence n’est à reprocher) ;
(4) plaintes contestables et (5) cessation de l’enquête.
Le service de médiation a reçu, entre 1999 et 2000, 396 plaintes au total
concernant l’entité « sécurité/police », dont 2 plaintes fondées,
348 remarques légitimes (232 problèmes de communication, 5 problèmes d’application,
13 problèmes de règlements et 89 problèmes de fonctionnement interne), 8 plaintes
non fondées, 19 plaintes contestables et 19 cessations d’enquête.
Sur les deux plaintes fondées, une seule était relative à une intervention
de police : « une plus grande attention pour l’harmonisation et
la coordination internes aurait pu éviter cette plainte » [26] . Les
dossiers de plainte portent généralement sur l’accueil (rébarbatif), l’effacement
de personnes des registres de population, des problèmes relatifs aux visites
domiciliaires des agents de quartiers, etc. [27]
Le système appliqué par le service de médiation de la ville de Bruges est
le suivant : (1) incompétent (service immédiat par lequel l’information
requise est dispensée ou transmise au service compétent) ; (2) pas d’avis
ou contestable (le médiateur ne dispose pas d’éléments suffisants pour rendre
un avis clair ; l’information est dispensée ou il y a médiation) ;
(3) plainte fondée (en cas de faute structurelle, répétition systématique
ou pratique bien ancrée) ; (4) plainte non fondée (l’administration a
agi correctement et consciencieusement) et (5) plainte partiellement (non)
fondée. Il est souligné que les plaintes cataloguées par le médiateur dans
« pas d’avis ou contestable » doivent être relativisées, en ce sens
qu’elles peuvent quand même s’avérer être des indicateurs d’une situation
problématique.
En 2000, le service de médiation dont question a reçu un total de 49 plaintes
à charge de la police, dont 5 pour lesquelles le médiateur s’est déclaré incompétent.
Parmi les 44 dossiers traités, l’un d’entre eux a été jugé fondé pour le motif
d’un manque de coordination lors d’une intervention [28] . Les
43 autres plaintes ont été répertoriées dans la catégorie « pas d’avis »,
« contestable » ou « cessation ». Aucune plainte n’a été
jugée « partiellement non fondée » ou « non fondée ».
Une plainte fondée en matière de constatation de domicile, répertoriée sous
la rubrique « plaintes population et état civil », porte sur une
application incorrecte par la police de la réglementation en matière de délais
fixée par l’arrêté royal du 16 juillet 1992.
Le rapport annuel de la médiatrice de la ville de Gand fait état de 121 dossiers
de plaintes concernant la police [29] . Un tiers d’entre elles sont fondées
ou partiellement fondées. Ce nombre élevé de plaintes s’explique par l’absence
prolongée d’agents de police à la suite de maladies ou de récupérations d’heures
supplémentaires. Ce manque de continuité se marque notamment dans les plaintes
pour constatations tardives de changement de domicile. Des plaintes fréquentes
portent sur les longs temps d’attente pour les citoyens dus à la fermeture
de bureaux de police dans les districts et sur le manque de privacy
dans les guichets ouverts.
Le service des plaintes de la ville de Louvain a dû traiter, pour l’année
2000, 44 dossiers de plaintes concernant la police, dont 3 dossiers fondés.
L’inconséquence de l’intervention et l’attitude rébarbative de la police sont
souvent à la base des plaintes [30] .
Au cours du premier semestre 2001, le médiateur de la ville de Malines a traité
42 plaintes. La police devrait se concentrer davantage sur une approche client.
Une réorganisation de l’accueil téléphonique pour les appels urgents et non
urgents favoriserait particulièrement cette approche client [31] .
Le service de médiation de la commune de Puurs mentionne 18 plaintes relatives
à la police dans son rapport annuel 2001. La majorité des plaintes ont été
jugées partiellement fondées : une attitude plus consciencieuse aurait
évité bien des erreurs [32] .
Le service de médiation de la ville de Termonde ne traite aucune plainte à
charge de policiers [33] .
Le service de médiation de la commune de Hamme fait état, pour l’année 2000,
de 36 plaintes ou questions en rapport avec la police [34] . Aucune
d’entre elles n’était fondée. Pour le reste, il y a eu 1 plainte non fondée,
17 questions légitimes et les 18 dossiers restants ont été transmis.
Dans la commune de Kinrooi, le service de médiation dépend du service des
affaires internes [35] .
Les plaintes portant spécifiquement sur la police et la sécurité y sont relativement
rares.
Le rapport annuel du service de médiation de la ville de Charleroi fait état
de 25 plaintes fondées, 28 plaintes non fondées, 9 cas litigieux et 1 cessation
de dossier. Les plaintes sont réparties en rubriques : commissariats
de quartiers (37 dossiers), 101 (8 dossiers), circulation (14 dossiers), environnement
(4 dossiers) et bureau de police (2 dossiers) [36] .
Le service de médiation de la ville de La Louvière a traité 88 dossiers de
plaintes, dont 40% concernaient la police de quartier, 28% la police administrative,
25% les interventions et l’accueil et 7% les agents auxiliaires. La décentralisation
effective et efficace de la police constitue le principal problème. En matière
de police environnementale, il existe un manque de coordination dans les interventions [37] .
Enfin, en ce qui concerne la police de la commune de Seraing, le service de
médiation a reçu 18 plaintes, qui n’ont pas été qualifiées. L’une d’entre
elles portait sur un enregistrement de domicile [38] .
III. Trafic D’ÊTRES HUMAINS [39]
Au cours de l’Europolmeeting du 28 juillet 2000,
deux enquêteurs du Kent County Constabulary ont donné un aperçu du
déroulement de l’opération « Mallard », nom donné à l’affaire des
58 clandestins chinois décédés.
Le poids lourd dans lequel se trouvaient les clandestins est arrivé le dimanche
18 juin 2000 à 23h30 à Douvres. Il a été contrôlé en fonction du profil suivant :
(1) le conducteur roulait pour le compte d’une nouvelle firme ; (2) on
savait qu’auparavant, il avait déjà travaillé pour deux autres firmes ;
(3) il a payé son ticket de traversée au comptant. L’espace de chargement
du poids lourd était un espace frigorifique comportant une double paroi isolée
et donc bien insonorisée. L’aération était assurée par un grillage standard
et par un deuxième trou d’aération pratiqué par les trafiquants. Les grilles
d’aération étaient fermées au moment de l’interception du poids lourd à Douvres.
Les témoignages des deux Chinois survivants ont permis de reconstituer le
trajet parcouru. Une première constatation à cet égard est que les 60 Chinois
qui ont franchi frauduleusement la Manche, n’ont accompli que la dernière
partie de leur voyage en groupe. Les deux survivants sont partis le 7 juin
2000 de Fujiang par avion pour Beijing. Le 8 juin 2000, ils se sont envolés
vers Belgrade. Le 12 juin, ils ont été conduits par taxi et camionnette à
Budapest, capitale de la Hongrie. Après quelque 22 heures d’attente, le voyage
en camionnette s’est poursuivi en direction de Vienne. Par la suite, ils sont
restés jusqu’au 16 juin 2000 dans des « safe houses » en
Autriche et, de là, ils ont pris l’avion pour Paris. Ils ont utilisé des passeports
coréens qui auraient été de mauvaise qualité, mais qui n’ont pas été contrôlés
à l’aéroport de Paris. De là, ils ont poursuivi leur voyage en train via Bruxelles
vers Rotterdam, où leurs accompagnateurs ont récupéré les passeports coréens.
Après un trajet de safe house à safe house, ils sont arrivés
le 18 juin 2000 dans un hangar à Rotterdam où ils ont pris place dans le poids
lourd rempli de caisses de tomates.
Aux dires des survivants, les trafiquants leur avaient précisé qu’il
faudrait fermer les grilles d’aération une fois arrivés à la frontière à Zeebrugge
et qu’à ce moment-là, ils devaient rester silencieux et discrets. Le 18 juin
2000, vers 18h00, les grilles d’aération du camion frigorifique ont effectivement
été fermées, les clandestins se sont tenus cois et tout s’est bien passé jusqu’après
l’embarquement sur le ferry. Après deux heures environ, les réfugiés ont été
pris de panique à cause du manque d’oxygène. Ils ont frappé sur les parois,
notamment avec des morceaux de bois, mais étant donné la fermeture des grilles
d’aération et la bonne isolation de la remorque frigorifique, ils n’ont pas
été entendus [40] . Le tachygraphe donne un aperçu de
la chronologie des faits. Le poids lourd a quitté Rotterdam à 14h53 et s’est
dirigé via Breda, Anvers et Gand vers Zeebrugge. Il s’y est arrêté à 17h46
sur la N31 au sud du port, probablement à hauteur d’un garage Total avec établissement
pour les routiers, qui se trouvait dans les environs. Entre 17h49 et 18h01,
le poids lourd a parcouru environ 4,5 km pour faire un arrêt jusqu’à 18h13.
Il a ensuite à nouveau parcouru deux kilomètres aux vitesses prévues pour
les déplacements sur les docks. Il y a encore eu deux autres petits déplacements
peu après 19h00, dont le dernier s’est terminé à 19h13 ; il s’agissait
de l’embarquement à bord du ferry. Entre 00h15 et 00h24, il y a eu un déplacement,
probablement le débarquement à Douvres qui a été suivi d’un certain nombre
de déplacements lents. Compte tenu du décalage horaire par rapport à la Grande-Bretagne,
ceci correspond au moment du débarquement.
Sur le Norland, il ne fallait procéder qu’à un contrôle
Schengen du trafic sortant. Au quai de P&O, où l’European Pathway (poids
lourds) accostait, le trafic Schengen entrant et sortant devait être soumis
à un contrôle. Le contrôle frontalier sur le Norland de l’armateur
North Sea Ferry’s en provenance de Hull, était prévu à partir de 16h30, heure
d’arrivée du ferry. Étant donné le contexte de l’Euro 2000, les équipes étaient
déjà sur place à 16h00 afin de « prendre le pouls ».
Sauf instructions complémentaires dans le cadre de l’Euro 2000, cette mission
ne différait pas de la mission de contrôle habituelle, qui consistait à vérifier
la carte d’identité ou le passeport. Le contrôle des piétons, au premier étage
du terminal P&O, a été effectué jusqu’à 17h30, après quoi l’équipe a été
remplacée par un collègue qui servait de réserve et qui a contrôlé le reste
des passagers, comme il avait été préalablement convenu avec le dispatcher.
Une deuxième équipe était, quant à elle, chargée du contrôle des occupants
des véhicules pendant l’embarquement. D’après la déclaration du dispatcher,
aucun occupant des poids lourds embarqués sur le Norland n’a été contrôlé.
Il a donc manifestement été tenu compte des missions de contrôle qui font
double emploi et, d’un point de vue juridique, c’est à bon droit qu’au terminal
poids lourds de P&O, l’accent principal a été mis sur le contrôle du trafic
entrant dans la zone Schengen. Cette équipe est arrivée au terminal poids
lourds de P&O à 17h40 environ, le European Pathway étant attendu
aux environs de 18h00. Après un contrôle d’une trentaine de poids lourds en
attente d’embarquement, les tâches ont été réparties, une personne s’occupant
du trafic entrant et ses collègues du trafic sortant. Le dernier contrôle
a eu lieu à 18h25 environ. À 17h30, le dispatcher a reçu une information selon
laquelle des passagers particulièrement bruyants montaient à bord du Norland.
Mais il n’y a pas eu d’incidents. Jusqu’à 18h30, la situation était encore
sous contrôle. Toutefois, à ce moment-là, il y avait déjà eu des contacts
entre la direction du navire et la police de la navigation (SPN), probablement
via les équipes chargées des arrestations et du suivi (« arrestatie-
en afhandelingsploegen » ou ARAF-teams), pour contrôler la situation.
À 18h20 environ, le dispatcher a informé le commissaire du port des difficultés
existantes.
D’après l’équipe SPN qui a effectué le contrôle frontalier sur le European Pathway, ils ont reçu aux environs de 18h30 un appel téléphonique
du dispatcher les avertissant de certaines difficultés sur le Norland
et leur demandant assistance. Ils sont immédiatement partis. Le débarquement
au terminal poids lourds P&O était déjà terminé et la barrière frontalière
était fermée. À 18h35, la majeure partie du trafic poids lourds s’embarquant
sur le European Pathway avait déjà été contrôlée et seuls
quelques nouveaux poids lourds arrivaient encore mais sporadiquement. La barrière
à la sortie Schengen – le lieu d’embarquement – était, d’après le rapport
journalier, restée ouverte. Les poids lourds qui se sont embarqués après 18h30
n’ont plus été contrôlés. Étant donné que les poids lourds pouvaient continuer
à s’embarquer jusqu’au moment du départ, qui, dans le cas du European
Pathway se faisait à 19h30, le trafic poids lourds quittant l’espace Schengen
n’a plus été contrôlé pendant une heure. Le commissaire du port a déclaré
qu’aux environs de 18h35, il avait reçu un appel téléphonique du dispatcher,
qui lui a expliqué la situation et l’a ensuite tenu au courant de l’évolution
de l’affaire et du fait que tout était à nouveau sous contrôle. Il a aussi
communiqué que, pour plus de sécurité, il avait demandé du renfort. Le commissaire
du port, qui se trouvait au téléphone à l’arrière-plan, pouvait également
suivre les communications radio, et a alors proposé que les quatre Anglais
débarqués à la demande du capitaine soient conduits à Ostende, afin de pouvoir
s’y embarquer. Ces personnes avaient obtenu le remboursement de leur ticket
à Zeebrugge.
D’après le commissaire du port, il arrive parfois que le
capitaine demande que l’on fasse descendre de son navire des éléments perturbateurs
ou ivres. Dans le contexte de l’Euro 2000, cette situation n’était absolument
pas anormale. Il s’attendait toutefois à peu de difficultés sachant que P&O
a toujours déclaré qu’il transporterait le moins de supporters possible. En
outre, se trouvaient à bord des équipes d’information servant de « spotters »
et un officier de liaison séjournant en permanence à Hull.
À 18h35, le dispatcher a reçu de l’ARAF-team une information selon laquelle
le capitaine du Norland demandait formellement assistance pour évacuer
quatre fauteurs de troubles de son navire. L’initiative de retirer l’équipe
du European Pathway a été inspirée, selon le dispatcher, par l’éventualité
que d’autres passagers anglais pourraient provoquer des troubles par solidarité
avec les quatre personnes débarquées. Le retrait de cette équipe a eu pour
conséquence que le trafic poids lourds s’embarquant sur le European Pathway
n’a plus pu être contrôlé. Il n’y a donc eu aucun contrôle pendant 25 minutes
étant donné que les derniers poids lourds devaient se présenter une demi-heure
avant le départ du bateau, en l’espèce à 19h30. Le dispatcher ne sait pas
quel est le nombre de poids lourds qui se sont présentés au cours de cette
période mais il suppose qu’ils n’étaient pas nombreux étant donné que le dimanche,
il y a relativement peu de trafic. Le dispatcher pense qu’il a encore eu un
contact avec le commissaire du port pour l’informer de la suite des événements.
À 18h42, il a pris contact avec le Centre local d’information et de coordination
d’Ostende (« Lokaal Informatie- en Coördinatie Centrum Oostende »
ou LICCO) pour demander l’envoi de renforts afin de prévenir toute escalade
et de transférer les trublions à Ostende. Selon le dispatcher, cette équipe
d’intervention serait arrivée à Zeebrugge à 19h15. Le LICCO a demandé que
l’on emploie par priorité l’équipe montante à Zeebrugge. Cette équipe devait
prendre son service à 19h00. La moitié de l’équipe est partie à 19h05 pour
se rendre sur le Norland, la deuxième à environ 19h15. Ensuite, une
quinzaine d’hommes de la police de la navigation se sont également rendus
sur place.
Lors de l’arrivée de l’équipe en renfort sur le Norland, deux
personnes avaient déjà été débarquées. Ils ont surveillé ces personnes dans
un local contigu au booking hall de P&O jusqu’à l’arrivée
de l’équipe du LICCO. Il s’agissait d’une équipe de membres de la SPN de Zeebrugge
affectés à Ostende pour la durée de l’Euro 2000. L’équipe montante a apporté
son aide. À 18h45, deux des quatre trublions ont été débarqués. Les deux autres
ont été débarqués à 18h50 en collaboration avec la Ship’s Police.
À 19h30, l’équipe d’intervention s’est mise en route avec les trublions, direction
Ostende, en vue de les embarquer sur le Seacat de 21h30. Le European
Pathway est également parti à 19h30. À 19h40, les ARAF-teams et les équipes
de contrôle frontalier sont retournées à la brigade.
Une équipe de nuit normale comportait à cette époque quatre
personnes : un dispatcher, une personne qui l’assistait pour les tâches
administratives et le contrôle POLIS et une équipe de deux personnes pour
effectuer les contrôles sur place. D’après le rapport journalier de la brigade
SPN, ainsi qu’une correction apportée audit rapport, 11 personnes étaient
présentes le 18 juin 2000. Outre le commissaire du port et le dispatcher,
quatre équipes de deux personnes chacune étaient prévues, un membre de la
SPN restant en réserve. Le dispatcher, qui faisait également office de chef
de poste, effectuait son travail dans les locaux de la police de la navigation,
le long de la Veerbootstraat à Zeebrugge. Il s’est occupé de la composition
des équipes, de la répartition des tâches, de la rédaction du rapport journalier
et également de l’accueil.
Le cas échéant, il devait également donner des directives. L’organisation
de briefings n’était pas usuelle étant donné que les missions étaient considérées
comme du travail de routine et il n’y a donc rien eu à ce niveau le 18 juin
2000. Ce jour-là il n’y a pas eu non plus de briefing spécifique dans le cadre
de l’Euro 2000. Mais, il est vrai qu’à cette époque et dans le cadre de l’Euro
2000, des instructions spécifiques avaient été données.
De 16h00 à 18h30, il fallait contrôler l’embarquement des passagers sur le
ferry Norland (piétons, automobiles et poids lourds). Cette
mission a été effectuée parallèlement au contrôle du ferry European
Pathway de 17h30 à 19h30. Cette situation a nécessité un glissement du
personnel.
Le dispatcher disposait de neuf personnes, dont cinq pouvaient
être affectées au contrôle frontalier. Vu le contexte de l’Euro 2000, on pouvait
se dire qu’il fallait se concentrer sur l’embarquement des passagers du ferry
au terminal Norland. C’est pourquoi une équipe avait été affectée au
contrôle des piétons et une autre au contrôle des passagers des véhicules.
Il y avait également deux ARAF-teams qui, dans le cadre de l’Euro 2000, étaient
en stand-by en cas de problèmes éventuels posés par certains passagers (trouble
de l’ordre public).
On a pu brièvement dresser le profil professionnel des principaux acteurs
de cette affaire : (1) le commissaire du port de la police de la navigation
de Zeebrugge a commencé sa carrière d’officier au long cours en juin 2000.
En 1994, il a été nommé commissaire du port à Anvers et a été muté en 1997
à Zeebrugge, où il exerçait également la fonction de commandant de brigade
SPN ; (2) le dispatcher travaillait depuis mai 1997 à la police de la
navigation comme agent technicien provenant de la Régie des transports maritimes
(RTM). À la suite de l’intégration de la SPN à la gendarmerie, il a obtenu
le grade de premier maréchal des logis ; (3) un membre de l’équipe venant
lui aussi de la RTM a effectué le contrôle frontalier sur le ferry pour poids
lourds et a été intégré en octobre 1997 à la SPN. Il a été intégré à la gendarmerie
au grade de premier maréchal des logis. Le deuxième membre de l’équipe était
en fonction depuis août 1987 à la SPN et a choisi, lors de l’intégration du
service à la gendarmerie, de conserver son statut d’agent de la police de
la navigation.
Chez P&O, un contrôle était effectué à chaque embarquement
ou débarquement. L’équipe SPN devait être présente une quinzaine de minutes
avant l’accostage du bateau. Tout d’abord, on procède au contrôle des poids
lourds déjà présents sur le parking. Ensuite, on vérifie, à partir de deux
guérites prévues à cet effet, le trafic de part et d’autre de la bande de
circulation. Le contrôle frontalier au terminal poids lourds est un contrôle
Schengen et donc axé sur les personnes. Le contrôle du chauffeur, tout comme
celui des occupants éventuels des poids lourds, est effectué sur la base de
la carte d’identité ou du passeport. Les visas, obligatoires pour certains,
doivent être estampillés. Les passeports des ressortissants non Européens
et pour lesquels le visa n’est pas obligatoire sont également estampillés.
Étant donné que le poste frontalier ne dispose pas d’un terminal informatique,
les personnes suspectes sont soumises à un contrôle POLIS via le dispatching.
Dans la pratique, ceci n’arrive que rarement parce que la procédure est beaucoup
trop lourde. Normalement, une personne est adjointe au dispatcher pour effectuer
le contrôle POLIS mais ce n’était pas le cas pendant l’Euro 2000 en raison
d’un manque de personnel. Le trafic qui débarque est toujours contrôlé par
la SPN avant l’accostage et soumis à un contrôle POLIS, sur la base des listes
de passagers faxées à partir de l’Angleterre. Ces listes ne semblent toutefois
pas toujours contenir les éléments nécessaires à l’identification des personnes,
élément indispensable du contrôle.
Depuis l’incident des 58 clandestins décédés, les contrôles POLIS ont à nouveau
repris systématiquement pour tous les ressortissants des pays hors Union européenne.
Le 18 juin 2000, aucun contrôle POLIS n’a été effectué.
Le commissaire du port devait se justifier à la direction
fédérale de la police de la navigation ou, en d’autres termes, au directeur
fédéral assisté d’un directeur d’opération (DirOps) et d’un directeur personnel
et logistique (DPL). Cette direction communiquait ses directives au commissaire
du port en général, d’après lui, verbalement et téléphoniquement. Outre un
manuel de service décrivant les procédures principales, une réunion mensuelle
était organisée pour les chefs de service (commissaires du port). Il existait
également des consignes de service pour le contrôle Schengen et l’Euro 2000.
Qui plus est, des coups de fil ont été passés en ce qui concerne les problèmes
concrets et les adaptations à apporter aux consignes. On attendait en effet
du commissaire de port qu’il s’occupe de la mise en œuvre pratique de ces
consignes. Lors du contrôle frontalier du 18 juin 2000, le commissaire du
port n’était pas présent à la brigade. Il était cependant joignable en permanence
par GSM. Il a été informé par le dispatcher des difficultés sur le ferry passagers
mais, d’après le commissaire du port, à l’issue de cette conversation, le
dispatcher semblait maîtriser la situation. D’après lui, il s’agissait plus
d’un problème humain que de faits punissables, bien que le capitaine eût demandé
de l’aide pour expulser ces personnes de son navire. Toujours selon le commissaire
du port, le cadre de la SPN, auparavant restreint, a été complété par du personnel
de la RTM, et disposait ainsi d’une plus grande latitude. Malheureusement,
par suite de son intégration à la gendarmerie, le service aurait retrouvé
son cadre initial restreint. À la question de savoir s’il arrivait qu’à la
suite d’un incident ou d’un manque de personnel, une partie des contrôles
frontaliers du trafic sortant soit suspendue, le commissaire du port n’a pas
répondu et s’est référé au dispatcher. Il a toutefois souligné une importante
pénurie au niveau du personnel notamment due à des mutations, des détachements
et des congés spéciaux. Le commissaire du port a souligné également la difficulté
due à ce manque de personnel d’établir de bons schémas de service. Il a aussi
souligné le fait que, dans la marine, il y existe une hiérarchie claire et
une nette délimitation des fonctions, avec des régimes de service uniformes
et que, par conséquent, il n’était pas encore habitué à gérer une organisation
de services complexe.
À la date du 18 juin 2000, différents problèmes se sont posés à plusieurs
niveaux du fonctionnement de la SPN : procédures, connaissance et formation,
commandements opérationnels, capacité, structure, etc.
Les auditions des membres du personnel de la SPN ont révélé des lacunes en
matière de connaissance des directives et des procédures. Le personnel semblait
être informé de l’existence du manuel Schengen mais non de son contenu. Aucune
formation spécifique ne leur avait été donnée. Les modifications de la réglementation
étaient communiquées via une note adressée au personnel. La documentation
nécessaire existait à la brigade mais n’était pas consultée d’initiative.
La formation était assurée par les collègues les plus expérimentés. Le personnel
était également informé de la procédure à suivre lors de la découverte d’illégaux
mais il n’avait aucune connaissance de missions ou de directives spécifiques
concernant la recherche de clandestins ou encore de profils en la matière.
Le commissaire du port ne savait pas non plus dans quelle mesure la douane
contrôlait le trafic poids lourds et a déclaré qu’il n’y avait pas d’accords
avec la douane sauf lorsqu’une action spécifique était projetée.
Ce sont surtout les ordres de quitter le territoire qui semblaient avoir un
effet démotivant sur la police. Celui-ci découvrait en effet régulièrement
des personnes qui avaient déjà reçu pareil ordre mais qui continuaient à tenter
leur chance en essayant de monter à bord de poids lourds à destination de
la Grande-Bretagne. Un des membres de la SPN entendu a affirmé que « le problème est qu’ils ne savent pas où aller. L’ordre de quitter le
territoire leur interdit de se rendre aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne
et en Angleterre. »
Annexe
B : enquêtes de contrôle sur l’efficacité du fonctionnement général
ou particulier de services de police donnés
I. Corps de police d’une zone monocommunale de la province de Flandre orientale [41]
Dans le cadre de la méthodologie proposée pour cette enquête de contrôle [42] , les points suivants ont été évalués au cours d’un entretien avec le chef de zone, le 16 août 2001 : sa vision et la politique générale de la police d’une part et la contribution de l’ancien chef de corps et ses futures fonctions d’autre part. En ce qui concerne le premier point, le chef de zone nous a remis une version écrite de sa vision, qu’il a commentée en attendant de fournir une version définitive, traduite dans un plan de politique.
Le 25 octobre, nous nous sommes entretenus avec le bourgmestre sur les sujets suivants : (1) le fonctionnement actuel de la police locale ; (2) ses conceptions quant à la vision et à la politique proposées par le chef de zone. Le bourgmestre a, au cours de cette conversation, présenté un aperçu de la procédure de désignation du chef de zone. L’attitude de l’ancien chef de corps peut être considérée comme constructive. D’après le bourgmestre, aucun problème ne s’est présenté à ce jour dans les relations entre l’actuel chef de corps et son prédécesseur. Au niveau des autres membres du personnel non plus, le bourgmestre n’a reçu aucun signal d’alarme concernant d’éventuels problèmes interpersonnels. Le bourgmestre est manifestement au courant des initiatives politiques du chef de zone. Ses propos correspondent aux explications du chef de zone. Le bourgmestre déclare d’ailleurs approuver le plan de politique du chef de corps et le soutenir dans ses projets d’initiatives. Il prend comme exemple les propositions d’enquêtes parmi la population et les victimes. Par une concertation régulière, le bourgmestre entend contribuer au développement de cette politique. Enfin, il explique que la construction d’un nouveau commissariat, en phase de planning et de préparation, favorise et favorisera le fonctionnement intégré du corps.
La direction du corps a invité l’ensemble des membres du personnel (policiers
et civils) à participer à cette enquête sur une base volontaire. Un total
de 76 personnes y a pris part. Il a été décidé d’organiser une présentation
de notre service et de la finalité de cette mesure de la qualité afin de dispenser
une information uniforme et exhaustive aux membres du personnel concernés.
Avant qu’ils ne remplissent le questionnaire les 28 et 29 janvier 2002, les
enquêteurs ont donc souligné au cours de cette présentation les objectifs
et finalités de cette mesure de la qualité.
Le questionnaire a été rempli par écrit, dans le respect le plus total de
l’anonymat de chacun. En effet, l’importance de la garantie d’anonymat, qui
doit assurer la volonté de coopération de chacun, a été expliquée durant la
présentation préalable non seulement à la direction du corps mais également
aux membres du corps participant à l’enquête. C’est en respectant cet anonymat
que les enquêteurs espèrent obtenir la meilleure représentativité et fiabilité
des réponses.
Il a expressément été demandé aux participants que les réponses fournies constituent
un apport individuel et il a été veillé à ce qu’il en soit ainsi. Vu la taille
du corps, les sessions ont été réparties sur deux jours.
Le chef de corps distingue quatre phases dans le processus de changement :
(1)
analyse de l’environnement – détection des problèmes : phase au
cours de laquelle le problème objectif de la sécurité (criminalité enregistrée)
sera mesuré et scanné, compte tenu des priorités fixées dans le plan national
et fédéral de sécurité et des priorités du procureur du Roi compétent. En
outre, on procédera à une évaluation du fonctionnement interne, en se concentrant
sur une mesure de la capacité de l’organisation et sur l’impact des limites
imposées par l’arrêté mammouth. Enfin, on organisera une estimation du schéma
des attentes et de la satisfaction des clients-citoyens.
Différents instruments ont été développés à cet effet et le traitement des
données se fera en collaboration avec l’OLV Presentatie-instituut. Pour la
collecte des données relatives à la criminalité enregistrée, une demande a
été adressée au directeur coordinateur administratif.
Les instruments de mesure développés sont : (1) une enquête générale
auprès des habitants de la commune ; (2) une enquête auprès des victimes
de délits ayant fait une déclaration au commissariat ; (3) une enquête
auprès des victimes de délits ayant fait une déclaration à leur domicile ou
à l’endroit du délit ; (4) une enquête auprès des personnes qui se sont
présentées au guichet.
(2) formulation stratégique : phase au cours de laquelle la vision, les valeurs, les objectifs et les méthodes de travail sont définis sur la base des résultats des enquêtes susmentionnées et des informations obtenues. Le chef de corps cite comme principales valeurs : (1) un travail axé sur la résolution des problèmes ; (2) la fiabilité de la qualité ; (3) la transparence ; (4) l’« accountability » ; (5) l’assertivité ; (6) la loyauté ; (7) une ambiance de travail positive ; (8) un climat de confiance.
(3) implémentation : phase au cours de laquelle la formulation stratégique est mise en œuvre par la réalisation des objectifs au sein de groupes de travail et en fonction d’une approche thématique. Les concepts importants dans cette phase sont : (1) la communication ; (2) la formation ; (3) le timing.
(4) évaluation : phase au cours de laquelle on procède à une évaluation par un suivi et des mesures permanents basés sur divers indicateurs : (1) indicateurs de problèmes : statistiques ; (2) indicateurs de changements : plaintes ; (3) indicateurs de gestion : capacité ; (4) indicateurs de l’environnement, sans oublier le rapportage permanent et l’évaluation individuelle du personnel.
Il est à souligner que le rôle de l’ancien chef de corps a été fixé lors d’une concertation l’impliquant ainsi que le bourgmestre. Selon l’organigramme, il fera office de « conseiller » du chef de zone et sera, dans ce cadre, chargé : (1) de la correspondance ; (2) du Traitement Policier Autonome ; (3) des Moniteurs ; (4) des mémos et notes de service internes ; (5) du suivi du dossier de construction du nouveau bâtiment.
Le nouveau chef de zone affirme clairement reconnaître les capacités de l’ancien chef de corps dans le contexte communal et espère pouvoir travailler de manière constructive avec celui-ci durant les deux dernières années qui lui restent avant de prendre sa retraite.
Il nous a demandé quelle pourrait être la contribution du Comité permanent P dans le processus de changement. Nous lui avons exposé la possibilité d’effectuer une étude du corps de police. Nous lui avons également rappelé l’existence d’instruments de mesure (modèle EFQM) visant à assister les organisations dans leur évolution. Nous lui avons, à sa demande, transmis de la documentation en la matière.
Pour le traitement des résultats, il a été décidé de ne pas opérer de distinction de service ou de catégorie de personnel. En outre, le présent rapport n’a pas pour objectif de restituer une description détaillée de la méthode de calcul scientifique utilisée pour le traitement des données. Ce choix a été inspiré par un souci de lisibilité du présent rapport. Pour plus de détails, nous nous permettons de renvoyer au rapport d’enquête original [43] . L’utilisation du même programme informatique que celui des premiers enquêteurs assure le traitement scientifique correct des données quantitatives.
(1.1.) On remarque une bonne accessibilité de la direction. (1.2.) La direction
du corps est fort présente. (2.1.) La direction du corps fait preuve d’une
capacité d’écoute moyenne et est ouverte aux problèmes individuels. (2.2.)
Le chef direct fait montre d’une capacité d’écoute moyenne à élevée et est
ouvert aux problèmes individuels. (3.1.) La direction du corps est moyennement
voire très bien acceptée en tant que chef. (3.2.) Le supérieur direct est
également très bien accepté comme chef. (4.1.) La direction du corps ne pratique
que faiblement le style de direction participatif. (4.2.) Le style de direction
est moyennement accepté. (5.1.) La direction intervient de manière décisive
et rapide pour les affaires en dehors du corps. (5.2.) La direction intervient
de manière plus ou moins décisive pour les affaires internes. (6.1.) La vision
de la direction du corps en matière de fonctionnement interne est peu claire.
(6.2.) La vision politique de la direction du corps est peu claire.
(1.1.) Le nombre de policiers présents est insuffisant pour assurer les tâches
policières. (1.2.) Le personnel civil présent est à peine suffisant. (2.1.)
Le niveau de compétence au sein du corps est mauvais à suffisant. (2.2.) Les
membres du personnel peuvent suffisamment être affectés à des tâches qui ne
sont pas les leurs. (3.1.) Il existe une vision claire des souhaits du personnel
en ce qui concerne le travail. (3.2.) L’affectation efficiente du personnel
est mauvaise à moyenne. (4.1.) Les possibilités de rotation sont très bonnes
pour ceux qui le désirent. (4.2.) Il y a une bonne acceptation de la souplesse
en ce qui concerne l’ensemble des tâches et de la flexibilité interpersonnelle.
(5.1.) La répartition du travail au sein du corps est bien équilibrée. (5.2.)
Le personnel civil décharge énormément le personnel policier des tâches qui
ne sont pas strictement policières. (6.1.) Le nombre de formations PIP est
moyen. (6.2.) L’entretien des matières importantes est insuffisant.
(1.1.) L’accent est peu à moyennement mis sur une politique équilibrée. (1.2.)
La politique n’apparaît que faiblement cohérente pour le corps. (2.1.) La
coordination de la politique entre les différents services est faible. (2.2.)
Les services pertinents sont insuffisamment impliqués dans la définition
d’un point de politique. (3.1.) La répartition des moyens au sein du corps
est peu équilibrée. (3.2.) Les moyens sont rarement fournis à temps. (4.1.)
La vision politique à court et moyen terme est faiblement présente. (4.2.)
L’existence d’une vision à long terme n’est pas suffisamment claire. (5.1.)
On vérifie suffisamment si les objectifs sont atteints. (5.2.) Des adaptations
sont moyennement apportées lors de l’exécution de la politique.
(1.1.)
La satisfaction est faible quant à la quantité de matériel de bureau. (1.2.)
La satisfaction est moyenne quant à la quantité de matériel opérationnel.
(2.1.) Le matériel est relativement obsolète. (2.2.) La qualité du matériel
est jugée faible. (3.1.) Le matériel dans le propre service est raisonnablement
présent. (3.2.) Le matériel dans les autres services est raisonnablement présent.
(4.1.) Le matériel de bureau est relativement disponible dans le temps. (4.2.)
Le matériel opérationnel est relativement disponible dans le temps. (5.1.)
Les problèmes d’entretien sont rapidement enregistrés. (5.2.) La rapidité
d’entretien du matériel est moyenne à correcte.
(1.1.) La description univoque des procédures est satisfaisante. (1.2.) L’uniformité
de l’application des procédures est satisfaisante. (2.1.) On vérifie moyennement
la connaissance des procédures pertinentes pour le travail. (2.2.) On estime
que l’on vérifie rarement / insuffisamment le niveau de connaissance des collègues
des procédures pertinentes pour le travail. (3.1.) Il existe clairement un
helpdesk pour les procédures dans la mesure où des personnes fournissent une
assistance. (3.2.) Il existe clairement un helpdesk pour les procédures sous
forme d’outils matériels que l’on peut rechercher. (4.1.) Il y a une adaptation
des procédures en cas de changements. (4.2.) L’utilité des procédures existantes
est suffisamment évaluée. (5.1.) On consacre une attention suffisante à des
procédures conviviales. (5.2.) La plupart des procédures sont suffisamment
conviviales.
(1.1.)
La motivation personnelle et la satisfaction sont suffisantes. (1.2.) La motivation
et la satisfaction relationnelle sont jugées moyennes. (2.1.) Le climat professionnel
est favorable. (2.2.) L’intégration et la participation dans le groupe
sont relativement suffisantes. (3.1.) Le supérieur direct motive peu son personnel.
(3.2.) La coopération avec les autres services se déroule moyennement bien.
(4.1.) Il existe une symbiose évidente entre les personnes et leurs missions.
(4.2.) Le personnel est moyennement à fort satisfait de la charge de travail
qu’il reçoit (ni trop ni trop peu). (5.1.) Les bons résultats de l’ensemble
du corps correspondent au facteur satisfaction du personnel. (5.2.) Les mauvais
résultats du travail individuel se répercutent fortement sur la satisfaction.
9.7. Module 7 : Satisfaction du citoyen
(1.1.) La police a le sentiment que le citoyen ne la perçoit que de manière
moyennement positive. (1.2.) La police a le sentiment que le citoyen perçoit
également la police fédérale de manière moyennement positive. (2.1.) La police
pense que le citoyen nourrit des attentes moyennes voire élevées par rapport
à la disponibilité opérationnelle de la police. (2.2.) La police estime que
le citoyen nourrit des attentes élevées par rapport à la disponibilité de
la police en matière d’intervention. (3.1.) Les plaintes du citoyen sont
prises au sérieux. (3.2.) Le système des plaintes fonctionne moyennement (enregistrement
et suivi). (4.1.) La police pense que la satisfaction du citoyen est limitée.
(4.2.) L’augmentation de la satisfaction du citoyen est limitée. (5.1.) Il
n’existe qu’un embryon d’instrument de mesure de la satisfaction du citoyen ;
(5.2.) L’enregistrement et le suivi des données relatives à la satisfaction
du citoyen sont relativement satisfaisants.
(1.1.)
On n’applique pas suffisamment un système de collecte de données quantitatives
personnelles. (1.2.) L’enregistrement des résultats du corps est insuffisant.
(2.1.) Le personnel n’est que peu voire très peu au courant des résultats
du corps. (2.2.) La connaissance des résultats du propre service est insuffisante.
(3.1.) On croit clairement à la possibilité d’obtenir de meilleurs résultats
au sein de son propre service. (3.2.) On croit clairement à la possibilité
d’obtenir de meilleurs résultats au sein du corps. (4.1.) Le supérieur
direct se sent moyennement à suffisamment concerné par les résultats. (4.2.)
Les résultats agissent clairement comme un facteur de motivation.
(5.1.) Les résultats ont moyennement progressé au cours du temps. (5.2.) Les
résultats du propre service sont légèrement supérieurs à ceux d’autres
services.
9.9. Module 9 : Communication interne
(1.1.) La communication verbale occupe une place importante au sein du corps.
(1.2.) L’utilisation du courrier électronique est bien assimilée. (2.1.) La
communication top-down est relativement claire. (2.2.) La communication
bottom-up se déroule très bien. (3.1.) La transmission des informations
se fait très rapidement. (3.2.) La correspondance entre les informations dispensées
et les informations requises est moyenne. (4.1.) La tenue de briefings n’est
pas assez systématique. (4.2.) La valeur de ces briefings est plutôt moyenne.
(5.1.) Des possibilités de rencontre informelle existent. (5.2.) L’infrastructure
est adaptée au travail. (6.1.) La direction communique assez régulièrement
les questions importantes. (6.2.) La communication des objectifs politiques
aux membres du corps est insuffisante. (7.1.) Il n’y a pas suffisamment de
concertation au niveau dirigeant. (7.2.) La concertation au niveau opérationnel
n’a que rarement lieu.
(1.1.) Les relations avec les services communaux sont moyennement bonnes.
(1.2.) Les services communaux n’interviennent que faiblement voire pas du
tout dans le travail policier. (2.1.) Les relations avec les autres services
de police au sein de la ZIP sont bonnes. (2.2.) Il n’y a aucune intervention
gênante des autres services de police de la ZIP dans le travail policier.
(3.1.) Les relations avec les mandataires politiques communaux ne sont pas
assez bonnes. (3.2.) Il n’y a pas vraiment d’intervention gênante des mandataires
politiques dans le travail policier. (4.1.) Les relations avec le citoyen
sont bonnes. (4.2.) On est clairement persuadé que l’on a besoin du citoyen
pour l’exécution optimale des tâches policières. (5.1.) Les relations avec
le parquet du procureur du Roi sont bonnes. (5.2.) Il n’y a aucune intervention
gênante du parquet du procureur du Roi dans le travail policier.
(1.1.) La disposition du personnel à l’amélioration sur le plan professionnel
est moyenne. (1.2.) La flexibilité du personnel à la suite de changements
dans son travail est relativement satisfaisante. (2.1.) Le personnel est
peu impliqué dans les planifications de changements. (2.2.) Le personnel
prend relativement suffisamment des initiatives de changement. (3.1.) Le
personnel n’est pas assez préparé aux changements. (3.2.) Le personnel n’est
pas assez encadré lors de changements. (4.1.) Il y a une rapide adaptation
lors de l’implémentation de changements. (4.2.) Le degré d’acceptation des
changements est élevé. (5.1.) Les changements de politique ne sont pas souvent
sources d’amélioration.
II. Corps de police d’une zone monocommunale de la province de Liège
Le corps compte 72 fonctionnaires de police. Notre enquête a été menée sur
un échantillon représentant 1/3 du personnel total et comprenant 1/3 de chaque
catégorie de cadre (officier, moyen, de base et auxiliaire) avec un minimum
de 2 personnes par catégorie. L’échantillon est ainsi représentatif du corps
dans son ensemble. Il a été constitué aléatoirement à partir de la liste du
personnel : une personne sur trois a été désignée en commençant le comptage
au second nom de la liste, de manière à obtenir un échantillon de 24 noms.
Le chef de corps a organisé les séances de « passation » du questionnaire.
Les séances ont été organisées les 3 et 9 octobre 2001 dans la salle du Conseil
de l’hôtel communal. La première séance devait rassembler 13 personnes et
la seconde, les 11 personnes restantes. Au début de ces sessions, les missions
et le fonctionnement du Comité permanent P étaient explicités tandis qu’on
abordait plus particulièrement l’outil utilisé. On a tout particulièrement
insisté sur la confidentialité et l’anonymat qui était garanti.
Le questionnaire utilisé est celui développé par les Professeurs L. Gelders
et G. Bouckaert dans leur travail sur le sujet et n’a été modifié que
très légèrement afin de correspondre à la terminologie actuelle (par exemple
zone de police en lieu et place de ZIP).
Au questionnaire EFQM proprement dit, on a ajouté une feuille « Autres
remarque(s) et suggestion(s) » laissant la possibilité aux personnes
rencontrées de s’y exprimer plus librement. Cette opportunité est prévue dans
la méthodologie telle que décrite par les auteurs susmentionnés. Il a en outre
été demandé aux personnes de compléter le questionnaire en répondant aux affirmations
par l’attribution d’un score allant de 1 (« pas du tout d’accord »)
à 10 (« totalement d’accord »). Si, considérant la question comme
« pas pertinente » ou « inconnue », la personne ne pouvait
répondre, elle pouvait attribuer une notation « 0 » ou nulle. Dans
la pratique, la grande majorité des personnes rencontrées s’est prêtée de
bonne grâce à l’exercice. Seul un questionnaire non complété nous a été remis.
Lors de la séance du 9 octobre 2001, deux personnes ne se sont pas présentées,
l’une s’étant portée malade déjà la veille et l’autre étant signalée comme
« blessée ».
Moyenne
du module: 5,8 ; nombre total de notations nulles : 9
sur 252 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : accessibilité, acceptation hiérarchique. Dimension(s) faible(s) du module : style de direction, vision.
(1) Accessibilité : le score moyen de cette dimension est de 6,95. Le score paraît satisfaisant. La direction semble donc accessible et présente ; (2) ouverture : cette dimension obtient un score moyen de 6,05. Le score de l’écoute est inférieur à celui de l’ouverture à la discussion ; (3) acceptation hiérarchique : score moyen de 6,95. L’acceptation hiérarchique vis-à-vis du supérieur direct est particulièrement élevée ; (4) style de direction : la moyenne est de 4,5, la direction ne paraît pas adopter un style participatif et ceci n’obtient qu’une approbation inférieure à la moyenne au sein du corps ; (5) fermeté : le score de cette dimension est de 5,7, il est donc quasiment égal à celui de l’ensemble du module ; (6) vision : le score moyen est de 4,7, il est donc peu élevé tant par rapport à la vision de la direction dans le fonctionnement interne que par rapport à la ligne de conduite de la direction.
Moyenne
du module : 6,2 ; nombre total de notations nulles : 20 sur
252 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : formation. Dimension(s) faible(s) du module : quantité de personnel.
(1) Quantité de personnel : 4,15 de moyenne. Le personnel interrogé estime qu’il existe un manque de personnel surtout policier ; (2) qualité du personnel : 6,65 de moyenne. La qualité du personnel est donc globalement bien perçue tant pour sa compétence que pour sa capacité à exécuter des tâches qui ne lui sont pas familières ; (3) bonne personne au bon endroit : la moyenne de cette dimension est de 5,75 et il faut signaler que la seconde affirmation totalise 7 notations nulles. Il semble que les souhaits du personnel soient pris en considération mais l’utilisation du personnel n’est pas perçue comme totalement efficace ; (4) flexibilité : la moyenne est de 6. Il n’y a que peu de possibilités de rotation entre les membres du personnel mais la flexibilité interpersonnel et la souplesse en matière de tâches sont bonnes ; (5) répartition du travail : moyenne de 6,75. La répartition du travail est considérée comme relativement bonne et le personnel civil décharge les policiers des tâches qui ne leur sont pas spécifiques ; (6) formation : la moyenne de cette dimension est haute et s’élève à 7,65. La formation au PIP est considérée comme particulièrement bonne mais l’entretien des matières importantes est plus conforme à la moyenne du module.
Moyenne du module : 4,7 ; nombre total de notations
nulles : 55 sur 210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : nihil. Dimension(s) faible(s) du module : vision à terme.
(1) Vision sur le contenu de la politique : moyenne de 5. La politique du corps est ressentie comme relativement équilibrée mais l’image de la ligne de conduite adoptée n’est pas perçue d’une manière cohérente ; (2) coordination : le score de cette dimension est conforme à celui du module mais est peu élevé : 4,65. La coordination entre services est faible même si les services concernés sont moyennement impliqués dans la détermination des lignes de conduite du corps ; (3) stratégie relative aux moyens : moyenne de 5,35. Les moyens sont répartis de manière relativement équitable au sein du corps et plus ou moins dans les délais annoncés ; (4) vision à terme : score de 3,5. Il n’y a actuellement que peu de vision à terme au sein du corps. Il faut ajouter que cette dimension totalise 19 scores nuls pour les deux affirmations ; (5) évaluation de la politique précédente : moyenne de 4,9. La réalisation des objectifs est moyennement contrôlée et les adaptations ne sont que moyennement réalisées. Ici aussi, on compte 19 scores nuls.
Moyenne du module : 5,3 ; nombre total de notations
nulles : 11 sur 210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : entretien. Dimension(s) faible(s) du module : quantité.
(1) Quantité : score de 4,25. Le personnel est relativement peu satisfait de la quantité de matériel de bureau et la satisfaction en moyens opérationnels est modérée ; (2) qualité : moyenne de la dimension : 5,2. Le matériel disponible n’est pas suranné mais sa qualité est perçue comme légèrement inférieure à la moyenne. La première affirmation totalise 6 notations nulles ; (3) répartition : le score moyen de cette dimension est de 5,5. La satisfaction relative à la quantité de matériel (ici informatique) présent au sein du service est légèrement inférieure à la moyenne, alors qu’elle dépasse cette dernière quand il s’agit du matériel présent dans les autres services ; (4) disponibilité dans le temps : moyenne de 5,55. Tant le matériel de bureau que le matériel opérationnel semblent disponibles dans le temps d’une manière satisfaisante ; (5) entretien : score de 6,2. L’enregistrement des problèmes d’entretien est relativement rapide et l’intervention est également raisonnablement diligente.
Moyenne
du module : 4,9 ; nombre total de notations nulles :
27 sur 210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : assistance. Dimension(s) faible(s) du module : amélioration et changements.
(1) Univocité : moyenne de 5,25. La description des procédures et de leur application est relativement univoque ; (2) connaissance des procédures : score moyen de 4,35. Le niveau de connaissance des procédures inhérentes au travail est un peu faible ; (3) assistance : la moyenne de cette dimension se situe à 6,2. Il existe une assistance en matière de procédure. Cette assistance consiste plus en un recours à une personne qu’à une source matérielle d’information ; (4) améliorations et changements : moyenne de 3,15. Tant l’évaluation des procédures existantes que leur adaptation aux changements sont perçues comme faibles. Nous enregistrons ici 8 notations nulles ; (5) facilité d’utilisation : score moyen de la dimension : 5,2. L’attention apportée à des procédures faciles à appliquer et perçues comme telles est moyenne.
Moyenne du module: 6,7 ; nombre total de notations nulles :
11 sur 210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : résultats, tâches. Dimension(s) faible(s) du module : nihil.
(1) La satisfaction professionnelle générale : moyenne de 6,15. La motivation personnelle est presque bonne, celle des collègues est perçue comme moyenne ; (2) satisfaction relationnelle : score moyen de la dimension : 6,35. L’ambiance de travail est bonne et l’intégration dans le groupe est raisonnable ; (3) climat de travail motivant : la dimension totalise un score de 6,15. Le supérieur hiérarchique motive son personnel et la collaboration avec les autres services est raisonnable ; (4) tâches : moyenne de 6,95. La symbiose entre les tâches et les personnes est très bonne et le personnel se dit raisonnablement satisfait du volume de travail ; (5) résultats : score moyen de la dimension : 7,8. Les résultats du corps et les résultats individuels influencent fortement la satisfaction du personnel.
Moyenne
du module : 5,4 ; nombre total de notations nulles : 30 sur
210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : plaintes. Dimension(s) faible(s) du module : enregistrement de la satisfaction du citoyen.
(1) Opinion du citoyen sur les services de police : moyenne de 5. Selon le personnel interrogé, les citoyens auraient plus de liens positifs avec la police communale qu’avec l’ancienne gendarmerie. 9 notations nulles ont été enregistrées ; (2) attentes du citoyen : score de la dimension : 5,65. Les citoyens auraient des attentes raisonnables quant à la disponibilité opérationnelle de la police et à la fermeté de son intervention ; (3) plaintes : score de 7,1. Les plaintes des citoyens font l’objet d’un suivi très attentif et le traitement des plaintes est assez performant ; (4) satisfaction du citoyen : moyenne de 5,5. Le citoyen serait raisonnablement satisfait de la police et ce résultat serait en augmentation moyenne ; (5) enregistrement de la satisfaction du citoyen : score de 2,1. Il n’existerait pas d’instrument performant pour « jauger » la satisfaction du citoyen ni pour enregistrer cette dernière.
Moyenne
du module : 5,3 ; nombre total de notations nulles :
47 sur 210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : potentiel d’amélioration, intérêts pour les résultats. Dimension(s) faible(s) du module : quantité, connaissance des résultats.
(1) Quantité : moyenne de 2,95. L’enregistrement et la transmission des résultats au sein du corps est très faible ; il en va de même de la collecte de ces données auprès des membres du personnel ; (2) connaissance des résultats : score de la dimension : 2,9. La connaissance des résultats enregistrés est également très faible tant au niveau du corps que du service ; (3) potentiel d’amélioration : moyenne de 7,9. La conviction que le service auquel appartient le policier interrogé peut obtenir de meilleurs résultats est forte. Il en va de même pour le corps dans son ensemble ; (4) intérêts pour les résultats : score moyen : 6,95. Le supérieur hiérarchique est intéressé par les résultats et ceux-ci motivent le personnel ; (5) possibilité de comparaison : score de la dimension : 5,95. Les réponses enregistrées indiquent que les résultats s’amélioreraient raisonnablement avec le temps et surtout que les résultats du service même seraient supérieurs aux autres. Il faut souligner ici que cette dimension obtient un total de 28 notations nulles.
Moyenne
du module : 5,7 ; nombre total de notations nulles :
20 sur 294 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : vitesse et inutilité, communication verticale. Dimension(s) faible(s) du module : communication horizontale, transparence.
(1) Forme : score de 4,9. La communication interne occupe une place importante au sein du corps mais l’utilisation des e-mails n’est pas usitée dans le corps (voir remarques) ; (2) communication verticale : moyenne de 7. La communication top-down est relativement claire alors que la communication bottom-up est très bonne ; (3) vitesse et inutilité : score de 8,45. La transmission des informations est très rapide et celles-ci correspondent bien aux besoins ressentis ; (4) briefing : score de la dimension : 6,65. Les briefings sont relativement systématiques et leur contenu est bon ; (5) infrastructure : moyenne de la dimension : 5,4. Les locaux de communication informelle ne sont pas suffisants mais l’aménagement infrastructurel est adapté au travail ; (6) transparence de la ligne de conduite : score de 3,95. La direction ne communique des informations importantes que sporadiquement et la communication d’informations relatives aux objectifs n’est pas suffisante ; (7) communication horizontale : moyenne de 3,25. La communication horizontale est peu développée.
Moyenne
du module : 6,9 ; nombre total de notations nulles :
13 sur 210 réponses.
Dimension(s) forte(s) du module : nihil. Dimension(s) faible(s) du module : politique.
(1) Services communaux : moyenne de 6,6. Les relations avec les services communaux sont satisfaisantes et ceux-ci ne gênent pas le travail policier par leurs interventions ; (2) autres services de police : score moyen de 7,55. Les relations avec les autres services de police sont bonnes et ils ne gênent pas le travail de la police communale par leurs actions ; (3) politique (relation avec les mandataires communaux) : score de 5,8. Les relations avec les mandataires communaux sont moyennes et ces derniers ne sont pas perçus comme un obstacle au travail des policiers ; (4) citoyens : moyenne de la dimension : 7,4. Les relations avec les citoyens sont bonnes et les policiers sont convaincus du rôle important que joue la population dans l’exercice de leurs missions ; (5) autorités judiciaires : score de la dimension : 7,25. Les relations avec le parquet du procureur du Roi sont bonnes et l’action de ce dernier n’est réellement pas perçue comme gênante par les policiers. Cette dimension totalise 8 des 13 notations nulles (certains policiers de base n’ont pas de contacts avec le parquet).
Moyenne
du module : 6,4 ; nombre total de notations nulles :
8 sur 210 réponses
Dimension(s) forte(s) du module : acceptation des changements, amélioration des changements. Dimension(s) faible(s) du module : nihil.
(1) Disposition individuelle aux changements : moyenne de 7,15. La disposition à l’amélioration et la flexibilité au changement du personnel sont élevées ; (2) implication dans les changements : score de la dimension : 5,2. Le personnel n’est pas systématiquement consulté lors des changements. Il prend cependant l’initiative de présenter des suggestions en la matière ; (3) préparation et accompagnement lors du changement : moyenne de la dimension : 4,9. Le personnel est moyennement préparé au changement mais se sent moins guidé lors de celui-ci ; (4) amélioration des changements : score moyen de 7,3. Les projets développés sont considérés comme porteurs d’améliorations. Il en va de même des changements technologiques (ici informatiques) ; (5) acceptation des changements : moyenne de la dimension : 7,4. L’adaptation au changement et l’acceptation de celui-ci sont élevées.
Moyenne de l’ensemble des modules : 5,75.
Nombre total de notations nulles : 251 sur 2 478 réponses
On peut constater que deux modules se distinguent plus particulièrement
vers le bas. Il s’agit des modules « Politique » et « Procédures ».
En sens inverse, on constate que les modules « Satisfaction du personnel »
et « Communication externe » enregistrent des scores plus élevés.
Il convient encore de noter que 13 membres du personnel questionnés (sur 22)
ont émis des remarques et/ou des suggestions que nous avons également communiquées
aux autorités concernées.
Annexe
C : enquêtes de contrôle sur l’efficacité du fonctionnement général
ou particulier d’autres services de police donnés
I. Corps de police d’une zone pluricommunale de la province de Namur
L’accès à cet unique commissariat n’est pas fléché, même en arrivant par l’artère principale de la localité : le bâtiment est un peu décentré par rapport au centre ville. Aucun emplacement particulier n’est prévu pour les véhicules des visiteurs si ce n’est les aires de stationnement normales sur la voie publique. Par contre, le parking « police » occupe une place non négligeable.
Le bâtiment est fonctionnel et a été modernisé par une remise à neuf complète.
Le « client » est accueilli par un fonctionnaire de police au travers
d’un guichet sécuritaire. Ce commissariat est équipé : (1) d’une petite
salle d’attente décorée d’un présentoir garni de diverses brochures (aide
aux victimes, etc.) ; (2) d’une simple cellule de garde à vue, propre,
dépourvue de système de surveillance vidéo et de commodités. Cette geôle n’est
pas visible du public mais disposée de telle sorte que le personnel puisse
surveiller, en permanence, la personne éventuellement détenue ; (3) d’un
local sobre spécifique pour les auditions ; (4) d’un local d’accueil
aux victimes, convivial et où des jouets d’enfants sont disponibles ;
(5) d’un laboratoire photographique performant doublé de l’achat récent d’un
matériel numérique ; (6) de vestiaires mixtes et fonctionnels, etc. Quant
au charroi, il est composé de : (1) deux véhicules « combi »
d’intervention ; (2) un véhicule rapide ; (3) une jeep tout terrain ;
(4) trois camionnettes ; (5) deux cyclomoteurs ; (6) une voiture
civile utilisée principalement par l’assistante sociale [44] ; (7) une autre voiture banalisée
(en commande), etc.
On répertorie aussi au niveau du matériel d’intervention, (1) quatre
gilets pare-balles ; (2) un appareil photographique ; (3) un téléviseur ;
(4) une caméra ; (5) l’armement conventionnel ; (6) un radar de
vitesse (en commande) ; (7) un «kit» stupéfiants, etc.
Dans le cadre de la future zone de police pluricommunale, les nouveaux locaux
devraient être implantés dans les bâtiments de la gendarmerie. Le nouveau
service d’enquêtes et de recherche (SER) [45] y est déjà établi.
Le chef de corps nous remettra un document [46] décrivant la manière dont il a réorganisé le corps ainsi que le relevé des missions exécutées pour 1999. Au moment du contrôle, l’effectif mobilisé était de 8 unités : un agent auxiliaire, trois agents de police dont deux aspirants, un inspecteur, une employée civile, le commissaire de police et l’assistante sociale. L’effectif total est de 20 unités : un commissaire de police, un commissaire adjoint, un inspecteur principal de première classe, un inspecteur, trois agents auxiliaires de police, onze agents de police, une employée civile et l’assistante sociale.
Il existe un livre d’écrou administratif et manuel,
où figurent seulement les mentions suivantes : (1) nom du verbalisant ;
(2) nom de la personne impliquée ; (3) inventaire des objets mobiliers.
Ce livre ne comporte pas d’avis à l’officier de police administrative (OPA)
/ officier de police judiciaire (OPJ) ou à l’autorité administrative ;
aucune numérotation ni mention de la délivrance d’un repas ou du fournisseur
n’est décelée. Il faut noter que trois personnes seulement sont passées par
la geôle communale en 1999. En effet, dans la pratique, les individus arrêtés
sont transférés systématiquement dans les locaux de l’ancien district de gendarmerie.
Un fichier photographique est constitué dans le cadre des dossiers judiciaires
uniquement : il est toujours géré par les deux mêmes policiers.
L’informatisation est toujours en cours au niveau du Projet informatique police
(PIP). Le système utilisé par le personnel est le « mini-PIP » dont
le serveur central est relié à l’autre corps de police de la zone .
Il n’existe aucun fichier reprenant des « informations douces ».
Les fichiers « registre national – RN » et « DIV » sont
opérationnels.
Si aucun registre ne reprend le flux de l’accueil « tout-venant » du guichet, on notera l’existence d’un registre des interventions en général ayant entraîné ou non la rédaction d’un procès-verbal : ce registre est toujours manuel et dactylographié par le planton.
Si le chef de corps est responsable de la discipline, c’est le commissaire
adjoint qui est plus particulièrement chargé de la comptabilité des prestations
de service (sous forme d’une grille horaire), de la tenue du registre des
absences et des congés. Outre l’existence « du mémento du commissaire »,
ce dernier met sur pied des briefings et des brainstormings et rédige des
notes de service. Le personnel semble donc informé des nouveautés légales,
d’autant plus qu’une documentation est à la disposition de tout le personnel
dans le bureau du chef de corps et de son adjoint, lesquels partagent le même
local. Celui-ci est en outre équipé d’un branchement « internet ».
Quant à la communication interne, elle se fait aussi par le truchement de
fiches d’information.
En 1999, 4 unités ont été formées à l’Académie de police.
L’agent administratif en question circule régulièrement à bord d’une Jeep immatriculée au nom de l’administration communale. On le surnomme « le Baron ». Il pilote le commissaire sur certaines interventions et lui sert donc de chauffeur. Le commissaire reconnaît qu’une confusion peut parfois s’installer dans l’esprit de la population sur le statut acquis et le rôle joué par l’intéressé puisqu’il est de notoriété publique que ce dernier a déjà piloté la Jeep lors d’un contrôle « alcool » réalisé par la police. Il estime que certaines personnes tentent de profiter du contexte général de la police et de certains problèmes particuliers pour donner de lui une image négative dans la perspective des prochaines primonominations en qualité de chef de zone.
Dans le prolongement de la collecte de nouvelles informations et données ainsi qu’à la suite de la demande précédemment évoquée du procureur général, le Comité permanent P a repris l’enquête.
Nous avons interpellé le chef de corps sur la question de certains dysfonctionnements
de la brigade locale en lui demandant s'il avait des éléments à nous apporter
quant à l'ambiance de démotivation de certains membres du personnel de l'ex-gendarmerie
suite au comportement de membres de leur hiérarchie. Il nous rétorque qu'il
a déjà été entendu à ce sujet par notre Service d'enquêtes sur un plan judiciaire
et qu'il n'est informé de ces éléments que par la rumeur. Il ajoute qu'au
niveau de l'ambiance, la rumeur devrait s'estomper étant donné que le principal
intéressé a décidé d'arrêter ses activités en épuisant son quota de
jours-maladie de fin de carrière. D'autre part, étant donné qu’il était le
seul candidat pour la place de chef de corps, une collaboration prometteuse
semblait s'installer entre lui et le futur dirigeant du service judiciaire,
ancien gendarme.
De surcroît, nous avons pris connaissance de la copie d'une nouvelle missive
anonyme datée du 6 septembre 2001. Ce document dénonce des faits similaires
à ceux repris dans une autre lettre anonyme, datée du 18 avril 2000 [47] .
Le futur cadre organique de la zone n'est pas encore
fixé. Il devrait atteindre l’effectif de 53 fonctionnaires de police, 3 agents
auxiliaires de police, 4 CALOG [48] et une assistante
sociale. Les ex-gendarmes passent tous dans le cadre local et aucun ne profite
de la réforme pour postuler un emploi dans une autre zone. La nouvelle implantation
des bâtiments est aussi déterminée : il s'agit des locaux des ex-polices des
deux communes de la zone et des ex-brigades de gendarmerie de ces mêmes communes
ainsi que d’une troisième. Le commissariat central est l’ex-brigade de gendarmerie
de la commune étudiée et le poste de proximité est jusqu’à présent conservé
mais devrait être transféré au poste de police central dès que les travaux
en cours seront terminés. Une autre antenne de police de proximité est prévue
dans une troisième commune. Un poste de proximité est également envisagé dans
l’autre commune de la zone de même que dans une quatrième commune. La politique
voulue par le commissaire est celle de la décentralisation.
Sur le plan comptable, les bâtiments sont la propriété de la zone. Le charroi
est composé de 23 véhicules banalisés (pas encore de nouveau striping).
Le PIP n'est toujours pas complètement opérationnel et n'est pas utilisé
par tout le personnel : il est uniquement maîtrisé et employé par les
membres de l'ex-police communale. Une uniformisation sera réalisée lorsque
le budget fédéral sera débloqué à cet effet.
Quand à l'état d'avancement du plan zonal de sécurité, les travaux ne sont
toujours pas en cours. Des contacts viennent seulement d'être pris entre le
Directeur Coordinateur Administratif et le Président du Collège de Police.
L'organisation du travail de quartier ou de proximité,
pour toute la zone, sera répartie entre 7 inspecteurs « spécialisés » ou non
polyvalents. Quant à l'accueil du citoyen, un staff « dispatching » sera constitué
et ce rôle sera réparti entre tout le reste du personnel. Le commissariat
central sera ouvert de 7h00 à 19h00 mais une rencontre devrait être prévue
entre les futurs chefs de zone de la commune, des zones voisines et le DirCo
ainsi que les différentes autorités administratives pour organiser la garde
de nuit. En gros, celle-ci serait assurée par l’une des zones voisines, qui
se verrait octroyer pour chaque zone concernée une somme de 2 500 000
BEF pour réaliser cette prestation s'étalant entre 19h00 et 7h00. Les heures
d'accessibilité des différents locaux et leur accessibilité physique permanente
doivent encore être fixées, de même que les heures d'ouverture ponctuelle
des antennes de proximité. Un OPJ/OPA sera contactable et rappelable. L'implantation
des postes de police sera fléchée.
Il existe en outre un projet d'achat d'un autre bâtiment avec 25 places de
parking pour les visiteurs.
Le registre d'intervention est déjà informatisé.
L'intervention sera organisée de la manière suivante : il devrait exister
des instructions internes explicitant les critères d'intervention qui tiendront
compte de la gravité et de l'urgence des appels. Chaque appel sera géré et
les petites interventions telles que les différends de voisinage ne devraient
pas être laissées pour compte. Quotidiennement, sur le plan des patrouilles,
une équipe d'intervention et une équipe supplémentaire seront disponibles.
En ce qui concerne l'assistance policière aux victimes (local d'audition,
personnel de police formé à l'accueil aux victimes, audition d'enfants avec
matériel ad hoc, etc.), deux fonctionnaires de police (une ex-femme
policier communal et un ex-gendarme) sont déjà formés. Aucun local n'est encore
aménagé car ce ne serait actuellement pas une priorité essentielle. Un collaborateur
spécialisé est déjà rappelable : l'assistante sociale dont l'antenne
a été transférée dans les locaux de l'ex-brigade de gendarmerie (futur antenne
centrale). Du point de vue de la recherche locale, le service SER fonctionne
déjà, il est composé de 6 unités (5 du cadre de base et un du cadre moyen).
L'avis du procureur du Roi n'a pas encore été demandé pour désigner les membres
du personnel chargés de l'exécution des missions de police judiciaire. Aucune
unité fédérale judiciaire déconcentrée sous la responsabilité du DirJu ne
sera affectée à la zone.
Aucune mesure d'organisation spéciale n'a encore été prévue pour assurer les
missions relevant du maintien de l'ordre public. Des accords détaillés doivent
également être envisagés avec le DirCo à ce propos.
Les directives en matière de limitation des heures de service sont déjà appliquées. Toutefois, hormis le service SER, les équipes d'intervention ne sont toujours pas mixtes (ex-policiers communaux plus ex-gendarmes) du fait des deux langages informatiques toujours différents ; les équipages ne pourront être communs que lorsque le système Integrated Software Local Police (ISLP) sera opérationnel. Chaque unité preste donc toujours des horaires en fonction de l'ancienne Charte de Sécurité. L’agent administratif dont question supra travaille toujours à l’administration communale en qualité de responsable du service Environnement. Il reste le support logistique pour le domaine environnemental entre le secrétariat de la future zone de police et l'administration communale. Il se limite à cette tâche, ce qui éviterait désormais toute interprétation erronée ou confusion dans le rôle qu'il joue. D'après le chef de corps, l’intéressé ne se considérerait plus comme « employé de police ».
L'ambiance dans laquelle se déroule la mise en place de la zone de police peut être qualifiée de bonne d'autant plus que l'autre candidat chef de zone ayant réussi l'épreuve d'assessment s'est désisté et ne reprendra plus ses fonctions. La tension entre les candidats chefs de zone ayant disparu, la voie serait ouverte à la prise des dispositions nécessaires (réunions, tâches, etc. ) après la désignation du chef de zone.
Il est à noter que le bourgmestre manifeste cependant quelques inquiétudes sur l'avenir de la zone de police vu l'état des dotations fédérale et communale.
Sa participation en tant qu'expert au conseil zonal de sécurité n'a pas encore
été envisagée, l’intéressé ayant pris ses nouvelles fonctions depuis une quinzaine
de jours seulement. Il avait programmé des rencontres avec les autorités judiciaires
et administratives les 12 et 14 septembre 2001. Les termes de la collaboration
avec ces autorités n'ont donc pas encore été fixés. Il ignorait aussi la nature
et l'ampleur de l'appui qu'il allait pouvoir apporter (gestion parc automobile,
dossiers du personnel, formations continuées, banque informatique de données,
plan SEVESO, etc.). À la question posée, l’intéressé répond qu’il ne pense
pas que des phénomènes particuliers dans la zone nécessitent une implantation
permanente d'unités fédérales. La zone fonctionnera en autonomie et sera plutôt
concernée par deux grands phénomènes, celui de la criminalité frontalière
et de l'augmentation du taux d'interventions en période estivale.
Le carrefour d’information d'arrondissement (CIA) fonctionne déjà et on envisage
d'y incorporer des ex-fonctionnaires de police communale. Le DirCo collabore
avec le Directeur Coordinateur Judiciaire, avec lequel nous avons aussi eu
l'opportunité de converser brièvement. C’est ainsi qu'il nous a confié qu’il
connaissait la zone étudiée, vu son activité antérieure, au travers de son
service de recherche locale (le service SER) et qu'il s'agissait d'une section
performante. Le DirCo, à la question relative aux capacités de cette zone
de police, bien que cet aspect des choses reste aussi à négocier, croit qu'il
aura un rôle de direction opérationnelle automatique plutôt que de coordination
périphérique.
II. Corps de police d’une zone monocommunale de la province du Brabant wallon
L’enquête a débuté par la relecture de l’ensemble des informations douces relatives au corps de police de l’endroit, de la documentation transmise par un commissaire divisionnaire, des constatations faites lors d’un mini-contrôle ainsi que de la synthèse des différents dossiers concernant la police.
Il a été procédé sur place à un certain nombre de constatations, entretiens, vérifications, etc. :
Ü vérification matérielle de la mise en place des améliorations envisagées par le chef de corps. Ces améliorations auraient dû être concrétisées depuis l’intégration de la police communale et de la brigade locale de la police fédérale en date du 23 avril 2001 ;
Ü entretiens individuels avec l’ancien chef de corps et le commandant de la brigade locale de la police fédérale, ceux-ci se partageant la responsabilité de la direction du corps de police intégré jusqu’à la désignation et l’entrée en fonction du chef de zone. Ces entretiens portent sur l’évolution du corps de police dans le cadre de l’intégration. L’entretien avec l’ancien chef de corps a également porté sur certaines questions restées ouvertes à la suite des premiers contacts, à savoir : (1) l’attitude de certains membres du personnel à l’égard des administrés, des victimes et des plaignants ; (2) l’attitude de certains officiers de permanence ; (3) la démotivation au sein du personnel et l’absentéisme ; (4) le nombre insuffisant de policiers assurant le service intervention ; (5) le manque de patrouilles préventives, l’attitude réactive du personnel ; (6) les relations trop privilégiées avec un dépanneur ; (7) l’utilisation de véhicules de service à des fins privées ; (8) le contrôle de l’utilisation légitime des bases de données par les membres du personnel dans le respect du secret professionnel et de la confidentialité ;
Ü entretien avec le responsable du département administratif et logistique à propos de certains problèmes évoqués lors d’un mini-contrôle en matière de planification des services et de gestion des heures supplémentaires ;
Ü contrôle de l’état des locaux et de leur accessibilité.
Quelques dossiers analysés apparaissent comme manifestement non fondés. D’autres concernent des faits totalement étrangers au service. Certains concernent le service mais ne sont relatifs ni à l’organisation ni au fonctionnement de la police communale de l’endroit. Lors du mini-contrôle du 23 mars 2001, le Comité permanent P avait déjà obtenu certaines réponses à diverses interrogations suscitées par les faits qui concernent l’organisation et le fonctionnement du corps de police. Néanmoins, au vu de l’analyse des différents dossiers, les questions suivantes restent ouvertes : (1) l’attitude de certains membres du personnel à l’égard des administrés, des victimes et des plaignants ; (2) l’attitude de certains officiers de permanence ; (3) la démotivation au sein du personnel et l’absentéisme ; (4) le nombre insuffisant de policiers assurant le service intervention ; (5) le manque de patrouilles préventives, l’attitude réactive du personnel ; (6) les relations trop privilégiées avec un dépanneur ; (7) l’absence de système (bulletin de service, compte rendu d’activité, feuilles de route, etc.) ; (8) l’utilisation de véhicules de service à des fins privées ; (9) le contrôle de l’utilisation légitime des bases de données par les membres du personnel dans le respect du secret professionnel et de la confidentialité ; (10) la gestion des objets trouvés.
Il n’existe plus de « main courante » mais un projet informatique de police (PIP). Cette application serait généralement utilisée lorsque des visiteurs se présentent à l’accueil, même si parfois, « il y a lieu de tirer les oreilles au planton qui oublie de le faire ». Dès le 23 avril 2001, entre 8h00 et 18h00, l’accueil aurait été assuré conjointement par un policier et un membre du personnel contractuel.
Des locaux d’audition spécifiques n’existent pas. Les locaux utilisés n’offrent pas une discrétion suffisante aux personnes entendues dans la mesure où il y a dans certains de ceux-ci jusqu’à trois postes de travail. Des auditions délicates sont parfois effectuées dans les bureaux des officiers. Une extension importante du commissariat de police sur trois niveaux est en projet (750 m2 au total). Sa mise à exécution devrait résoudre l’ensemble des problèmes de locaux.
Un criminologue contractuel est chargé de l’assistance policière aux victimes. Deux types de « revisites » sont organisés : (1) des revisites dans le domaine de la techno-prévention par un policier et deux (ex) gendarmes de la brigade dès le 23 avril 2001 ; (2) des contacts téléphoniques avec toutes les victimes d’infraction.
Nos enquêteurs ont pu remarquer, pendant la visite des locaux,
le caractère brouillon du livre d’écrou qui se trouve au bureau du planton
ainsi que l’absence de certaines mentions. Le livre semble cependant être
utilisé de manière systématique (dernière inscription la nuit précédant le
contrôle). L’inventaire des objets serait effectué
sur une feuille distincte au moment de la mise en cellule. Après avoir demandé
à voir une de ces feuilles d’inventaire vierges qui devraient se trouver à
proximité immédiate des cellules, nos enquêteurs ont finalement pu constater
qu’aucune feuille d’inventaire ne s’y trouvait et ne pouvait, dès lors, être
présentée.
À
la demande de savoir si des rapports d’information douce sont rédigés, la
réponse est négative (pour l’instant). L’information douce n’est pas gérée
même si les responsables ont conscience qu’il s’agit de quelque chose d’important.
Ils se déclarent d’ailleurs prêts à investir du personnel au niveau du Carrefour
d’information d’arrondissement (CIA). Selon nos interlocuteurs, d’autres polices
communales ne suivraient pas non plus.
Il n’existe pas de plan d’action au niveau de la police
communale de l’endroit. Des opérations ont lieu dans le cadre des lignes de
forces dont celle-ci a la charge mais ces opérations sont ponctuelles et ne
reposent pas sur une analyse stratégique. Les actions menées dans le cadre
des lignes de forces le sont « par bonne volonté » à l’occasion
des services ordinaires. Il n’y a pas de pro-activité.
Le corps de police n’exécute plus certaines tâches administratives au sens
de l’article 25 de la loi du 5 août 1992 sur la fonction de police, comme
la surveillance des marchés, les enterrements, les estafettes et le dépôt
des convocations, etc.
Le chef de corps, qui tenait manifestement à répondre personnellement aux
diverses questions posées ainsi qu’à faire visiter lui-même les locaux du
commissariat, s’est montré beaucoup plus prolixe pour expliquer l’organisation
générale du corps de police que pour communiquer des données plus objectives
comme des indicateurs d’activité ou tout simplement des données chiffrées.
La communication de ces données a finalement d’ailleurs été purement et simplement
esquivée ou différée. L’appréciation qu’il donne de son corps de police est
« très positive ». En réponse à plusieurs observations dont nos
enquêteurs lui ont fait part et qui laissaient transparaître certains manques
de « systèmes », l’intéressé a évoqué l’intégration et le fait qu’à
cette occasion, des « systèmes » en vigueur à la police fédérale
devraient être implémentés à partir du 23 avril 2001 (coordination de l’information,
plans d’action, planification des services, bulletin de service, feuilles
de route, etc.). Dans une phase transitoire, l’intégration de la police communale
et de la brigade locale a en effet eu lieu le 23 avril 2001. Les services
de proximité et de recherche sont situés dans l’ancienne brigade. Les autres
services sont regroupés dans les bâtiments de la police communale.
La visite des locaux a été faite en compagnie du chef de corps. D’autres
officiers semblent avoir une vision plus critique des choses, évoquant l’existence
de problèmes en matière de planification des services et de gestion des heures
supplémentaires.
Lors du premier mini-contrôle, le chef de corps
s’était engagé à transmettre certaines données complémentaires. Début avril
2001, il devait encore signaler que ces données seraient transmises en date
du 10 avril 2001 pour finalement encore les communiquer plus tard.
Le nouveau cahier de service (NCS), les bulletins de service et les feuilles de route des véhicules utilisés à la police fédérale, ont été adoptés par la nouvelle structure. Pour ce qui est de la gestion et de la circulation de l’information et en particulier de l’information douce, les nouveaux systèmes annoncés n’ont pas encore été mis en place même si certains contacts ont déjà été pris avec le CIA. Des protocoles devraient être signés avec le Directeur coordinateur (DirCo) et le Directeur judiciaire (DirJu) mais cela n’a pas encore été fait.
La section locale de recherche a été mise en place. Elle se compose de cinq membres qui traitent les questions générales de police judiciaire et de deux membres qui traitent la « jeunesse ». Des contacts ont été pris par cette dernière section avec des magistrats, notamment en matière de police de la jeunesse. Le service proximité a également été mis en place. Il se compose de 9 agents et d’un responsable. Le service intervention fonctionne quant à lui avec un effectif déficitaire. Actuellement, il est composé de 36 unités dont 8 chefs de poste. La norme est de 42 unités. L’idéal serait 48 unités. Le personnel « tient le coup » mais la situation est difficile.
Vu le manque de personnel au service intervention, les policiers
sont fort sollicités. Les responsables précisent qu’ils veillent à respecter
les dispositions de l’arrêté royal « Mammouth » en matière de temps
de prestation. Pendant la période des vacances, ils sont contraints de prévoir
pour chaque policier un week-end avec trois nuits de travail. Il s’agissait
d’une mesure qui ne se renouvellerait pas mais qui était absolument nécessaire.
Il existait aussi une pression des officiers et des membres du personnel pour
que l’on en revienne au système antérieur, à savoir des prestations de week-end
de 12 heures, qui permettaient de limiter les prestations à un week-end sur
trois. Le Comité de direction avait décidé de ne pas déroger aux prescriptions
légales en la matière. D’autre part, l’unanimité du personnel allait dans
le sens du maintien de deux services de pointe le week-end. Par contre, en
semaine, on pouvait accepter un service unique de trois hommes.
La nécessité de deux équipes le week-end serait justifiée par le fait que
chacune des zones voisines ne disposerait que d’une seule équipe de pointe
qui ne peut pas systématiquement apporter son concours en cas de besoin. La
situation est aussi différente du temps où le district de gendarmerie pouvait
toujours envoyer des renforts. Le bourgmestre serait toutefois d’accord d’engager
du personnel supplémentaire.
Le chef de corps a souhaité ajouter qu’il existait des tensions au sein de
son personnel en raison du comportement de l’un ou de l’autre policier. Deux
ou trois policiers doivent être considérés comme malveillants. Ils seraient
les auteurs de dégradations, menus larcins et vols domestiques. À l’arrivée
du nouveau chef de zone, on devrait avoir davantage de temps « pour
s’occuper de s’attacher à ces faits qu’il tenterait de résoudre ».
Il comptait également développer des mesures préventives visant à faire disparaître
de tels comportements.
Les premiers contrôles ainsi que l’analyse et la synthèse des différents dossiers relatifs à la police communale de l’endroit laissaient, toujours et à l’époque, subsister différentes questions (principales) : (1) l’attitude de certains membres du personnel à l’égard des administrés, des victimes et des plaignants ; (2) l’attitude de certains officiers de permanence ; (3) la démotivation au sein du personnel et l’absentéisme ; (4) le nombre insuffisant de policiers assurant le service intervention ; (5) le manque de patrouilles préventives, l’attitude réactive du personnel ; (6) les relations trop privilégiées avec un dépanneur ; (7) l’absence de systèmes (bulletin de service, compte rendu d’activités, feuilles de route, etc.) ; (8) l’utilisation éventuelle de véhicules de service à des fins privées.
Un officier met en évidence des surcharges au niveau des horaires de travail
du service intervention, après l’intégration des deux services de police.
Cette situation résulte principalement, selon lui, de l’effectif déficitaire
du service intervention. Il en explique l’origine par le choix qui a été fait
de constituer prioritairement les services de la police de proximité et de
la recherche locale. Selon lui, cette manière de procéder va dans le sens
du bourgmestre. Il confirme également les problèmes que la police communale
connaît la nuit concernant un manque d’initiative des services et un manque
de disponibilité du planton. Parallèlement, il évoque le manque de contrôle
de la part des officiers, en soirée surtout.
Un autre entretien apporte des réponses à une bonne part des questions encore
restées ouvertes : (1) le chef de corps passe régulièrement au commissariat
en dehors des heures de service. L’ancien commandant de la brigade locale
de la police fédérale en fait de même − le week-end et en dehors des
heures (?). Pour ce qui est des autres officiers, il leur est demandé de procéder
régulièrement à des contrôles − aux mêmes moments (?). À l’époque, le
chef de corps ne s’assurait cependant pas de la bonne exécution de cette directive
par les officiers. Il estimait qu’il en allait de leur propre responsabilité ;
(2) la Section locale de Recherche (SLR) (7 unités) et le service proximité
(10 unités) sont mis en place. Le service intervention fonctionne de manière
déficitaire (36 unités alors que la norme est de 42 et l’idéal de 48) ;
(3) pour ce qui est de l’activité des équipes, il est prévu par le règlement
d’ordre intérieur qu’à tout moment, au moins une des deux équipes doit être
à l’extérieur ; (4) des relations privilégiées auraient existé avec un
dépanneur. Le chef de corps prône pour sa part le recours à une procédure
de soumission ; (5) depuis le 23 avril 2001, date de l’intégration des
deux services de police, les systèmes en vigueur au sein de la police fédérale
(NCS, bulletin de service, compte rendu d’activités, feuilles de route, etc.)
sont également d’application. Des protocoles devraient être signés avec le
DirCo et le DirJu, etc.
Le nouveau chef de corps confirme et complète les
propos de son prédécesseur. En tant que nouveau chef de zone, il trace également
les axes d’un style de commandement qui lui est propre : (1) le
contrôle par les cadres a été dynamisé, ce qui a eu pour effet direct la rédaction
de plusieurs rapports disciplinaires. Le contrôle interne est actuellement
assumé par le chef de zone lui-même. Il devrait être confié à un commissaire
qui renforcera prochainement les effectifs ; (2) la situation reste difficile
en ce qui concerne les effectifs. Le service proximité renforce le service
intervention. Il arrive même au chef de zone d’y prêter personnellement son
concours. Cette année, un auxiliaire, un inspecteur, un inspecteur principal
et un commissaire seront recrutés. Le bourgmestre se serait engagé pour les
années prochaines à un recrutement annuel de trois policiers supplémentaires ;
(3) l’état d’esprit du personnel est très généralement positif. La satisfaction
des choix individuels exprimés lors de l’intégration ainsi que la bonne santé
financière de la zone, qui permet le paiement des heures supplémentaires et
la mise en œuvre prochaine d’importants travaux d’infrastructure, n’y sont
pas étrangers. D’autre part, le taux d’absentéisme est réduit si l’on écarte
quelques cas individuels lourds qui grèvent les statistiques. Deux de ceux-ci
font l’objet d’une procédure de démission ; (4) une convention a été
régulièrement passée par le conseil communal avec le dépanneur BPH à la suite
d’un appel de service. BPH respecte les obligations du cahier des charges ;
(5) le problème majeur serait actuellement l’informatique. Les liaisons entre
les deux sites de la police locale sont difficiles et les applications sont
très lentes. L’installation prochaine d’un nouveau serveur et, à plus long
terme, l’exécution des travaux d’extension du bâtiment, qui conduira à la
réorganisation des services en un seul site, devraient solutionner ce problème.
Le conseil de police du 7 janvier dernier a approuvé le cadre du corps de police ainsi que son budget. Ces points viennent d’être communiqués à la Direction des relations avec la police locale. La zone de police devrait être la première zone du Brabant Wallon à être reconnue. Il ne manque plus que la publication de l’arrêté royal pour que la procédure soit finalisée. Le patrimoine venant du fédéral vient d’être transféré après inventaire. Enfin, le chef de zone vient de recevoir le protocole ministériel lui accordant de manière transitoire l’autorité fonctionnelle sur les anciens gendarmes de la zone, jusqu’à officialisation définitive de la zone de police.
En dépit de la fusion des effectifs de la police communale
et de la brigade locale, le chef de zone souligne que la situation reste difficile,
tout particulièrement en ce qui concerne le service intervention. Il arrive
que le service proximité soit sollicité pour compléter la grille des services
de l’intervention. Il arrive que, ponctuellement, le chef de zone participe
personnellement à un service intervention en cas de manque important d’effectif.
Un effort a été consenti par le fédéral, qui a accordé un renfort de trois
policiers fédéraux. En réalité, ils ne sont que deux, le troisième étant détaché
à l’Unité de Protection de la Réserve générale (PROBEV) jusque février. Ce
renfort est cependant considéré comme une opération blanche, deux inspecteurs
étant de leur côté partis au cours « officier de police judiciaire »
(OPJ).
Le cadre tel qu’il a été voté, de même que le régime de mobilité qui devrait
très prochainement entrer en vigueur, offrent des perspectives positives.
Un nouveau commissaire pourrait provenir de la police fédérale. Le bourgmestre
aurait en outre accepté qu’à l’avenir, trois policiers supplémentaires soient
engagés chaque année.
La zone semble attractive pour les policiers. Le chef de corps est confiant
quant au fait que les emplois vacants peuvent être facilement honorés.
Les policiers actuellement en fonction, qu’ils soient à l’origine communaux
ou membres de la brigade locale, ont obtenu satisfaction, à trois exceptions
près, quant à leur affectation actuelle, après avoir exprimé leurs choix dans
les fiches de vœux. Les membres de la brigade locale sont affectés aux services
de l’intervention ou de la proximité. Il n’y en a pas à la SLR.
Le chef de zone souligne que l’état d’esprit du personnel est très généralement
positif. Ceci s’explique notamment par la satisfaction des policiers quant
à leur affectation. La bonne santé budgétaire de la zone, qui se traduit par
un paiement sans difficulté des heures supplémentaires ainsi que par des projets
concrets comme la construction prochaine d’une extension du commissariat,
participe certainement à la création d’un tel climat positif.
Les relations de la zone avec l’échelon du DirCo sont excellentes. Un protocole a été conclu avec celui-ci concernant les communications. Ceci permet à la police locale de fonctionner avec deux réseaux radio en parallèle, l’ancienne fréquence district « Daniel » et la fréquence police de la zone. Chaque équipe sur le terrain dispose des deux fréquences. La zone de police dispose aussi de l’appui du centre de communications au niveau du DirCo ainsi que de celui du CIA. Au sein même de la zone, l’entente entre anciens policiers communaux et anciens gendarmes est bonne.
La planification des services est faite au moins un mois
à l’avance. Nous avons pu examiner quelques exemples de planification des
services. Le système de planification des services a, il est vrai, changé.
Précédemment, la grille était constituée sur base des desiderata des
membres du personnel. À présent, c’est après publication de la grille que
les membres du personnel peuvent organiser des remplacements, qu’ils confirment
par la remise d’une note au responsable de la planification. Il leur est cependant
toujours loisible de demander au préalable des journées « libres ».
Les prestations sont comptabilisées à l’aide du NCS. Nous avons pu examiner
les extractions du NCS correspondant aux fins des périodes de référence.
Il convient de souligner que l’application du nouveau statut implique une
augmentation des heures supplémentaires. Les heures supplémentaires sont cependant
payées sans difficulté par l’autorité communale. On s’efforce toutefois, dans
la mesure du possible, de faire récupérer les prestations supplémentaires.
L’autorité administrative a le souci d’une présence policière dans les rues en ce compris le week-end. Ceci implique un engagement de personnel. C’est sur base volontaire − sauf remplacement impérieux − que les prestations supplémentaires sont effectuées, par exemple en rallongeant la durée du service, mais en ne dépassant toutefois pas des services de plus de dix heures. Ceci explique certaines variations du nombre d’heures supplémentaires, de nuit ou de week-end entre les policiers. En ce qui concerne les prestations au profit du fédéral, trois policiers anciennement membres de la brigade locale participent toujours aux unités de marche. Les anciens policiers communaux ne sont pas encore formés pour y participer. Le mois de décembre, avec le sommet de Laeken et les diverses missions de protection, a impliqué un engagement important en maintien et rétablissement de l’ordre public (355 heures de prestation).
Le chef de corps nous a remis les statistiques en matière d’absentéisme. Les chiffres de l’année 2001 sont grevés par quatre cas lourds à savoir : (1) un agent du service proximité en congé pour motif de santé (CPMS) depuis l’intégration (280 jours) ; (2) un agent du service intervention (plus de 220 jours) ; (3) un commissaire (91 jours) ; (4) un policier ayant fait l’objet d’une opération chirurgicale (60 jours). En ce qui concerne les deux premiers agents, une procédure de démission pour inaptitude physique est entamée. Pour le reste du personnel, le taux d’absentéisme est réduit. Il est même en dessous de la moyenne fédérale.
Le directeur des opérations a été chargé de dynamiser le
contrôle du personnel. Il tient à ce sujet des réunions périodiques avec les
chefs de poste (9). Ceux-ci ont reçu pour directive de se montrer plus directifs
et d’assumer leurs responsabilités. Ceci a eu pour effet la rédaction de plusieurs
rapports disciplinaires. Le chef de zone demande aussi que les commissaires
(5) procèdent régulièrement à des visites du personnel au commissariat la
nuit et le week-end, dans le cadre de leur rôle d’officier de semaine. De
son côté, le chef de zone en fait de même. La présence des cadres est plus
importante que par le passé.
En ce qui concerne le contrôle interne, celui-ci est actuellement exercé par
le chef de zone lui-même. Par la suite, il pourrait être exercé par un commissaire
qui proviendrait de la police fédérale. Depuis la prise de fonction du chef
de zone, quatre dossiers disciplinaires ont été menés à terme se soldant par
deux sanctions lourdes (retenues de rémunération) et deux sanctions légères
(blâme et avertissement). Le chef de zone insiste sur le fait que la reprise
en mains doit être ferme mais sans heurts. Selon les échos qui lui reviennent,
il y aurait acceptation de cette évolution par les membres du personnel, qui
admettent les sanctions infligées, estimant celles-ci justes.
Le système des feuilles de routes est en vigueur. Il est applicable à tous, en ce compris le chef de zone. Chaque véhicule de service en est doté. L’approvisionnement en carburant se fait dans les pompes SHELL, avec utilisation du système de cartes, permettant d’identifier la personne qui a retiré du carburant, le véhicule concerné et le nombre de kilomètres parcourus. La police fédérale continue actuellement à assurer la maintenance des véhicules de service passés à la zone.
Une convention a été passée de manière régulière par le Conseil communal avec le dépanneur BPH à la suite d’un appel de service. Cette convention est valable pour une durée de cinq ans mais l’engagement est renouvelable annuellement. BPH respecte les obligations du cahier des charges.
L’informatique constitue actuellement le problème majeur. Les liaisons informatiques entre les deux sites de la zone sont difficiles. Elles sont surtout très lentes. Une déviation passant par l’ancien district de Wavre a été établie. Cette solution provisoire évite la pose d’une liaison par fibre optique entre les deux sites, laquelle serait onéreuse et de courte utilité. En effet, les travaux d’extension de l’ancien commissariat doivent avoir débuté. Après leur achèvement, dans un peu moins d’une année, tous les services seront regroupés sur ce seul site, mettant ainsi fin aux problèmes de liaison. D’autre part, depuis peu, un nouveau serveur plus performant doit avoir été livré à la zone.
Le chef de zone nous a présenté le dossier personnel de l’intéressé, qui fut examiné. Il est à noter qu’il n’a pas fait l’objet d’évaluations. La sous-farde concernée comprend deux notes de félicitations. Sa situation particulière au regard de l’interdiction de cumul ou des incompatibilités serait connue de la direction du corps.
Annexe
D : enquêtes de contrôle sur l’efficacité du fonctionnement général
ou particulier de services à compétence de police
Les premières constatations dignes d’intérêt relevaient avant tout de la
compétence des autorités judiciaires et ne sont exploitées qu’incidemment
dans la suite du présent rapport. Au milieu de l’année 1998, le Comité permanent
P a, en effet, été informé de possibles dysfonctionnements dans le chef du
service de la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB) chargé
de la sécurité des voyageurs dans les stations du métro bruxellois. Plusieurs
communiqués de presse relatifs à l’utilisation illégitime de techniques policières
et à l’usage de matériel prohibé (e.a. armes) par certains membres du service
de sécurité de la STIB ont motivé la décision d’ouverture d’une enquête de
contrôle. En outre, les agents de la sécurité de la STIB se considéraient
comme faisant partie d’un service de police spéciale à part entière, en quelque
sorte sous l’impulsion de son chef de service.
Le fait que certains services réguliers, en particulier l’ancienne police
communale, n’étaient pas en mesure d’assurer un service de police de base
dans les stations de métro a motivé et renforcé la présence de ce service
de sécurité de la STIB en qualité de « service de police » dans
le métro de Bruxelles.
Les dysfonctionnements précités se traduisaient in concreto par l’usage collectif,
organisé et récurrent de techniques contestables (fouilles, menottes et privations
de liberté). S’est ensuite posée la question de l’attitude des autres acteurs
et intervenants sur le terrain, soit les services de police générale, le parquet
et les autorités de contrôle.
Le service de sécurité de la STIB s’organisait autour d’une hiérarchie pyramidale
laissant entrevoir une structure paramilitaire. Les conceptions du chef de
service n’étaient pas étrangères à ce phénomène. L’influence négative qui
transparaissait dans la structure, l’ambiance de travail et les attitudes
de chacun avaient, entre-temps, été détectées et reconnues par la direction
de la STIB. Le licenciement immédiat du chef de service constituait, selon
les responsables, plus qu’un simple avertissement. Le matériel ainsi que les
vêtements découverts lors des visites n’ont fait que confirmer ces conclusions.
Tant des armes à feu de défense que des armes prohibées ont été retrouvées,
ainsi que du matériel d’écoute et des véhicules de surveillance. La communication
se faisait exclusivement par un système hiérarchisé. Les brochures et cassettes
vidéo utilisées pour la formation des agents de sécurité de la STIB présentaient
un côté militariste certain. Quant à la formation proprement dite, elle était
principalement axée sur l’utilisation des techniques de police spéciale.
Les objets et le matériel contestables sur le plan réglementaire ont été saisis
dans le cadre de l’information et déposés au greffe du tribunal correctionnel.
Une interview du 22 juin 1998 [49] avait mis en évidence que depuis le
1er décembre 1993, la Brigade de gendarmerie du Métro (BGMB) et
le Service de surveillance générale (SSG) avaient commencé à collaborer, régulièrement
et étroitement, d’autant que les installations respectives étaient contiguës
au niveau du Bureau de coordination des opérations (BCO). De plus, à cette
même époque, le service de la Brigade du métro de la police communale bruxelloise
(BISM) venait d’être dissout : le SSG avait été mis sur pied dès le 1er
janvier 1978, notamment pour pallier les carences en la matière.
Un protocole d’accord avait même été établi entre la BGMB et la direction
de la STIB [50] puis avalisé
par l’ancien État-major de la gendarmerie. Cette collaboration avait aussi
été concrétisée par des échanges de renseignements notamment au niveau :
(1) de la transmission des relevés des « rapports incidents » (bulletins
d’activités) du personnel de surveillance de la STIB ; (2) de réunions
de coordination entre les responsables de la brigade et ceux du SSG ;
(3) du fait que la BGMB était un lieu de stage pour les nouvelles recrues
qui assistaient à une présentation des services de la STIB ; (4) de la
prise de connaissance par une criminologue attachée à la STIB de copies de
rapports de la BGMB [51] ;
(5) de la surveillance des usagers du métro via les caméras du service BCO,
etc.
Dès mai 1998, la BGMB occupait de nouvelles installations séparées.
Les membres du SSG sont en principe assermentés. Ils sont en outre investis d’un mandat de police judiciaire, à préciser cependant, et porteurs, à ce titre, d’une carte de commission de police judiciaire. Ils ont pour mission de rechercher et de constater les infractions à la réglementation sur la police du transport de personnes par tram, pré-métro, métro, autobus et autocar. Ils travaillent, en principe, dans le cadre d’une législation à l’interprétation et à l’analyse assez complexes [52] . C’est ainsi que notamment sur base de ces réglementations, les agents du SSG pourraient : (1) procéder à des contrôles d’identité dans le cadre des compétences de police qui leur sont conférées ; (2) exiger la présentation de la carte d’identité et, en cas de refus, maintenir sur place la personne jusqu’à l’arrivée d’un service de police requis, etc.
Nous avons plusieurs fois posé des questions assez précises à propos de l’intervention de ces personnes. Nous demandions entre autres si, en plaçant des menottes dans le cadre de ces missions de contrôle d’identité, les agents du SSG [53] n’augmentaient pas spectaculairement (?) et inutilement (?) la visibilité des personnes maintenues sur place.
Le service, dans son ancienne organisation, était organisé de façon à instaurer
un climat sécuritaire dans les installations de la STIB mais si le principal
responsable était considéré par plusieurs membres de son entourage professionnel
comme un travailleur, un « bourreau du travail », certains l’auraient
perçu comme un patron despotique au comportement souvent dictatorial. Un témoin
décrivait son caractère comme versatile, cyclothymique, passant par des phases
maniaques et des phases de colère. Il était donc craint et pour quelques-uns,
il faisait « régner la terreur ». Enfermé et coincé dans sa propre
logique, il semble qu’il aurait voulu que l’on adopte en permanence sa conception
du travail [54] .
D’aucuns dans la structure insistaient sur le fait qu’il aimait à « diviser
pour régner » : il avait l’habitude de demander l’opinion de l’un
de ses collaborateurs par rapport à un autre et vice-versa. Des relations
de méfiance dans le travail s’étaient ainsi créées parmi ses subordonnés.
Ayant une très haute estime de lui-même, il adoptait la conception panoptique
du management : tout savoir, tout voir, tout diriger, tout traiter, n’admettant
que très rarement la délégation des tâches.
Les membres de ce service étaient notamment surnommés les « yankees », ils travaillaient en uniforme, comme leurs collègues « patrouilleurs normaux », mais circulaient dans des voitures anonymes. Ce service avait peu ou de très rares contacts avec les autres sections du SSG. Les « patrouilleurs normaux » n’avaient pas accès aux locaux des équipes d’intervention spéciale (EIS) et de la Brigade de recherche (BR). Un témoin expliqua qu’avant d’avoir un contact avec un membre du personnel, de ces deux sections, il fallait impérativement prendre rendez-vous avec lui par téléphone [55] . Certaines rumeurs, probablement aussi alimentées en partie par la jalousie d’autres départements, auraient toujours plané sur l’EIS : payement d’heures de sursalaire, services plus ou moins « secrets », rumeurs d’actes de racisme, présence d’armes, équipement avec du matériel sophistiqué. Une crainte s’était alors développée vis-à-vis de l’EIS d’autant que certains de ses membres étaient réputés pour leurs convictions qualifiées par d’aucuns de « racistes », voire de « fascistes ».
Il était indubitable, après avoir interviewé plusieurs unités appartenant à l’EIS, qu’elle constituait une garde prétorienne difficilement contrôlable. Les membres de l’EIS, « étaient des « privilégiés » qui ne « rechignaient jamais » (sic). Ceux-ci, interpellés, donnaient ou voulaient donner l’impression d’appartenir à « un escadron spécial », à des « super-patrouilleurs » qui venaient en renfort des patrouilleurs « normaux » de la STIB. Ils avaient en effet été recrutés sur base d’un profil comportant une aptitude physique particulière : les membres étaient pour la plupart des sportifs au sens propre du terme. Ils se situaient tous dans la même tranche d’âge. On peut penser qu’un « esprit EIS » s’était inconsciemment installé au sein des mentalités.
Il s’agissait d’une section composée d’unités en civil qui surveillaient
discrètement les voyageurs dans les stations. Les membres, au départ, ont
été initiés à certaines spécialités par des policiers communaux [56] . Ce
service avait ainsi collaboré étroitement avec les services de police réguliers
pour surveiller et photographier des dealers, effectuer des observations dans
le cadre d’actes de vandalisme, procéder à certaines filatures de personnes
réputées suspectes, photographier des plaques de voitures, identifier des
voleurs à la tire. Les membres de la BR n’avaient pas pour mission d’intervenir :
une fois l’objectif repéré, ils devaient en principe avertir l’EIS qui se
chargeait de l’interception. Un fichier photographique avait été constitué
dans ce service aussi [57] .
Un des responsables décrira les unités de la BR comme des « rabatteurs »
de la police locale. Il définissait sa brigade de recherche de la manière
suivante [58] : « c’est une brigade
créée pour aider les gradés et agents du SSG en les renseignant sur les agissements
des vandales dans les véhicules et les installations de la STIB, etc. En outre,
cette brigade effectue des missions de renseignement pour les brigades judiciaires
des différentes polices communales ainsi que pour la BSR et la gendarmerie
en ce qui concerne les bandes de jeunes oisifs qui hantent nos véhicules et
nos stations[…], les gradés et agents de cette brigade n’interviennent pas
pour des infractions mineures au règlement de police. S’ils viennent à constater
de telles infractions, ils font appel à la patrouille, pour autant que besoin
[…] ».
Il s’agissait d’un système pyramidal structuré de manière disproportionnée
et fort hiérarchisé par rapport à l’objectif poursuivi [59] :
« Team consult » invoquait déjà une « culture de société »
basée sur une philosophie paramilitaire au niveau des symboles, du vocabulaire
et des instruments allant jusqu’à dire que l’organisation était volontairement
floue [60] .
À titre exemplatif, quelques constatations quant à l’achat de matériel pour
ce service : (1) achat en février 1996 de casques anti-émeute qui n’ont
jamais été utilisés ; (2) achat de 10 boucliers à une date indéterminée,
ce matériel étant toujours resté dans les emballages de protection ;
(3) présence d’une cassette vidéo montrant un entraînement d’une milice paramilitaire ;
(4) achat d’un matériel « roll glis » (pour descentes en rappel)
n’ayant été sorti que dans le cadre d’une seule formation ; (5) attribution
de matraques télescopiques pour le personnel en civil, qui n’était pas affecté
au contrôle des titres de transport mais bien à la recherche d’auteurs d’infractions
ou de délits dans les installations.
Ces différents éléments, notamment, ont toujours fait penser au Comité permanent
de contrôle des services de police et à son Service d’enquêtes que l’optique
aurait été d’une portée trop large par rapport aux missions demandées à un
service public de surveillance des transports en commun, même à compétences
de police limitées. D’aucuns avaient la conviction que le SSG, disposant en
outre de son propre budget de fonctionnement, était une police à compétence
spéciale [61] à l’instar, par
exemple, de l’ancienne police des Chemins de fer au sens où l’entendait la
loi du 5 août 1992 sur la fonction de police. Il faut ajouter que cette philosophie
s’est probablement développée en raison des contacts étroits que les dirigeants
du SSG entretenaient avec diverses autorités de police administrative, de
police judiciaire ou policières au plus haut niveau : autorités ministérielles,
bourgmestres, parquets, directions des services de police générale. De surcroît,
tout porte à croire que des opérations policières avaient ainsi été menées
avec la collaboration du SSG et subventionnées par le budget STIB [62] .
De ce fait, une mentalité particulière s’était apparemment instaurée [63] au
sein de certaines sections du SSG , relayée en cela par les cours dispensés :
techniques de déguisement, techniques d’enquête et opérations spéciales, techniques
spéciales de tactiques défensives avec torches, riposte aux agressions, cours
du « portrait parlé », etc.
Des membres allochtones de ces services allaient finalement [64] dénoncer
un autre aspect, selon eux, de cette ambiance qui régnait au sein du SSG :
distribution de tracts racistes, informations différentes données en vue d’identifier
les personnes à contrôler selon leur nationalité, déclarations extrémistes
et publiques.
Confrontée à ces éléments, la direction a décidé de procéder sans délai à
une restructuration et a chargé le chef de service de régulariser la situation
du service. Les résultats ne se sont pas fait attendre. La direction a reconnu
que, notamment à cause du travail efficace et efficient de son service de
sécurité, elle avait quelque peu négligé l’instauration d’un contrôle de légalité
et de qualité.
Les dysfonctionnements et irrégularités constatés par le Comité P ont été
communiqués en temps réel aux responsables afin d’assurer la continuité de
la sécurité dans les stations de métro de Bruxelles. Les responsables de la
STIB ont immédiatement procédé aux adaptations nécessaires de sorte qu’un
changement positif et constructif a rapidement été observable.
Dans les mois qui ont suivi, la direction n’a pas ménagé ses efforts sur le
plan de la direction des services, du recrutement et de la formation du personnel,
de l’équipement ainsi que de l’encadrement afin de restructurer et de réorganiser
le service de sécurité de la STIB, principalement actif dans les stations
de métro. La direction n’a pas pour autant négligé de garantir la sécurité
des usagers. La coopération indispensable avec les autres partenaires a en
outre été formalisée.
Au début de l’année 2001, le Comité permanent P a décidé de mettre en place un suivi complémentaire et un contrôle concret des initiatives entreprises. Les contrôles effectués ainsi que les entretiens de concertation relatifs à certaines pièces ont démontré que le service de sécurité de la STIB avait fait l’objet d’une réorganisation et d’une restructuration en profondeur. L’organigramme convenu et commenté présente une structure organisationnelle effective, efficiente et transparente. Les notes de service rédigées et appliquées témoignent de l’adoption d’une attitude idoine de la part du personnel de sécurité. Par contre, il n’a nulle part été question de crise de légitimité et plusieurs contacts avec les autorités de contrôle ont révélé une volonté manifeste de circonscrire les actions des services de sécurité dans un cadre strictement légal.
Nous nous sommes d’abord fait remettre et expliquer l’organigramme actuel du SCG. Il comprend un effectif de plus ou moins 300 personnes, pour la plupart assermentées [65] .
Le SCG est structuré de la manière suivante :
Ü le département de la « direction », sis à Haren ;
Ü un département de « coordination », sis à Haren, qui dépendra directement du Chef de Service et qui est en cours de création ;
Ü un département BCO ou « coordination des opérations », sis à Rogier ;
Ü un département « réseau », avec les sous-sections suivantes : (1) le « contrôle des titres de transports » et « complément patrouilleurs » sis à Rogier, soit 80 personnes ; (2) le service « intervention », sis à Haren, soit 42 personnes ; (3) le service « de la brigade canine », sis à Haren, soit 12 personnes ; (4) le service « anti-vandalisme », sis à Haren, soit 15 personnes ; (5) « l’unité de formation », sise à Haren, soit 4 patrouilleurs-formateurs, dépendant directement du Chef de service ; (6) un « secrétariat », sis à Haren, soit 4 secrétaires dépendant directement du responsable précité ; (7) une « unité gestion fraude », sise Avenue de la Toison d’Or 19, soit 15 personnes ; (8) une « cellule qualité », sise à Haren ; (9) une « unité transport interne », sise à Haren, soit 8 personnes ; (10) une « unité gardiennage », sise à Haren, soit 16 personnes ; (11) une « unité prévention », sise à Haren, soit 12 personnes ; (12) une « unité de stewards », sise à Rogier, soit 88 personnes (68 unités engagées dans un programme de transition professionnelle –PTP – et 20 dans le cadre d’un contrat subventionné – ACS).
Nous évoquions déjà ce point précis dans nos conclusions précédentes mais en outre notre observation réactualisée permet de formuler un certain nombre de commentaires.
On a créé une unité « qualité » qui traite désormais l’élaboration
des règlements d’ordre intérieur, les instructions, les procédures, les descriptions
de fonction, le contrôle « qualité » et les formations dispensées
par l’unité « formation » [66] .
L’ensemble des règlements et instructions est actuellement réactualisé et
fera prochainement l’objet d’un fascicule mis à la disposition de tous les
agents (initialement prévu pour le deuxième semestre 2001) [67] . Ce
fascicule sera soumis à des mises à jour permanentes. La mission de ce service
est de faire comprendre au personnel du SCG qu’il ne doit plus se positionner
vis-à-vis du voyageur dans une optique policière mais commerciale. Il nous
sera d’ailleurs spécifié qu’un nouveau membre du SCG doit d’abord être formé
au contrôle des tickets avant même d’être versé dans une unité spécialisée
comme une « patrouille d’intervention » par exemple.
La clientèle doit en principe avoir une perception plus claire des unités d’exécution du SCG. Le personnel est équipé de blousons (anoraks) de couleurs différentes selon l’affectation [68] :
L’unité « sécurisation » ou celle des stewards [69] est
identifiable par la couleur jaune des vestes : ces derniers, au nombre
de 88, sont soit engagés sous un contrat ACS (68 contractuels subventionnés)
soit sous un contrat PTP (20 unités sous le programme de transition professionnelle).
Le responsable du service regrette cependant que le service du personnel qui
les embauche ne prenne pas suffisamment de précautions et, de ce fait, parmi
ces stewards, on retrouverait des personnes totalement inaptes au service.
L’unité « prévention » [70] , qui entretient des contacts privilégiés
avec divers établissements scolaires notamment, est reconnaissable à sa veste
de teinte verte.
L’unité « installation » possède des vestes de teinte bleue [71] . C’est en fait
« le service interne de gardiennage » (SIG) de la STIB. Il est composé
de 17 agents ou « gardes » dont 8 sont également assermentés, ce
qui est ambigu pour un service de gardiennage : ces derniers ont été
mutés dans cette unité, venant d’une patrouille d’intervention ou d’une patrouille
de contrôle, sur base de l’âge. Les membres de cette unité ne rédigent plus
aucun rapport mais uniquement des rapports de surveillance. Une section est
basée au siège de Haren, une autre au siège de la société, Avenue de la Toison
d’Or. Leurs missions consistent dans l’accueil des visiteurs, la fermeture
et l’ouverture du complexe, sa surveillance et le transport du courrier en
interne. Un seul véhicule leur a été affecté.
L’unité « réseau » [72] est composée de 4 catégories d’agents,
tous porteurs d’un mandat de police judiciaire.
Les patrouilleurs d’intervention sont des agents plus spécialisés, vêtus d’une veste de teinte bleue, dont la mission principale est la sécurisation du personnel et des voyageurs. Ils gèrent en temps réel les incidents qui surviennent sur le réseau tant dans les véhicules que dans les stations de métro ou dans les installations STIB. Ils assurent également la surveillance des stations de métro et pré-métro, la fermeture et ouverture de celles-ci ainsi qu’une présence effective lors de prestations en collaboration avec la police. Cette section, forte d’un effectif de 42 unités (6 chefs patrouilleurs et 36 patrouilleurs) présentes en permanence sur le réseau, dispose de 5 véhicules d’intervention rapides équipés de gyrophares et avertisseurs bitonaux. Elle travaille tant au niveau du roulage que dans le domaine du contrôle des tickets. À titre exemplatif, cette section a rédigé en 2000, 4 007 rapports de « fraude » et 4 122 rapports de roulage.
Les patrouilleurs de la brigade canine ont pour mission principale de sécuriser le personnel de conduite, aux terminus extérieurs par exemple, et celle des voyageurs. Ils ont une mission de dissuasion. Vêtus eux aussi d’une veste de teinte bleue, le chef patrouilleur et ses 12 patrouilleurs sont maîtres-chiens et brevetés de l’école de police de Bruxelles. La présence de cette unité sur le réseau s’étale tous les jours de 10h00 à 18h00. Quatre véhicules d’intervention rapide sont spécialement équipés pour le transport des chiens. Les patrouilleurs de la brigade canine sont également sollicités pour diverses manifestations (matchs de football, par exemple). Ils interviennent aussi lors d’incidents graves ou encore d’alarmes intrusion dans les dépôts ou les ateliers. Une formation continue est dispensée pour garder à chaque unité la maîtrise de son animal.
Les patrouilleurs de la brigade anti-vandalisme travaillent en civil. Un chef patrouilleur et 14 agents ont pour mission principale la recherche et la constatation des infractions liées au vandalisme, au vol à la tire ou autre plainte des voyageurs pour lesquelles ils informent les autorités policières compétentes. Ils se déplacent dans deux véhicules d’intervention anonymes équipés d’un gyrophare et d’un bitonal.
Les patrouilleurs de la section contrôle [73] revêtus d’une veste bordeaux, sont regroupés en une section de 10 chefs patrouilleurs et 70 agents répartis dans deux plages horaires afin de couvrir le réseau au moment des fortes affluences. Bien que possédant un seul véhicule également équipé d’un bitonal et d’un gyrophare, ces agents se déplacent souvent en transport public tant en surface qu’en réseau souterrain et sont spécialisés dans le contrôle des tickets. Ils travaillent en équipes composées de 5 agents et d’un chef patrouilleur : des secteurs particuliers leurs sont attribués chaque jour. Un des critères d’attribution du secteur peut, par exemple, résider dans le constat qu’une ligne devient moins sécurisante pour les voyageurs. Ces patrouilleurs collaborent régulièrement aux opérations de contrôle mises sur pieds par la police fédérale lors d’un contrôle général d’une station. Cette section de contrôle ne rédige que des rapports de fraude : en 2000, on comptabilise le chiffre de 81 436 rapports de « fraude » enregistrés pour 61 192 en 1999.
Des contacts subsistent toujours entre le SCG, l’unité de police fédérale du métro [74] et les dirigeants des six zones de police à Bruxelles. Une réunion est normalement programmée chaque mois sous la présidence du responsable du SCG. Ce dernier, qui se définit comme la « personne de contact » entre son service et la police, voudrait que ces relations aillent en s’améliorant davantage dans l’intérêt de la clientèle transportée. La règle qui régit les rapports entre le SCG et la police est axée sur le principe général selon lequel la police locale intervient en surface et la police fédérale dans les installations du métro, les membres du SCG devant avertir les fonctionnaires de police le plus rapidement possible pour que ceux-ci prennent la réquisition en charge. Le responsable de la police fédérale a constaté que le principe en question était bien appliqué au niveau des membres du SCG. Parfois, cependant, certains fonctionnaires de police estiment que la réquisition est fastidieuse, surtout lorsqu’il s’agit par exemple d’une intervention pour un titre d’identité non exhibé par un voyageur.
Le chef de service du SCG organise chaque semaine des réunions de concertation et de coordination avec les responsables de toutes les sections de son département.
Les rapports rédigés au sein du SCG sont de deux types : les constats de « fraude » et les constats des contraventions de roulage.
Ces rapports sont rédigés par le verbalisant et ne sont transmis au parquet de police qu’après 3 cas de récidive (c’est un accord pris entre le SCG et le parquet de police). Le principe adopté est donc de conserver le rapport au service administratif « gestion des infractions » et la transaction se réalise au sein de la STIB. En 2000, le parquet de Bruxelles a réceptionné 1 890 rapports de « fraude STIB » et tous ces dossiers ont fait l’objet d’une citation à l’audience.
L’agent rédige son rapport et transmet ce manuscrit [75] au même service administratif précité. Celui-ci introduit alors une demande d’identification du titulaire de la marque d’immatriculation à la POLFED du métro, ce qui n’est pas vraiment orthodoxe. Le rapport est complété avec surcharge et est ensuite contresigné par une personne responsable désignée au sein du service. Dans les huit jours, une copie du devoir est transmise au contrevenant et l’original au parquet. En 2000, le parquet a réceptionné « 5 985 rapports de roulage STIB » dont 335 ont fait l’objet d’une citation à l’audience.
Au service « gestion des infractions », il existe un fichier comptable
dit des « récidivistes » reprenant les identités des voyageurs récalcitrants
au paiement de leur ticket de transport.
Un enregistrement des communications tant radio que téléphoniques se fait
au service du BCO (dispatching à Rogier). Le responsable du SCG explique à
ce sujet qu’une procédure stricte a été établie, que les bandes sont conservées
durant un mois seulement et que leur accès n’est possible que par quelques
personnes, dont lui-même et le Directeur général, ce qui n’est pas vraiment
orthodoxe non plus. Il nous fait aussi savoir que les voyageurs sont filmés
pour une question de sécurité par des caméras visibles dans les stations et
dans les véhicules. La Commission pour le respect de la vie privée aurait
été avertie de cette manière de procéder. À l’heure actuelle, la POLFED travaille
toujours comme dans les années antérieures : elle surveille le réseau
par le truchement d’écrans de télévision dont les images sont traitées, triées
et enregistrées par le service BCO du SCG. Il existerait cependant une étude
en cours à la STIB dans le cadre des marchés publics et relative à l’achat
d’un matériel plus performant destiné à équiper la POLFED du métro. Celle-ci
pourrait ainsi traiter elle-même les données vidéo-filmées car actuellement,
l’exploitation de ces dernières nécessite toujours la délivrance d’un réquisitoire
du parquet.
Sur base des différents éléments recueillis, le Comité permanent de contrôle des services de police a entendu se pencher plus avant sur la question du fonctionnement du service de sécurité de la STIB au moyen : (1) d’un examen de l’enquête interne menée au sein de la STIB ; (2) d’un inventaire des moyens utilisés par ce service ; (3) du contrôle du fondement légal de ses interventions ; (4) de la collecte des informations pertinentes.
Ces opérations ont été précédées d’une concertation avec le président du
conseil d’administration de la STIB, qui a transmis les résultats de l’enquête
interne au Comité permanent P en même temps que les conclusions de l’analyse
d’efficience réalisée par le bureau Team Consult.
En ce qui concerne les infractions pénales éventuelles, le Service d’enquêtes
P a mené une information sur réquisition du procureur du Roi de Bruxelles.
La visite des installations et des bureaux du service de sécurité de la STIB
sis à Haren, qui a duré plusieurs jours, a permis de clarifier le fonctionnement
et la structure de l’organisation ainsi que les comportements du personnel
du service de sécurité.
Le Chef de service et différents autres responsables de la STIB ont eu connaissance de la teneur d’une partie des considérations émises dans notre rapport n°29610/00. Il estime, pour sa part, que la base légale déterminant les missions judiciaires de son personnel est suffisante. Il nous renvoie aussi sur ce point précis au service juridique où il nous fut expliqué que tous les membres du personnel exerçant une fonction d’exécution au SCG sont assermentés [76] et donc porteurs d’un mandat de police judiciaire sans être revêtus de la qualité d’officier de police judiciaire (OPJ). Il en va de même des chefs de service, dont la responsable du service juridique. Cette assermentation est parfois pro forma, notamment en ce qui concerne cette dernière.
Vu la réorganisation du paysage policier en cours depuis l’année 1998, le
Comité permanent P a d’abord réorienté ses enquêtes en matière de police des
transports avant de leur donner une nouvelle vigueur. Il a communiqué ses
constatations et ses conclusions intermédiaires aux différentes autorités
ou instances compétentes. Il a enfin regroupé les différentes enquêtes en
cours en une seule où les points suivants sont pris en considération :
(1) l’exercice de la fonction de police des transports ; (2) le degré
de professionnalisation des fonctionnaires de police concernés. À cet égard,
le Comité permanent P est amené à s’intéresser notamment à la manière dont
les anciennes polices des chemins de fer et maritime furent intégrées à la
gendarmerie [77] ;
(3) l’interaction entre les fonctionnaires de police, les fonctionnaires à
compétence de police et d’autres intervenants sécuritaires, notamment les
membres des services internes de gardiennage concernés ; (4) la légitimation
des fonctionnaires de police ou à compétence de police concernés [78] , etc.
Au fil des derniers mois, le Comité permanent P et son Service d’enquêtes
ont eu plusieurs contacts et réunions de travail avec différents responsables
du service de sécurité de la STIB, de la police des chemins de fer et de la
SNCB. Ils doivent encore apporter un certain nombre de précisions à propos
de l’exercice des compétences de police et du fonctionnement des services
à compétence de police au sein de leur organisation avant que nous puissions
procéder à une nouvelle confrontation des points de vue.
À l’occasion des rencontres avec nos interlocuteurs, il leur a été chaque fois précisé que le but de nos rencontres était de porter à leur connaissance que le Comité permanent P a décidé de procéder à une réactualisation rapide de l’enquête de contrôle sur le fonctionnement du SCG, d’une part en analysant si la base légale qui sous-tend l’exercice de ses missions judiciaires est suffisante et d’autre part en procédant à la description des activités policières réalisées et de celles relevant de la sphère du gardiennage, problématique évoquée lors de la rencontre du 19 décembre 2000 entre le Comité permanent P et les responsables de la STIB.
Le dernier incident, précédemment évoqué, a amené le Comité permanent de contrôle des services de police à procéder à quelques dernières vérifications. Cet incident fait d’ailleurs l’objet d’un rapport distinct.
17.1.1. Le Service Police Chemins de fer (SPC) de la police fédérale,
qui est le prolongement de la précédente police des chemins de fer (SNCB),
intégrée effectivement le 30 juin 1999 à l’ancienne gendarmerie, devenue police
fédérale. Toutefois, la SPC avait repris les tâches policières de la police
des chemins de fer dès le 1er mars 1999. Ces dispositions ont été
prises en application de la loi du 17 novembre 1998 portant intégration de
la police maritime, de la police aéronautique et de la police des chemins
de fer dans la gendarmerie.
Nous en déduisons que la SPC assure la fonction de police, exécute les
tâches policières y afférentes sur le réseau exploité par la SNCB (cf. loi
de 1891) et se préoccupe des problèmes de police liés au transport par voie
ferrée.
17.1.2. Le service interne de gardiennage (SIG) de la SNCB, dénommé B-SECURITY. La loi du 10 avril 1990 sur les entreprises de gardiennage, sur les entreprises de sécurité et sur les services internes de gardiennage, conformément à ses prescriptions, s’applique au SIG. En d’autres termes, la Police Générale du Royaume (PGR) exerce un droit de contrôle sur les membres de son personnel. La législation et la réglementation en la matière prescrivent que les membres du personnel des entreprises de gardiennage s.l. doivent notamment satisfaire à des exigences de formation. Même le personnel dirigeant doit détenir une attestation « personnel dirigeant » [79] . Le ministère de l’Intérieur, à l’intervention de la Police Générale du Royaume, a délivré les attestations requises.
17.1.3. La Société Nationale des Chemins de Fer Belges, Direction
générale des affaires juridiques, ne détient en réalité aucune compétence
de police, contrairement au passé.
Toutefois, sur la base de sa compétence, il peut formuler à l’attention du
personnel du SIG des recommandations concernant la manière dont le service
est assuré. Il veille aussi à diligenter certaines procédures judiciaires.
17.1.4. Il y existe un groupe relativement important de porteurs d’un
mandat, soit quelque 1 500 personnes, qui jouissent d’une compétence
de police limitée ratione loci (site du chemin de fer) et ratione materiae
(contrôle de la validité du titre de transport). Ces membres du personnel
prêtent serment devant un juge de paix, en principe devant celui du lieu où
s’exerce leurs activités, c.-à-d. celui du lieu de leur affectation.
D’autres intervenants de la SNCB pourraient aussi très utilement être dotés
de compétences limitées de police judiciaire.
Il n’existe manifestement toujours pas de prescriptions en matière d’interventions
pour des alertes à la bombe et autres incidents. Cette problématique [80]
ne fait pas encore l’objet d’une réglementation claire. Les managers régionaux
de la SNCB ne sont pas impliqués dans la concertation, pour laquelle il n’existe
par ailleurs aucune procédure. En outre, ils n’informent pas toujours les
membres de la SPC de la police fédérale de tous les incidents relevant de
leur sphère de compétence et devant être portés à la connaissance de la SPC.
Deux points doivent également encore être définis : quelles sont les
mesures à prendre, dans quels cas et quel est le responsable de l’exécution ?
L’ensemble de nos interlocuteurs estimait l’implication du manager régional
de la SNCB indispensable dans la concertation puisqu’il est un des premiers
acteurs concernés. Il est, en effet, responsable du transport des biens et
des personnes de la SNCB.
Il conviendrait de préciser également dans la procédure de concertation que
les managers régionaux doivent informer le service SPC du moindre incident
de leur ressort. Afin d’éviter toute discussion en la matière, il importerait
de dresser une liste d’incidents et de réactions appropriées.
La prise de décision en cas d’alerte à la bombe constitue, en fait, d’abord
une compétence de l’autorité de police administrative, mais celle-ci renvoie
cette compétence, en général du moins, à la SPC et demande à cette dernière
de prendre les décisions qui s’imposent. Le DIRCO (directeur administratif-coordinateur)
n’exerce aucune compétence d’intervention directe en qualité d’officier de
police administrative.
C’est le plus souvent les membres du personnel du dispatching de la SNCB (direction
de la circulation) qui reçoivent les communications relatives à des incidents
telles que des alertes à la bombe. Ils ne disposent pas d’une formation en
matière de sécurité ou de police et leurs réflexes vont par conséquent dans
le sens de l’impact de cette communication pour la SNCB. Tous les appels relatifs
à un incident doivent se faire en principe via la Cellule centrale de communication
(CCC) pour le SIG. Il n’existe pas davantage de directive en matière d’information.
Il convient de préciser avant tout que l’on entend par sécurité en général la sécurité du personnel de la SNCB et celle des voyageurs, tant durant le transport que dans l’infrastructure et aux abords de celle-ci. D’après les informations rassemblées, le ministre de l’Intérieur verrait la problématique de la sécurité au sein de la SNCB comme une question concernant cette dernière. La direction de la SNCB pense en revanche qu’il s’agit d’un problème relevant des compétences du ministère de l’Intérieur et de la police. Finalement, le ministre de l’Intérieur aurait décidé que la sécurité concernait les autorités locales. Une circulaire devait été publiée à ce propos au début du mois d’octobre dernier.
À l’heure actuelle, un accompagnateur de train, en cas d’agression par exemple,
ne peut contacter aucun membre du service SPC, ni par téléphone ni par radio,
car les systèmes ne sont pas compatibles. La solution reste le GSM, mais tous
les membres des services concernés ne possèdent pas ce type d’appareil.
La problématique de la communication technique et des connexions
pourrait être résolue par l’instauration du système ASTRID.
Dans l’attente de cette solution, un système de communication efficace s’impose.
La dualité fonctionnelle subsiste toujours dans l’esprit des membres de l’ancienne
police des chemins de fer. D’une part, ils se voient comme des officiers
de police (avec une attitude et une culture de crime-fighter) et
d’autre part, ils ont leur passé d’employé des chemins de fer.
Il en va de même pour ceux qui sont entre-temps devenu membres de la SPC –
police fédérale. En outre, une partie importante de l’ancienne police des
chemins de fer est restée à la SNCB, la majorité d’entre eux étant devenus
membres du SIG.
Il existe donc toute une série de sensibilités dont il faut tenir compte au
niveau du personnel dirigeant. Qui plus est, on a mal estimé la différence
de culture entre les deux types d’acteurs de la « petite » intégration.
La place des syndicats dans l’organisation constitue l’une de ces différences
de culture. Dans l’ancienne police des chemins de fer, le syndicat formait
immuablement le troisième interlocuteur d’un débat entre la direction de la
SNCB et les travailleurs. Il était, de notoriété publique, particulièrement
puissant au sein du système, à l’inverse de la police fédérale, où les syndicats
ne participaient pas directement aux questions relatives à l’organisation
du service.
Un autre exemple de différence de culture réside dans les relations au quotidien,
bien moins formelles (= fonctionnelles) au sein de la SNCB qu’à la police
fédérale, nettement plus hiérarchisée.
La question qui se pose donc est de savoir si les différences de culture existantes
dans les deux organisations ont suffisamment été étudiées. La formation et l’entraînement commun permettraient
d’améliorer quelque peu la situation.
En outre, certains membres de l’ancienne police des chemins de fer n’ont
jamais pu mener à terme leur formation de police. En effet, l’ancienne politique
de la direction de la SNCB consistait, pour les branches relatives à la circulation,
à ne pas faire passer d’examen au personnel de la police des chemins de fer
devant suivre sa formation de base dans une école de police existante.
Il semble utile de permettre à ces personnes de terminer leur formation en
vue d’une certaine reconnaissance et d’une intégration optimale.
Chaque nouveau membre du personnel de la SPC reçoit, avant son affectation, une formation particulière qui se répartit comme suit : (1) gestion de la violence : 1 jour (pratique) ; (2) matières relatives aux chemins de fer : 4 jours ; (3) législation spéciale : 3 jours ; (4) techniques d’intervention : prescription en matière de contrôle frontalier : 5 jours.
Il est à noter qu’à long terme, la partie matières relatives aux chemins de fer s’avérera insuffisante. Il est indispensable de connaître parfaitement son terrain de travail. Ce qui est regrettable, c’est qu’à long terme, la connaissance et la capacité de certains membres de l’ancienne police des chemins de fer sera perdue. Certains d’entre eux avaient, au terme d’une longue formation en tant que personnel SNCB, non seulement suivi les cours de l’école de police mais également obtenu le brevet du degré moyen en criminologie.
La qualité de l’intégration de la police des chemins de fer dans la police
fédérale est également déterminée par la formation de l’ensemble des acteurs,
leur volonté de coopération et leur souhait de fournir un produit de qualité
à chacun, bref, la qualité et la réussite sont fonction de la personne.
L’instauration d’un bulletin de service était un des sujets de mécontentement
au sein de l’ancienne police des chemins de fer. À présent, le bulletin de
service serait utilisé mais sous une forme moins détaillée que les anciennes
fiches de travail.
Le grand problème résidait dans le contenu et donc dans les missions
inscrites dans ce bulletin de service plutôt que dans le formulaire utilisé.
La direction de la SPC pense effectivement qu’elle ne doit pas s’occuper de la police de
proximité dans une gare et dans les environs immédiats. Il est aussi important
de préciser la position de la direction, qui estime que c’est au SIG de résoudre
ces problèmes alors que cette matière ne rentre pas dans sa sphère de compétences.
L’apport de la police locale dans ce schéma doit également être déterminé
ou précisé. Comme évoqué ci-dessus, la SPC n’assure en fait plus
une fonction de « police de proximité ». Quant au SIG, il
n’est pas habilité à exécuter des tâches policières.
La mission de base de la police des chemins de fer consiste, quant à elle,
à protéger les voyageurs et le personnel. Il s’agit du fondement de l’accord
entre le gouvernement belge et la SNCB. Or, l’implantation des différents
postes SPC ne permet toujours pas d’assurer un service efficace.
En outre, les directives de la direction de la SPC et l’appartenance de cette
dernière à la police fédérale impliquent qu’elle ne participe pas à un service de proximité. Mais est-ce bien conforme à la volonté initiale
du législateur ?
Comme souligné précédemment, le Service interne de gardiennage n’exerce aucune compétence de police et ne peut donc pas intervenir dans l’état actuel des choses ; ainsi par exemple dans les cas suivants : perte d’une carte d’identité, vol de bagages, détérioration de biens, refus de paiement, refus de montrer sa carte d’identité, etc. Autant de cas qui sortent de la sphère de compétence du SIG et pour lesquels les membres de la SPC ne veulent ou ne peuvent pas intervenir et où, en pratique, ils n’interviennent que rarement et dans des délais longs voire trop longs.
En ce qui concerne les interventions de la SPC – police des chemins de fer de la police fédérale, le principe « d’économie » est particulièrement présent dans la politique de gestion. Ce principe est en général appelé maîtrise de la capacité. C’est pourquoi certains membres dirigeants interdisent que la police de proximité fasse partie des missions de la SPC, qui doit, selon eux, s’occuper exclusivement de trafic de drogue, de personnes en séjour illégal, du trafic d’êtres humains, etc.
En ce qui concerne l’implantation des postes et le personnel disponible,
nous avons constaté certains faits significatifs. Il n’existe par exemple
aucun poste SPC dans les gares de Bruxelles-Central et de Bruxelles-Nord.
La brigade Métro de la police fédérale et la section Eurostar devraient faire
partie sous peu de la SPC de la gare de Bruxelles-Midi. Ensuite, il n’y aura
plus d’extension. Dans les autres grandes gares de Bruxelles, il n’existe
aucune présence policière permanente.
Au total, la gare du Midi compterait quatre-vingts policiers, dont un commissaire,
douze inspecteurs principaux et soixante-sept inspecteurs.
À titre d’illustration de la politique relative à l’implantation
des équipes SPC, l’exemple de la gare de Louvain est à relever. Celle-ci compte
six membres du personnel, travaillant par équipes de deux. Leurs activités
ne se limitent pas à la gare de Louvain, ils doivent également intervenir
à Hasselt, où personne n’est actuellement en service. Ils sont également censés
prêter main-forte occasionnellement à Anvers et régulièrement dans le Brabant
Wallon. Qui plus est, ils sont compétents pour toutes les gares SNCB situées
entre ces villes. Il va sans dire que, dans de telles conditions, les délais
d’intervention sont, presque par essence, trop importants.
L’un des éléments déterminant le jugement du citoyen quant à la qualité du service de police réside évidemment dans les délais d’intervention, généralement anormalement longs ou en tout cas, perçus comme tels. Ce problème pourrait par exemple être résolu par l’instauration d’un service SPC dans chaque gare importante. Le personnel devrait également avoir présent à l’esprit que lorsqu’un train est stoppé, les opérations sur place ont la priorité et doivent être menées à bien avec la plus grande célérité. Un convoi de train pourrait poursuivre sa route plus rapidement si on se limitait aux opérations dites pertinentes. La plupart des membres de la SPC ne saisissent toujours pas l’importance de centaines de voyageurs bloqués, y compris les véhicules arrêtés aux passages à niveau et informent par ailleurs les magistrats des parquets dans cette optique. Le ministère public et le ministre de la Justice ne devraient-ils pas être mieux informés sur la question avant de donner des directives appropriées pour les aspects de la problématique relevant de leur compétence ou de leur autorité ?
Les membres SNCB de la police des chemins de fer transférés à la police fédérale
ont expliqué que les conditions de travail générales s’étaient sensiblement
améliorées. La plupart du temps, ils ont ajouté qu’ils étaient désormais plus
« policiers » qu’avant. Ils estimaient également que l’intérêt commercial
de la SNCB était moins marqué. Ils perdaient toutefois de vue le fait qu’il
n’est pas question d’intérêt commercial en ce qui concerne la circulation
intérieure des voyageurs. La SNCB a, sur ce plan, conclu un accord avec l’État
belge.
Dès le début de la division des deux services, in casu la SPC de la
police fédérale d’une part et le service SIG de la SNCB d’autre part, la coopération
entre les membres du personnel des deux services ne fut pas optimale. Ces
difficultés étaient moins liées à leurs structures propres qu’à la division
mathématique de l’organisation existante en deux parties identiques.
La police des chemins de fer, qui comptait 316 membres en mars 1999, a été
divisée en deux parties identiques, soit 158 personnes pour la SNCB et 158
pour la police fédérale.
L’étude à l’origine de cette division avait démontré que la moitié du travail
de la police des chemins de fer consistait en missions de police judiciaire
et l’autre moitié en opérations liées au chemin de fer.
Auparavant, les membres de la police des chemins de fer jouissaient d’une
compétence de police, tout en étant spécialisés dans les matières liées au
chemin de fer. À présent, les membres du SIG ont perdu cette compétence et
sont dès lors devenus de simples citoyens. Cette situation a été difficile
à accepter pour la plupart d’entre eux, ce qui s’est répercuté sur les relations
de coopération entre le SIG et la SPC. Certains membres devenus policiers
fédéraux à la SPC n’hésiteraient pas à narguer voire à provoquer leurs anciens
collègues à ce sujet. La question de la verbalisation hâtive sur la base de
la loi du 10 avril 1990 donne actuellement lieu à différentes vérifications
complémentaires.
Il faut aussi se rendre à l’évidence, les membres du SIG, qui ne disposent
plus de la moindre compétence de police, n’ont pourtant pas totalement perdu
leurs réflexes d’anciens policiers à compétence de police spéciale et limitée.
Une comparaison de la réglementation ou l’existence d’une circulaire
relative aux accidents mortels, aux suicides et aux actes désespérés traités
par l’ancienne police des chemins de fer et l’actuelle SPC, met en lumière
des méthodes de travail différentes.
L’ancienne gendarmerie – police fédérale commençait par bloquer complètement
la circulation avant d’isoler un périmètre. Elle ne s’embarrassait pas d’un
quelconque souci de mobilité ou de fluidité du trafic, au contraire de l’ancienne
police des chemins de fer, qui s’efforçait de rétablir la circulation du train
dans les meilleurs délais.
Plusieurs membres de la police des chemins de fer ont, dans le passé, toujours affirmé que la SNCB faisait passer ses intérêts commerciaux avant tout le reste. Pourtant, il est aussi incontestable que des centaines d’usagers des transports en commun sont mis en retard lors de l’arrêt d’un train, que les répercussions sur l’ensemble du réseau et sur la bonne police de la cité peuvent être énormes.
Il est aussi à remarquer que la police des chemins de fer de Bruxelles n’avait pas connaissance de l’existence d’un service du type « Service interne de gardiennage » de la STIB/MIVB, bien que ce service soit comparable au SIG (B-SECURITY) ; ses compétences seraient même plus étendues.
Un plan de sécurité devrait conditionner les interventions du SIG et de la SPC. Quant à la répartition des tâches, elle devrait e.a. être basée sur la spécificité de chacun.
Finalement, il conviendra de fixer une méthode de travail tenant compte des intérêts de l’ensemble des parties concernées.
La SNCB ne reçoit plus copie des procès-verbaux. L’unité conserve un exemplaire et le reste est envoyé au parquet. Les sections de la police des chemins de fer ont chacune leur numéro de saisie et travaillent via le CIA – Carrefour d’information d’arrondissement, où les signalements sont définis. Cette méthode de travail permet de résoudre un grand point de friction.
Nous avons également constaté qu’en cas de dommages au matériel ou aux installations
de la SNCB, le service juridique de la SNCB ne reçoit manifestement aucune
copie ni résumé succinct. Il n’est même pas informé du simple fait.
La procédure normale de traitement d’un dossier de dommages prévoit pourtant
que la partie préjudiciée, en l’espèce un représentant de la SNCB, soit entendue
à propos des dommages subis. Les données pertinentes doivent ensuite
être consignées dans le procès verbal d’audition afin de permettre un dédommagement.
Enfin, lors de la clôture de ce dossier, une copie doit être remise à la personne
auditionnée, en application de la loi Franchimont.
Aucune donnée relative à l’auteur d’un fait ou autre ne figure dans le procès-verbal
en question. Qui plus est, le destinataire du procès-verbal est soumis à une
obligation de discrétion et doit servir les intérêts du Service public.
Certaines compétences menacent de disparaître lors de la modification du
paysage policier. Ainsi par exemple la connaissance et les données en matière
de graffitis. Ce projet a été mis au point et géré notamment par un
membre du SIG Bruxelles et un membre du SIG Hasselt.
En ce qui concerne les graffitis sur le matériel de chemins de fer ou les
bâtiments des gares, la situation est telle que les membres du SIG constituent
un dossier afin que leur chef puisse aller porter plainte à la SPC.
La rédaction d’un procès-verbal prend généralement du temps… quand on le rédige.
En outre, la problématique des graffitis ne concerne pas seulement la SNCB.
Tous les ans, la SNCB dépense quelque 40 millions de francs belges – soit
plus de 3 500 BEF par m2 – pour le nettoyage des
surfaces. Par la suite, De Lijn, l’Administration des Routes et la gestion
des bâtiments de la Région Flamande se sont intéressés à ce projet. Or, la
connaissance de la problématique risque de se perdre complètement.
Il est ressorti au cours de plusieurs entretiens que plusieurs membres du cadre dirigeant de la SNCB ont l’intention de développer le service interne de gardiennage. C’est la raison pour laquelle la SNCB a commencé à recruter du personnel additionnel. À Bruxelles également, une trentaine de personnes serait engagée en vue d’assurer la sécurité des voyageurs dans la région de Bruxelles-Capitale.
Il est également nécessaire de vérifier les compétences de chacun car certains
membres de l’ancienne police des chemins de fer, officiers de police judiciaire
(OPJ) ou officiers de police administrative (OPA), conservent leur qualité
lors de leur transfert à la SPC.
La plupart de ces personnes n’ont pas reçu de formation particulière
pour l’obtention de cette qualité. La question qui se pose dès lors est de
savoir s’ils la conservent lorsqu’ils ne travaillent plus à la SPC, par exemple
à la suite d’une mutation vers un autre service.
Il est arrivé en pratique qu’un membre de la police des chemins de fer passe
en juin 1999 à la police fédérale et soit nommé maréchal des logis. Il était
officier de police judiciaire auprès de l’ancienne police des chemins de fer ;
en tant que maréchal des logis, il conservait cette qualité à la SPC de la
police fédérale.
D’un point de vue humain aussi, il conviendrait de se pencher sur la question.
La plus jeune prostituée avait 20 ans, la plus âgée 57 ans, la majorité se situant dans la trentaine.
Annexe
F : communiqué de presse du Comité permanent P concernant une personne entendue
en ses locaux par un enquêteur
Avec beaucoup d’intérêt, le Comité permanent P a pris connaissance de différentes informations relatives à « l’arrestation » ou à « la dénonciation » par le Comité permanent P d’une personne en séjour illégal.
Conscient de l’importance du débat de fond sur le droit de dénoncer certains abus ou excès de pouvoir et certaines atteintes aux droits fondamentaux de l’homme, le Comité permanent P souhaite examiner la question en profondeur et dans toute sa complexité et, conformément à ses missions légales, en faire rapport au Parlement. Il avait d’ailleurs déjà pris une décision expresse et formelle à cet égard et en avait avisé le Président de la Chambre.
Par souci de transparence, dans le respect des responsabilités de toutes les parties concernées, loin de tout esprit de polémique cependant, le Comité permanent P estime qu’il doit apporter un certain nombre de précisions quant à la question de principe soulevée ainsi qu’aux faits évoqués.
Toute personne confrontée à quelque forme que ce soit d’abus ou de dérive dans l’exercice de la fonction de police, voire sécuritaire, au sens large, devrait pouvoir exposer librement la situation et le problème qui le touchent devant une institution ou un service neutre et indépendant externe aux services de police. La fixation du cadre institutionnel légal dans lequel ceci doit pouvoir se faire appartient en outre clairement à une institution démocratiquement élue, tel le Parlement. Indépendamment de l’homme concerné en l’espèce – et de sa détresse ou de sa souffrance –, l’affaire évoquée a pour le moins le mérite de susciter la réflexion et, nous l’espérons, un débat en profondeur à propos de la problématique.
Tout en précisant avec vigueur que le Service d’enquêtes du Comité permanent P est partie intégrante du Comité permanent P, il souhaite toutefois souligner que tous les enquêteurs de ce Service sont officiers de police judiciaire, auxiliaires du procureur du Roi et que, lorsqu’ils interviennent à ce titre, ils ne sont pas soumis à son autorité. En revanche, ils sont strictement tenus de respecter les obligations générales incombant à tout fonctionnaire de police constatant une infraction.
Dans la délicate situation humaine et juridique évoquée, le Service d’enquêtes du Comité permanent P intervenait dans le cadre d’une instruction judiciaire diligentée par un juge d’instruction contre des fonctionnaires de police. Dans ce contexte, tout membre du personnel du Service d’enquêtes intervient dès lors en sa qualité d’officier de police judiciaire, auxiliaire du procureur du Roi ou d’officier public, tenu de respecter la loi et, plus particulièrement en l’espèce, le Code d’instruction criminelle.
Compte tenu de l’ensemble de ces circonstances, du contexte juridique et factuel actuel, il n’y a eu dans cette affaire ni plainte ni dénonciation au Comité permanent P ni même à son Service d’enquêtes : le membre de ce dernier étant en fait et, conformément à la loi, intervenu en toute loyauté, en toute bonne foi et en toute transparence comme officier de police, légalement tenu de dénoncer aux autorités compétentes – et non au Comité permanent P lui-même – les situations délictueuses qu’il constate. En outre, si l’obligation de garantir l’anonymat à un plaignant s’impose en certaines circonstances au Comité permanent P et à son Service d’enquêtes, toujours dans le cas d’espèce, elle n’existait ni en droit ni en fait.
Enfin, que penser d’un officier public chargé de surveiller l’application de la « Loi » par des fonctionnaires de police qui ne respecterait pas la « Loi » ?
Annexe
G : enquêtes marginales
| N° |
N°dossier |
Service de police |
Relation des faits |
Intervention du contrôle interne |
Conclusion du Comité permanent P |
| 1 |
2421/96 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Dans le cadre d’un conflit de voisinage entre un policier et un particulier, plainte du particulier qui prétend que le policier a abusé de sa fonction pour mener une enquête à sa charge. |
Classement sans suite par le contrôle interne après la seule audition du policier. |
Le contrôle interne aurait dû procéder à des investigations plus approfondies. |
| 2 |
11242/98 |
Unité de l’ancienne gendarmerie |
Dans le cadre d’une affaire de mœurs, plainte d’un homosexuel qui reproche à un gendarme en civil de l’avoir provoqué. |
Réponse satisfaisante et rapide à une demande de renseignements du Comité permanent P. |
Pas de remarque. |
| 3 |
3242/99 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Plainte d’une personne signalée au Bulletin Central de Signalements pour recherche du lieu de résidence. Cette personne a été arrêtée à son hôtel, mise en cellule pendant plus de deux heures et finalement remise en liberté sans explication satisfaisante. |
Rappel des instructions par le chef de corps aux officiers sans que ne soit adressée une remarque à l’officier de garde. |
Enquête interne lacunaire et réponse tardive aux demandes du Comité permanent P. |
| 4 |
7490/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Incarcération d’une personne pendant deux heures pour les besoins d’une confrontation avant de la libérer après une confrontation négative. |
Prise de position rapide du chef de corps, qui a conclu à l’absence de faute nonobstant le fait que cette personne n’aurait pas dû être incarcérée. |
Conclusion du chef de corps non partagée par le Comité permanent P, qui examinera cependant la problématique des arrestations dans un cadre plus large. |
| 5 |
12904/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Intervention d’un sénateur auprès du chef de corps à la suite du manque d’empressement d’un policier à rédiger un procès-verbal. |
Reconnaissance par le chef de corps d’un dysfonctionnement et réaction adéquate. |
Lacune consistant dans le défaut d’information du plaignant. |
| 6 |
12904/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Plainte d’un avocat au nom de son client en raison de l’absence d’intervention de la police vis-à-vis d’une personne causant un désordre dans un magasin accessible au public. |
Dysfonctionnement individuel rapidement admis. |
Lacune consistant dans le défaut d’information du plaignant. |
| 7 |
12904/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Mécontentement d’une personne s’étant trouvée dans l’incapacité de quitter son domicile en raison d’un stationnement irrégulier d’un véhicule devant son entrée carrossable. |
Demande d’un complément d’enquête par le chef de corps. |
Manque de suivi du chef de corps quant au devoir complémentaire demandé et lacune consistant dans le défaut d’information du plaignant. |
| 8 |
12904/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Aucune suite donnée à l’appel au 101 d’une personne impliquée dans un différend conjugal. Absence de rédaction le lendemain d’un procès-verbal de plainte pour le motif qu’aucune infraction n’a été constatée. |
Absence d’exécution d’un devoir permettant de prendre une décision et, par conséquent d’informer le plaignant. |
Invitation du Comité permanent P à exécuter un devoir permettant de prendre attitude et, par conséquent, d’informer le plaignant des suites réservées à son courrier. |
| 9 |
13902/00 |
Police communale de la province de Liège |
Plainte d’un particulier pour mauvais accueil par un agent en état d’ivresse et refus d’acter une plainte. |
Absence de dysfonctionnement individuel. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 10 |
14259/00 |
Police communale de la province du Brabant Flamand |
Plainte, d’une part, à l’encontre d’un chauffeur de bus qui a refusé de prendre en charge une personne et, d’autre part, à l’encontre des policiers qui ont appelé une ambulance. |
Réponse rapide du chef de corps. |
Absence d’investigation suffisante. |
| 11 |
15714/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Plainte d’une victime d’une agression à l’égard de policiers ayant fait preuve de laxisme dans l’identification de l’auteur. |
Après enquête interne, proposition au conseil communal par le chef de corps d’une réprimande. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 12 |
16106/00 |
Police communale de la province de Flandre Occidentale |
Plainte à l’égard de policiers qui ont refusé d’intervenir dans le cadre d’un différend entre un particulier et le patron d’un débit de boissons ainsi qu’à l’égard des policiers. |
Classement du dossier après formulation de remarques par le chef de corps aux policiers. |
Réponse tardive du chef de corps à la demande formulée par le Comité permanent P. |
| 13 |
16948/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-capitale |
À la suite de la découverte à Beyrouth d’un véhicule volé en 1999, une demande émanant d’Interpol est adressée au Service général d’appui policier, afin que le propriétaire du véhicule soit averti. Absence de réponse au Service général d’appui policier, qui informe le procureur général. Impossibilité une année plus tard pour la compagnie d’assurance devenue propriétaire du véhicule de récupérer le véhicule. |
Laxisme dans le chef d’un inspecteur principal de première classe. |
Manque de rigueur du chef de corps qui n’estime pas devoir rappeler les instructions au fonctionnaire de police ayant fait preuve de laxisme. |
| 14 |
17406/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Plainte d’une dame à la suite du manque d’intérêt manifesté par la police quant à des menaces proférées par son concubin et à la non-assistance dans le cadre de la récupération des effets lui appartenant. |
Réponse rapide du chef de corps en ce qui concerne la non-assistance dans le cadre de la récupération des objets. |
Enquête incomplète du chef de corps qui ne répond pas à tous les griefs de la plaignante. |
| 15 |
18050/00 |
Police communale de la province de Flandre Occidentale |
Plainte pour non-réception d’une copie de procès-verbal. |
Réponse brève et rapide du chef de corps, qui a conclu à l’absence de dysfonctionnement. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 16 |
20236/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-capitale |
Plainte d’une personne à l’encontre de policiers qui auraient fait preuve de grossièreté et de violence à l’égard du plaignant. |
Classement sans suite du dossier sans avis au plaignant. |
L’attention attirée le 17 janvier 2001 par le Comité permanent P sur la nécessité d’informer le plaignant de la décision intervenue reste sans réponse. |
| 17 |
21730/00 |
Police communale de la province de Flandre Occidentale |
Refus d’acter une plainte de ressortissants anglais, victimes de vol. |
Dysfonctionnement individuel mis en évidence par le contrôle interne. |
Réponse satisfaisante du chef de corps mais cependant quelque peu tardive. |
| 18 |
21752/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Mécontentement d’un officier de la police d’Ixelles qui se plaint de l’attitude d’un membre d’un corps d’une autre police de la Région de Bruxelles-Capitale suite au refus de ce policier de se saisir d’un dossier. |
Le chef de corps du policier à l’égard duquel les griefs sont formulés estime les reproches non fondés. |
Le Comité permanent P n’estime pas devoir s’immiscer dans ce type de conflits de compétence. |
| 19 |
22661/00 |
Police communale de la province du Brabant Flamand |
Disparition d’une somme d’argent prétendument remise par un policier d’un corps de police de la Région de Bruxelles-Capitale résidant dans la province du Brabant Flamand à un policier de cette commune. |
Le chef de corps d’une commune de la province du Brabant Flamand estime ne devoir prendre aucune initiative, le Service d’enquêtes du Comité permanent P investiguant dans la présente cause. |
Pas de remarque. |
| 20 à 50 |
9525/95 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Examen de 30 dossiers de plaintes déposées à l’encontre de policiers communaux ayant fait l’objet d’un traitement par le contrôle interne. |
Plaignant insuffisamment informé des suites réservées aux plaintes. Absence de contact avec le parquet afin de connaître la suite réservée aux procès-verbaux. Rigueur insuffisante dans le traitement de ces dossiers. Carence au niveau de la gestion et du classement des dossiers (pas de numéro, pas d’inventaire). Recours non systématique à l’audition des policiers mis en cause. |
|
| 51 |
6198/98 |
Brigade de gendarmerie de la Région de Bruxelles-Capitale |
Interception énergique d’un automobiliste menotté et ramené à la brigade où il a été soumis à une fouille judiciaire. |
Dysfonctionnement dans le chef des gendarmes selon l’inspection générale de la gendarmerie. Décision de la direction générale du personnel de rappeler à la direction générale des opérations les règles applicables en matière de fouille. |
Le Comité permanent P a jugé opportune la décision de la direction générale du personnel mais a estimé avoir été tardivement informé de cette décision. |
| 52 |
14522/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Accident entre un policier et un autre automobiliste. Arrivés sur les lieux, les policiers ont fait preuve de partialité et n’ont pas laissé s’exprimer l’automobiliste. |
L’objectivité des verbalisants ne peut être mise en cause. |
Opinion non partagée par le Comité permanent P, qui a estimé devoir insister sur le nécessité de faire preuve de plus de neutralité. |
| 53 |
4532/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Attitude grossière lors d’un contrôle. |
Entretien d’un membre du service interne avec les policiers mis en cause sans que ceux-ci n’aient été entendus, ni qu’ait été conservée une trace écrite de l’intervention du contrôle interne. |
Manque de rigueur dans le traitement de ce dossier. |
| 54 |
15309/00 |
Brigade de gendarmerie de la province du Hainaut |
Coups et blessures volontaires et racisme. |
Confrontation non effectuée alors que les versions des gendarmes sont contradictoires et que les déclarations reprises dans le dossier administratif ne correspondent pas à celles du dossier judiciaire. |
Enquête interne lacunaire et tardive. |
| 55 |
16936/00 |
Police communale de la province du Brabant Flamand |
Utilisation d’une arme par un policier en direction d’un chien suspecté d’avoir antérieurement mordu un enfant. Intervention auprès du propriétaire du chien sur son lieu de travail. |
Intervention jugée correcte. |
Manque d’impartialité et manque de rigueur dans la manière de mener l’enquête par le contrôle interne, qui n’a pas jugé opportun d’ouvrir un dossier disciplinaire ni nécessaire de rappeler les consignes en matière d’usage d’armes à feu. |
| 56 |
19041/00 |
Police communale de la province d’Anvers |
Rédaction d’un procès-verbal par un policier (circulant au volant de son véhicule privé) à charge d’un autre usager de la route. |
Admission d’une faute sur le plan déontologique et admonestation du policier par le contrôle interne. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 57 |
22157/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Convocation au commissariat d’une personne suspectée d’être l’auteur d’une infraction en matière de mœurs et relaxée après qu’il ait été constaté que son signalement ne correspondait pas à l’auteur. |
Justification demandée par le contrôle interne aux policiers mis en cause. La demande d’explications adressée aux policiers a mis en évidence trois erreurs cependant non portées à la connaissance du plaignant. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 58 |
25360/00 |
Brigade de gendarmerie de la Région de Bruxelles-Capitale |
Attitude raciste consistant à contrôler à trois reprises le passeport d’un sujet africain. |
Admission d’un dysfonctionnement individuel au terme d’une enquête qui s’est quelque peu éternisée. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 59 |
28773/00 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Refus d’acter une plainte pour le motif qu’il s’agit d’une affaire civile. |
Absence de réaction. |
Manque de suivi de l’affaire par le contrôle interne qui, contrairement à ses promesses, s’est abstenu d’aborder cette problématique lors des réunions de formation. |
| 60 |
4241/01 |
Police communale de Région de Bruxelles-Capitale |
Attitude violente à l’égard d’un automobiliste ramené menotté au commissariat, où il a été soumis à une fouille. Arrestation non mentionnée dans le registre ad hoc. |
Enquête du contrôle interne concluant à l’absence de dysfonctionnement et perdant de vue la problématique relative à l’arrestation administrative. |
Conclusion discutable du contrôle interne, qui s’est finalement bien tardivement rallié aux conclusions du Comité permanent P. |
| 61 |
10424/01 |
Police communale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Rédaction d’un procès-verbal de roulage transmis tardivement au contrevenant et enlèvement d’une remorque donnant lieu à contestation des frais d’entreposage. |
Décision du contrôle interne ayant conclu à l’absence de faute. |
Conclusion du contrôle interne non partagée par le Comité permanent P, qui a fait connaître son point de vue à la police communale. |
| 62 |
16384/01 |
Police communale de la Région d Bruxelles-Capitale |
Plainte de trois automobilistes (stationnés irrégulièrement et dont les véhicules ont été enlevés par une dépanneuse) pour le motif qu’il a été mentionné sur procès-verbaux la présence de trois dépanneuses alors qu’en réalité une seule était présente. |
Rappel des directives après avoir conclu à l’absence de faute. |
Décision opportune de rappeler les directives. Manque de rigueur cependant en ce qui concerne l’absence de remarque sur la problématique relative au nombre de dépanneuses. |
| 63 |
17488/01 |
Brigade de gendarmerie de la province du Brabant Flamand |
Plainte d’une automobiliste interceptée à son domicile après avoir été impliquée dans un accident de roulage et s’étant soustraite aux contestations en prenant la fuite. Contestation des dégâts au véhicule et invitation de l’automobiliste à accompagner les gendarmes à la brigade pour suite d’enquête. |
L’enquête du contrôle interne a permis de conclure à une intervention correcte dans le chef des gendarmes. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 64 |
18682/01 |
Police fédérale |
Intervention «musclée» d’une personne (interception avec utilisation d’armes, pose d’une cagoule, mise de menottes) qui, une fois libérée après une confrontation négative, se plaint de ne pas avoir reçu des excuses des policiers. |
Intervention jugée opportune. |
Transmission d’une lettre d’excuses après intervention du Comité permanent P. |
| 65 |
22478/01 |
Police fédérale |
Retard dans la transmission d’une plainte. |
Allégation jugée fausse par le contrôle interne. |
Pas de remarque. |
| 66 |
22494/01 |
Police locale de la province d’Anvers |
Violation du secret professionnel dans le chef de policiers ayant utilisé des renseignements à des fins privées. |
Rédaction d’un procès-verbal à charge des policiers par le contrôle interne. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 67 |
22695/01 |
Police locale de la Région de Bruxelles-Capitale |
Interception d’un automobiliste par un policier en civil muni d’une arme. |
Intervention estimée correcte par le contrôle interne. |
Conclusion du contrôle interne non partagée par le Comité permanent P, qui estime qu’à tout le moins une remarque aurait dû être formulée. |
| 68 |
25203/01 |
Police locale de la province d’Anvers |
Une personne se plaint d’une négligence administrative consistant dans le maintien d’un signalement alors qu’il a reçu une attestation de désignalement. |
Absence de réponse du contrôle interne. |
Négligence constatée dans la gestion de ce dossier par le contrôle interne qui n’a donné une suite positive qu’après avoir reçu la visite des membres du Service d’enquêtes. |
| 69 |
25520/01 |
Police locale de la province du Hainaut |
Refus d’intervention dans le cadre d’un différend de voisinage. |
Intervention estimée correcte par le chef de corps, le policier n’ayant pas obtenu de renseignements complémentaires demandés au plaignant. |
Conclusion du contrôle interne partagée par le Comité permanent P. |
| 70 |
19612/01 |
Police locale de la province d’Anvers |
Défaut d’aviser un membre de la famille du décès survenu à la suite d’un accident de la circulation. |
Admission d’un dysfonctionnement et présentation d’excuses au plaignant. |
Pas de remarque. |
Conclusions :
Les carences mises en évidence à la lecture de certains dossiers gérés par le service de contrôle interne sont les suivantes :
Ü réponse tardive nécessitant des rappels ;
Ü manque de rigueur dans le traitement des enquêtes ;
Ü tendance à minimiser, à excuser, voire à justifier les faits reprochés aux policiers ;
Ü tendance à n’effectuer qu’une brève enquête ne mettant pas en évidence de dysfonctionnements ;
Ü absence d’interpellation des fonctionnaires mis en cause leur laissant le soin de rédiger la version des faits dont le contenu ne répond parfois que partiellement aux griefs formulés à leur égard ;
Ü promesse de rappeler les directives non suivie d’effet ;
Ü réticence à ouvrir des dossiers disciplinaires et tendance à s’adresser au procureur du Roi afin que celui-ci prenne attitude dans le cadre d’un dossier pénal.
Ü difficulté à reconnaître ses erreurs et à en informer les parties plaignantes et/ou lésées ;
Ü manque de communication avec le plaignant ou le dénonciateur ;
Ü tendance à rappeler par simple note à l’ensemble du personnel certains principes à respecter plutôt que de s’adresser aux policiers fautifs. Cette manière d’agir entraîne une démotivation dans le chef des policiers accomplissant correctement leurs devoirs.
Annexe
H: quelques enquêtes particulières
I. Suivi du dossier « Sites Internet de la police consacrés aux personnes signalées et recherchées – coopération entre citoyens et police sur le Web »
Le Comité Permanent P a demandé à la police fédérale comment elle avait pris en compte les recommandations formulées [iii] dans ce dossier et quelles améliorations avaient été apportées à son site Internet. Le directeur du Service des relations publiques de la police fédérale nous a communiqué les réponses suivantes :
« Vous nous demandez de mettre en place une fonction de recherche spécifique aux avis de recherche : notre site Internet dispose d’un programme de recherche limité et peu performant. Nous avons essayé d’associer ce programme de manière exclusive aux avis de recherche, avec pour résultat une dégradation des performances, voire un arrêt total du programme. Nous avons donc été contraints de revenir à l’ancien système.
Nous projetons, si cela s’avère budgétairement possible,
d’acquérir un nouveau programme de recherche qui nous permettra d’installer
une fonction de recherche séparée pour chaque volet de notre site.
Vous constatez que certains avis de recherche font référence à des documents
ou portraits robots qui ne sont pas disponibles.
C’est exact. Le webteam a demandé plusieurs fois au Service des avis de recherche
de la Direction Générale de la police Judiciaire de leur fournir ces documents,
sans grands résultats. On nous répond régulièrement que les magistrats n’autorisent
la diffusion de ces documents ou portraits robots que par les émissions « Appel
à Témoin » ou « Ooggetuige ». Nous continuons à affirmer que
le site Internet doit être aussi complet que possible. Alternative :
nous supprimons les références pour lesquelles nous ne recevons pas les documents.
Les images en petit format sont à présent également disponibles sur le site en plus grand format.
En ce qui concerne les avis de recherche en général, je
vous informe que, d’une part, une concertation été réalisée au sein de la
police fédérale afin de placer des avis de meilleure qualité et plus clairs
sur le site internet. D’autre part, une proposition a été formulée par mon
service afin de créer, sous la gestion d’une autre équipe, un site séparé
consacré aux avis de recherche de toutes les polices. Un premier pas dans
cette direction a été réalisé par l’intégration de l’icône « Avis de
recherche » à la page d’accueil des sites policiers belges.
Le site Internet de la police fédérale sera développé pour devenir un canal
de communication entre la police fédérale et la population. Nous voulons focaliser
l’information sur la structure mais aussi sur le fonctionnement quotidien
des services de la police fédérale.
Nous espérons recevoir d’ici peu l’autorisation de tous les parquets afin d’insérer dans notre site Internet les communiqués de presse des parquets concernant les interventions de la police fédérale. Jusqu’à présent, seul un parquet soutient notre demande. D’autres parquets, ou même certains de nos services judiciaires d’arrondissement ne réalisent pas encore l’intérêt de la publication sur notre site Internet des ces brèves communications d’opérations réussies. »
Le Comité Permanent P se réjouit des initiatives prises
par la police fédérale à la suite des constatations et recommandations énoncées
dans le rapport d’activités 2000 et espère qu’au cours de l’année 2002, les
moyens nécessaires seront engagés afin d’améliorer le site Internet et ainsi
de promouvoir la coopération entre la police et le citoyen.
Le Comité Permanent P ne manquera pas d’assurer également le suivi de ce dossier
au cours de l’année 2002.
II. Corps de police d’une zone monocommunale de la province du Brabant flamand [81]
L’enquête de contrôle relative au fonctionnement de ce corps de police a
été initiée à la suite de divers courriers de plainte émanant de citoyens.
Compte tenu de la très grande diversité des plaintes, il a été décidé d’ouvrir
une enquête de contrôle complémentaire en sus du traitement des plaintes spécifiques
afin de déceler les facteurs sous-jacents des éventuels dysfonctionnements.
La méthodologie utilisée est similaire à celle qui a servi dans les enquêtes des dossiers n°4305/2001, 26448/2000 et 14607/2001, et 3258/01 [iv] .
L’enquête visait à évaluer le niveau de qualité de l’organisation, notamment par l’examen des points forts et faibles des différents domaines d’action et par la mise en évidence des dangers et opportunités. Les résultats de cette enquête sont à considérer à titre consultatif dans le cadre de la gestion totale de la qualité vers laquelle on tend, son objectif premier étant, en effet, de contribuer au sens large à améliorer l’efficacité et l’efficience des services de police.
Il convient, avant la formulation des conclusions, de préciser que l’enquête a été menée à une période où la direction du corps était assurée par le commissaire de police et chef de corps. L’ancien corps de police communale fait désormais partie de la zone de police et la direction du corps revient à un nouveau chef de zone, qui se trouve être l’ancien commandant de brigade de la même commune.
Sur la base du modèle EFQM, l’ensemble du personnel a été invité à faire part, oralement ou par écrit, de sa perception du fonctionnement du corps. Les conclusions suivantes peuvent être communiquées dans l’immédiat.
1) L’accessibilité, l’ouverture, l’acceptation hiérarchique et la fermeté de la direction sont perçues de manière relativement positive par le personnel. Les scores sont par contre assez faibles quant à la vision de la direction et la vision sur le plan du fonctionnement interne. Si le style de direction participatif du chef de corps est reconnu, il ne fait cependant pas l’objet d’une acceptation générale. Par contre, un score particulièrement élevé caractérise la reconnaissance de l’autorité du chef direct.
2) En dépit d’une pénurie de personnel évidente, on estime très positif le niveau de compétence et de satisfaction en matière de flexibilité et de répartition du travail. En ce qui concerne l’affectation de la bonne personne au bon endroit, les membres du corps pensent que le chef de corps a clairement conscience des souhaits de son personnel, ce qui ne conduit pas toujours, selon eux, à une affectation efficiente du personnel.
3) Les résultats de la dimension formation, qui vise notamment à évaluer la connaissance du système PIP, sont particulièrement faibles. Cette question est cependant peu pertinente car le corps ne dispose pas d’un système PIP. Cela étant, il n’en reste pas moins que la formation en général ne remporte pas de bons résultats et que le personnel ressent clairement le besoin d’une formation continue.
4) Le personnel conçoit la politique comme relativement faible. Les dimensions vision, coordination, stratégie relative aux moyens et évaluation de la politique précédente génèrent des résultats à peine positifs voire légèrement négatifs, ce qui se traduit par un score moyen pour ce module. Les membres du personnel expriment principalement des doutes quant à l’existence d’un plan de politique ou d’une vision à terme de la direction pour les années à venir. Ce résultat pourrait être partiellement influencé par certaines incertitudes engendrées par la réforme des services de police. Si ce n’est toutefois pas le cas, la seule conclusion que l’on puisse tirer est qu’il est dû à un manque de communication ou que le personnel n’est pas tenu au courant de la vision politique ou des objectifs.
5) L’infrastructure et les moyens disponibles ainsi que leur affectation, font l’objet d’un avis très positif de la part du personnel.
6) La gestion des procédures, c’est-à-dire l’univocité des procédures, la connaissance des procédures, l’existence d’une assistance, les adaptations, l’évaluation et la facilité d’utilisation sont largement appréciées.
7) La satisfaction de tous les collaborateurs au sein de l’organisation est généralement grande. On est également persuadé que les résultats du corps sont susceptibles d’influencer le niveau de satisfaction générale. L’ambiance de travail est considérée comme positive. L’intégration et la participation dans le groupe sont par contre jugées moyennes à insuffisantes. La coopération avec les autres services du corps se déroule correctement. Le personnel estime que le chef direct ne les motive pas suffisamment.
8) Le personnel estime son fonctionnement par rapport
à la population comme efficient et pense que le citoyen est relativement satisfait
de son travail.
L’absence d’instrument d’enregistrement des résultats concernant la satisfaction
du citoyen et le suivi des données en la matière sont clairement perçus comme
des manques. Cette nécessité d’avoir un feed-back peut jouer un rôle important
dans la motivation du personnel.
9) En ce qui concerne les résultats du corps, ils ne sont pas suffisamment enregistrés ni connus. La collecte des données quantitatives ainsi que leur possibilité de comparaison sont peu présentes dans le temps. Les membres du personnel estiment également qu’au fil des ans, seuls des progrès moyens ont été réalisés au niveau des résultats. Bien que le personnel ait la ferme conviction que la connaissance des objectifs et résultats serait un facteur de motivation (ce qui est également ressorti des autres modules), ils estiment que le chef direct n’est pas suffisamment concerné par les résultats. On se trouve clairement face à un problème de communication car pour les questions relatives à la connaissance des résultats (du corps), seuls 35% des membres du personnel ont fourni une réponse effective tandis que les autres se sont contentés de cocher la mention « non pertinent ou inconnu ».
10) Les résultats du module « communication interne » sont loin d’être homogène, avec des résultats parfois à la limite du contradictoire : la communication au sein du corps est généralement jugée efficace (ce qui être en contradiction avec d’autres conclusions et appréciations antérieures), avec en tête la communication verbale. La communication bottom-up se fait correctement et rapidement et la transmission de l’information correspond bien aux besoins. Les briefings, par contre, sont jugés moyens voire insuffisants sur le plan de leur régularité. La communication horizontale reçoit des scores assez faibles : on affirme qu’il n’y aurait pas assez de concertation au niveau des opérations et de la direction. La communication des objectifs de politique (traduction concrète de la politique pour le corps) est jugée moyenne, ce qui correspond aux résultats des autres modules. Les relations externes avec les divers services communaux et administratifs, les autorités judiciaires et les autres corps (de police) ainsi qu’avec le citoyen en général sont jugées très positives.
11) La disposition à l’amélioration professionnelle et la flexibilité aux changements requise sont largement présentes. L’acceptation de ces changements est assez bonne, bien que les personnes interrogées expliquent y être (trop) peu impliqués – tant en ce qui concerne la préparation que l’encadrement – et pensent qu’on ne leur demande pas assez voire pas du tout leur avis. Ils expriment en outre le souhait de se voir davantage préparés et encadrés dans le cadre des changements à venir ou en cours. En l’espèce également, les réformes qui viennent d’être réalisées et qui sont encore à venir peuvent avoir influencé les réponses.
Le 4 juillet 2001, le Comité permanent P reçoit un courrier avec annexes de l’asbl Velo Pro Europe, une organisation professionnelle du secteur du commerce de vélos et de cyclomoteurs. Sa plainte porte sur l’interprétation inégale de la législation belge par les services de police, ainsi que sur l’application concrète des contrôles de cyclomoteurs. Trois problèmes se posent dans ce contexte : (1) l’utilisation de pièces de rechange ; (2) l’évaluation de la vitesse au moyen de curvomètres ; (3) l’enregistrement et les vols de cyclomoteurs.
La présente enquête soutient également une plainte judiciaire relative à l’utilisation actuelle du curvomètre « classique ».
Les législations belge et européenne en la matière ont été étudiées [83] . J. Van Eyck, ingénieur principal auprès de la Division Métrologie du ministère des Affaires économiques – Administration de la Qualité et de la Sécurité, a été entendu et un enquêteur du Comité permanent P a suivi la formation organisée par la Division Métrologie concernant l’utilisation du curvomètre par les services de police, assistant, dans ce cadre, à une démonstration pratique.
Les services de police considèrent à tort certaines pièces de rechange comme des pièces augmentant les capacités du cyclomoteur puisque, par définition, il ne s’agit pas de pièces d’origine. Ce n’est toutefois pas aux services de police qu’il revient de porter un jugement sur la justesse ou l’opportunité des dispositions légales, son rôle se limitant en effet à veiller à leur respect. En Belgique, la vente de pièces permettant d’augmenter la puissance et/ou la vitesse de cyclomoteurs est interdite. Aucune exception n’a été faite pour les pièces homologuées au niveau européen. Cette interdiction semble donc être en contradiction avec la directive européenne 92/61/CEE.
La pratique a démontré que certains éléments ajoutés afin d’augmenter la
puissance et la vitesse maximale du cyclomoteur peuvent être enclenchés ou
débranchés par divers systèmes, le plus souvent camouflés, allant du simple
interrupteur à la commande à distance. Lorsque de tels éléments sont découverts,
la mauvaise foi du responsable apparaît clairement mais, dans certains cas,
le problème est bien plus sensible. Le fait est que, même pour les experts,
il est pratiquement impossible de déceler quels sont les éléments rajoutés
et de déterminer s’ils ont pour but spécifique d’accroître la puissance et
la vitesse. Les saisies de pièces sembleraient donc, hors quelques cas évidents,
être opérées sur une base principalement arbitraire.
Cet aspect arbitraire pourrait être réduit en apposant les marques des fabricants
sur ces pièces de manière à les rendre reconnaissables après démontage. L’apposition
de ces marques ou « poinçonnage » va même plus loin que la reconnaissance
de la légalité des pièces, elle permettrait également de prévenir les vols,
moyennant enregistrement officiel des cyclomoteurs au moyen d’une plaque minéralogique.
Du point de vue de la sécurité routière, la police fait bien d’attacher de l’importance au contrôle du respect des conditions de classification des véhicules automoteurs. Certaines réclamations sont à relever à l’occasion de ces contrôles, généralement en raison de frais de dépannages onéreux encourus lorsqu’un cyclomoteur n’est pas conforme à sa classification. Bien qu’il arrive régulièrement que des propriétaires « bricolent » leur véhicule, certains de ces véhicules sont parfois achetés en toute bonne foi chez un concessionnaire et n’ont pas subi la moindre modification. Or, ils ont des capacités supérieures à ce qu’ils devraient avoir. On s’efforce donc de trouver un compromis entre d’une part l’efficacité et l’efficience des contrôles et d’autre part le souci d’éviter aux propriétaires de cyclomoteurs d’encourir des frais exorbitants.
La répartition légale des cyclomoteurs en deux classes donne lieu à un certain
nombre de problèmes pratiques. Nombreux sont ceux qui font l’acquisition d’un
cyclomoteur de classe A (vitesse maximale 25 km/h) pour pouvoir être dispensés
du port du casque. En pratique, de tels cyclomoteurs, même dans l’état où
ils sont vendus, sont capables de performances supérieures.
Cette situation semble être due au fait que la définition de véhicules de
classe A
[84] n’existerait qu’en Belgique et aux Pays-Bas. Les fabricants
ne fourniraient donc que des cyclomoteurs de classe B réglés pour les mettre
plus ou moins en conformité avec les critères de vitesse des cyclomoteurs
de classe A et les vendre comme tel. Les fabricants agissent ainsi car il
serait peu rentable de développer dès le départ des modèles plus « petits »
vu les possibilités d’écoulement limitées sur le marché européen.
Au vu de ce qui précède, ne faudrait-il pas s’interroger sur le bien-fondé
de cette distinction classe A/classe B ?
Situation actuelle :
| Catégorie |
Vitesse |
Âge |
Casque |
Inscription |
Permis |
|
| Cyclomoteurs |
cl. A |
<25 km/h |
16 ans |
non obligatoire |
plaque de signalisation |
aucun |
| cl. B |
<45 km/h |
16 ans |
obligatoire |
plaque minéralogique |
A3 |
|
| Motocyclettes |
> 45 km/h |
18 ans |
obligatoire |
plaque minéralogique |
A |
|
Les seules différences entre les cyclomoteurs de classe A et de classe B portent sur l’inscription, le permis et le port du casque obligatoire ou non. L’obligation d’enregistrement du cyclomoteur est une mesure qui, comme le pense également Velo Pro Europe, aurait un impact positif sur les vols de cyclomoteurs et faciliterait les contrôles d’assurance. En outre, les conducteurs de tous types de cyclomoteurs seraient soumis à l’obligation de passer le permis A3 et de porter un casque, cette mesure s’inscrivant dans la logique de la sécurité routière et des actions de promotion du port du casque pour les cyclistes. Une proposition de loi aurait d’ailleurs déjà été introduite afin d’imposer le port du casque aux conducteurs de cyclomoteurs de classe A.
Le nœud du problème n’est pas la constatation d’un excès de vitesse mais bien plutôt la détermination de la catégorie ou de la classe du véhicule sur la base d’une mesure de la vitesse maximale qu’il peut atteindre.
Si la valeur probante des contrôles de vitesse par radars ou speed-guns est généralement reconnue, ils ne peuvent s’appliquer aux cyclomoteurs pour des raisons techniques, ceux-ci ne contenant pas suffisamment de fer pour pouvoir réfléchir les ondes. Il faut donc disposer d’un appareil de mesure fiable dont les résultats sont reproductibles et les méthodes uniformes, qui servirait tant aux services de police que dans la chaîne producteur-consommateur.
Les anciens curvomètres équipés d’un frein présentent des écarts importants et ne sont pas fiables. Qui plus est, ils ne recevaient qu’un certificat de calibrage parfois assimilé à tort par les services de police à un certificat d’étalonnage.
En concertation avec le procureur général de Mons, compétent pour les questions de sécurité routière, on travaille à l’élaboration d’une nouvelle génération de curvomètres pourvus d’un certificat d’étalonnage [85] .
Dans le contexte légal et compte tenu des limitations techniques, la Division Métrologie a élaboré une proposition de procédure ainsi qu’un formulaire d’enregistrement des résultats de mesure, tous deux présentés au cours de la démonstration d’un curvomètre durant une formation d’une demi-journée organisée par le Service de métrologie. Les services de police pourraient utiliser cette procédure [86] comme référence. Seuls les fonctionnaires de police ayant suivi une formation ad hoc à l’issue de laquelle une attestation leur a été délivrée, seraient affectés à cette tâche.
Il apparaît parfois après les tests que le cyclomoteur n’est pas conforme à sa classe. Il est alors généralement « immobilisé », conformément au prescrit de la loi. Lorsque les contrôles se font sur la voie publique, le conducteur doit, en cas d’infraction, abandonner son véhicule. Celui-ci est alors dépanné, ce qui entraîne des frais conséquents. Le dépannage n’est, dans ce cas, pas considéré comme une sanction mais comme une mesure conservatoire visant à empêcher un véhicule en défaut d’assurance de circuler sur la voie publique.
Un contre-argument souvent évoqué est que « pour les excès de vitesse importants (et dangereux) commis au volant d’une automobile, on n’inflige pas une immobilisation d’un mois. Cette mesure est pour le moins étrange et nourrit la croyance selon laquelle il y aurait une « jurisprudence par classe » ».
Cette comparaison est cependant hors de propos car il n’est pas question de mesurer la vitesse à laquelle le cyclomoteur roule à un moment donné mais d’évaluer si le cyclomoteur est capable de rouler plus vite que la vitesse autorisée pour sa classe.
Une nouvelle génération de curvomètres se trouve à présent sur le marché, lesquels peuvent être étalonnés et générer des mesures reproductibles. Le Comité permanent P propose dès lors de permettre à au moins deux policiers de chaque corps de suivre la formation organisée par la Division Métrologie de sorte que seuls les fonctionnaires disposant d’une attestation puissent exercer les contrôles de cyclomoteurs.
L’utilisation du curvomètre et l’apposition de marques de reconnaissance sur certaines pièces éviteront bien des discussions sur la question de l’autorisation ou de l’interdiction de telle ou telle pièce et faciliteront la récupération de pièces ou de cyclomoteurs volés. Pour les cyclomoteurs, l’enregistrement obligatoire d’une plaque minéralogique aurait un effet dissuasif sur l’utilisation de cyclomoteurs volés.
À long terme, il pourrait être envisagé de lever la catégorisation en classe. Dans le cadre des initiatives en cours, il convient de prévoir une adaptation de la législation, afin de conférer valeur probante aux mesures de vitesse.
À court terme, une procédure de contrôle adaptée et harmonisée permettra de bien saisir les problématiques. Un certain nombre de services de police locale exécutent déjà des actions de contrôle au cours desquels les motards de la police interceptent les conducteurs de cyclomoteurs afin de les accompagner au commissariat pour un contrôle par curvomètre. Ce système permet d’une part d’éviter toute discussion quant à l’emplacement du curvomètre et d’autre part d’immobiliser sur place les cyclomoteurs qui s’avèrent non conformes à leur classe, évitant ainsi des frais de dépannage. En outre, l’efficience de ces contrôles est renforcée lorsqu’on fait appel à une assistance scientifique pour la recherche de pièces ou de réglages visant à augmenter la puissance.
« Le cyclomoteur à deux roues non monté n’est pas considéré comme véhicule ». Cette disposition de l’article 2.17. de l’arrêté royal du 1er décembre 1975 pourrait nous faire conclure qu’un cyclomoteur assuré en tant que classe A qui s’avérerait pouvoir dépasser la vitesse maximale prévue pour sa classe et qui, de ce fait, appartiendrait à la classe B, ne doit pas être dépanné mais déplacé par le conducteur même.
Annexe
I : questions examinées lors des entretiens (SNCB)
26.1. Pensez-vous qu’en termes généraux, il y ait eu une amélioration
dans le service de la police des chemins de fer après le transfert
d’une partie du personnel à la gendarmerie, devenue police fédérale ?
En d’autres termes, les problèmes de l’ancienne police des chemins de fer
ont-ils été résolus ?
Ces problèmes, qui faisaient d’ailleurs l’objet de plusieurs plaintes auprès
du Comité permanent P, ont-il trouvé une solution définitive dans les nouvelles
structures ?
Nous pensons par exemple à l’immixtion de la hiérarchie de la SNCB dans l’exécution
des tâches de la police des chemins de fer. Le droit de décision quant à la
rédaction ou non d’un procès-verbal ? Les cas de dommages sont-ils communiqués ?
26.2. Quelles sont les missions générales du service B-SECURITY (SIG = service interne de gardiennage) ? Exécute-t-il aussi ces missions ? Quelles sont, selon vous, les difficultés que rencontrent les membres de ce service ? Existe-t-il, sur le plan des compétences et missions, des points de friction entre le SIG de la SNCB et la SPC de la police fédérale ?
26.3. La police des chemins de fer de la police fédérale – SPC – dispose-t-elle d’une marge de manœuvre suffisante pour l’exécution de ses tâches ? Une part importante des missions doit tout de même être exécutée sur le terrain de la SNCB.
26.4. Les moyens disponibles (locaux, ordinateurs, téléphones, GSM, etc.) sont-ils suffisants pour assurer une bonne exécution des tâches ?
26.5. Les effectifs sont-ils suffisants ?
La formation du personnel est-elle adaptée ?
- Il s’agit de la connaissance des matières spécifiques à la SNCB, question
qui se pose en particulier pour le personnel qui n’est pas issu de l’ancienne
police des chemins de fer de la SNCB.
26.6. La SPC a-t-elle repris le système des fiches de travail
(fiches de travail = prescriptions pour les prestations à effectuer lors des
rondes) ou l’ancien système des bulletins de service de la police fédérale ?
Avantages et inconvénients ?
26.7. Faut-il informer d’une manière ou d’une autre la hiérarchie
de la SNCB des incidents constatés ?
Exemple : informer le manager
régional que des dommages volontaires ont été causés à une installation de
la SNCB et qu’un PV a été rédigé par le parquet.
26.8. Une copie des PV est-elle envoyée au chef du service juridique de la SNCB ?
26.9. De quelle manière un accompagnateur de train peut-il demander
de l’aide ? Qui doit la fournir ? Dans quels cas ?
Exemple : refus de présenter ou de payer un titre de transport
valide.
26.10. Certains membres du personnel de la SNCB sont porteurs de mandats de police. Quels sont les contacts avec ces personnes ? Existe-t-il des problèmes de coopération ?
26.11. Est-il utile de conclure un accord de coopération entre B-SECURITY
et la police fédérale – police des chemins de fer ? Qui est compétent
dans les gares ? Sur les quais ? Dans les trains ? Une coopération
mixte est-elle possible ?
* Qu’en est-il du protocole d’accord « DG-SNCB-SIG » ?
26.12. La police locale peut-elle/doit-elle jouer un rôle dans l’ensemble ?
26.13. Faut-il étendre la compétence de B-SECURITY ? Ou ses membres doivent-ils plutôt travailler sous leur statut de Service interne de gardiennage ? Qu’en est-il des transports de fonds (revenus journaliers liés à la vente de billets) ? Ils sont exécutés par le SIG ? Informe-t-on la SPC – police fédérale des fortes sommes transportées ?
26.14. Faut-il encore prévoir un élargissement du personnel, surtout vu le taux d’agression marqué dans les trains ? Dans quelle mesure les affirmations selon lesquelles le taux d’agression serait en augmentation dans les trains et les gares seraient-elles fondées ? Existe-t-il des statistiques en la matière ? Comment la SNCB définit-elle la notion d’agression ? L’agression verbale fait-elle partie de ce concept ? Quelle définition utilise la police des chemins de fer – SPC/police fédérale ?
26.15. Le personnel de B-SECURITY peut-il être armé ? D’un spray CS ? D’un pepperspray ? D’une arme à feu? D’une matraque ? Doivent-ils être assimilés à des auxiliaires de police ?
26.16. Faut-il intégrer des officiers de police judiciaire dans le service B-SECURITY, comme il a été proposé ? Ou les membres de ce service doivent-ils toujours faire appel à la police fédérale?
26.17. En ce qui concerne la situation spécifique de l’alerte à la bombe, quelles sont les prescriptions actuelles ? Qui dirige les opérations et dans quel domaine cette personne est-elle compétente si un commissaire de police fédérale ou locale, ou un responsable régional de la SNCB est présent ?
26.18. La note du 4 mars 1994 de la SNCB est-elle toujours d’application
pour le personnel SNCB ?
Il s’agit des instructions établies à la suite d’une alerte à
la bombe survenue le 25 février 1994 à la gare de Gand.
26.19. En ce qui concerne les alertes à la bombe : comment la coordination est-elle organisée entre le personnel de police des grandes gares telles que Bruxelles-Midi et Bruxelles-Central d’une part et entre les services de gardiennage des stations de métro intégrées, le personnel SNCB (managers régionaux par exemple) et le personnel de B-SECURITY d’autre part ?
26.20. Y a-t-il déjà eu des contacts entre les chefs de zone de la police locale, surtout concernant les plans de sécurité ?
27.1. B-SECURITY est-il un service interne de gardiennage au sens
de la loi du 10 avril 1990 ? Qui est le chef de B-SECURITY ?
Un contrôle est-il réellement exercé par les fonctionnaires de la PGR/ARP ?
27.2. Des directives à l’attention du service B-SECURITY ont-elles été édictées par la hiérarchie de la SNCB ? Par les managers du réseau ? De l’infrastructure ? Par le service trafic intérieur ?
27.3. Des protocoles ont-ils été conclus avec les représentants de la police fédérale SPC ?
27.4. Quelles sont les règles à suivre lorsqu’un accompagnateur de train est victime d’une agression réelle ? B-SECURITY intervient-il en premier lieu, précédant la SPC de la police fédérale ?
27.5. Les membres de B-SECURITY sont-ils porteurs d’un mandat de police ? Est-il comparable au mandat des membres de l’ancienne police des chemins de fer ?
27.6. Êtes-vous impliqués dans les discussions avec les autorités administratives locales, les chefs de zone et les « chefs de gare » (managers régionaux) surtout en ce qui concerne le plan de sécurité ?
27.7. Des procès-verbaux sont-ils rédigés en cas de constatation d’infraction ? À qui ces PV éventuels sont-ils envoyés ? Le service juridique est-il simplement mis au courant de l’existence de ces PV, sans autre précision ? À qui est éventuellement envoyé un rapport interne ?
27.8. Les membres assermentés du personnel de la SNCB doivent-ils communiquer leurs procès-verbaux à B-SECURITY ? À qui d’autre ? Comment se fait l’envoi ?
27.9. Le personnel de B-SECURITY peut-il être armé ? D’un spray CS ? D’un pepperspray ? D’une arme à feu? D’une matraque ? Doivent-ils être assimilés à des auxiliaires de police ?
27.10. Faut-il intégrer des officiers de police judiciaire dans le service B-SECURITY ou les membres de ce service doivent-ils toujours faire appel à la police fédérale ?
27.11. En ce qui concerne la situation spécifique de l’alerte à la bombe, quelles sont les prescriptions actuelles ? Qui dirige les opérations et dans quel domaine cette personne est-elle compétente si un commissaire de police fédérale ou locale ou un responsable régional de la SNCB est présent ?
27.12. La note du 4 mars 1994 de la SNCB est-elle toujours d’application
pour le personnel SNCB ?
Il s’agit des instructions établies à la suite d’une alerte à
la bombe survenue le 25 février 1994 à la gare de Gand.
Annexe
x : principales données chiffrées utilisées dans le cadre du rapport annuel
2001
Arrondissement
| ARRONDISSEMENT |
NOMBRE |
| Anvers |
45 |
| Arlon |
|
| Audenarde |
1 |
| Bruges |
7 |
| Bruxelles |
273 |
| Charleroi |
22 |
| Courtrai |
|
| Dinant |
1 |
| Eupen |
|
| Furnes |
2 |
| Gand |
21 |
| Hasselt |
6 |
| Huy |
|
| Liège |
13 |
| Louvain |
16 |
| Malines |
3 |
| Marche-en-Famenne |
6 |
| Mons |
14 |
| Namur |
9 |
| Neufchâteau |
10 |
| Nivelles |
15 |
| Termonde |
21 |
| Tongres |
2 |
| Tournai |
9 |
| Turnhout |
17 |
| Verviers |
|
| Ypres |
6 |
| TOTAL |
519 |
Service de police
| SERVICE DE POLICE |
NOMBRE |
| Police locale |
346 |
| Direction judiciaire |
23 |
| Inspection générale |
2 |
| Écoles et centres de formation |
1 |
| DAC-DSAN |
4 |
| DAC-SPN |
3 |
| DAC-SPC |
27 |
| DAR |
4 |
| Police fédérale (autres) |
114 |
| Inconnu |
13 |
| TOTAL |
537 |
Sexe des plaignants
| SEXE |
NOMBRE |
| Masculin |
366 |
| Féminin |
125 |
| Anonyme |
11 |
| TOTAL |
502 |
Nationalité des plaignants
| NATIONALITÉ |
NOMBRE |
| Belge |
363 |
| Etranger |
102 |
| Inconnu |
37 |
| TOTAL |
502 |
Langue des dossiers
| LANGUE |
NOMBRE |
| Français |
335 |
| Néerlandais |
184 |
| TOTAL |
519 |
Faits
| FAIT |
NOMBRE |
| Abstention coupable de porter secours |
9 |
| Abus de confiance |
1 |
| Accidents de roulage avec des préventions connexes d'ivresse |
1 |
| Actes arbitraires |
149 |
| Affaires de moeurs |
10 |
| Armes (port, détention) |
8 |
| Association de malfaiteurs |
3 |
| Atteintes à la vie privée |
5 |
| Calomnies |
12 |
| Cel frauduleux |
2 |
| Concussion |
1 |
| Contrefaçon |
1 |
| Corruption |
2 |
| Coups et blessures involontaires |
2 |
| Coups et blessures volontaires |
178 |
| Dégradations |
5 |
| Dénonciation calomnieuse |
8 |
| Dépôt clandestin d'immondices |
1 |
| Détention et arrestation arbitraire |
28 |
| Détournement |
1 |
| Détournement d’objets saisis |
1 |
| Détournement ou vol par fonctionnaire |
13 |
| Diffamation |
11 |
| Doping |
1 |
| Escroquerie |
5 |
| Extorsion |
1 |
| Fausse déclaration |
4 |
| Faux commis par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions |
34 |
| Faux en écritures civiles ou commerciales |
6 |
| Faux témoignage |
1 |
| Films, images, objets ou livres obscènes |
1 |
| Harcèlement |
3 |
| Immixtion dans les fonctions publiques |
1 |
| Incendie volontaire |
1 |
| Injures |
22 |
| Loi sur les étrangers |
2 |
| Menaces |
42 |
| Outrages |
2 |
| Plainte de quelqu'un qui se sent menacé |
2 |