Rapport annuel 2004 - Chapitre IV
65. PREAMBULE
66. QUELQUES PREOCCUPATIONS PARTICULIERES66.1. Cadre général de l’exercice de la fonction de police
66.2. Connaissances et aptitudes
66.3. Communication – Information (CIA, CIC, Astrid et BNG)
66.4. Systèmes et structures
66.5. Contrôle et valeurs
66.6. Personnel (contingent, mobilité, application des statuts, Calog)
66.7. Interventions et actions des services de police : la mise en œuvre de la fonction de police
66.8. Contrôle versus contrôleurs67. « OCTOPUS » : TOUJOURS UN CADRE DE REFERENCE D’ACTUALITE ?
68. FONCTIONNEMENT INTEGRE ACTUEL
69. LES DERNIERS CONTREFORTS
Chapitre IV :
Principales préoccupations, conclusions et recommandations du Comité permanent
de contrôle des services de police dans le prolongement de ses activités,
enquêtes et constatations en 2004
Sans préjudice de la loi du 18 juillet 1991 portant démilitarisation
de la gendarmerie [1]
, les deux événements les plus marquants de ces dernières
années dans le domaine de la police ont sans conteste été (1) le vote
de la loi du 5 août 1992 sur la fonction de police,
qui allait clarifier pour les services de police générale et spéciale de l’époque
la fonction de police telle qu’il convient de la mettre en œuvre en toute
concertation et coordination et de manière équivalente sur l’ensemble du territoire
ainsi que (2) le vote de la loi du 7 décembre 1998 organisant
un service de police intégré, structuré à deux niveaux, qui allait affiner
plus encore les contours de la mise en œuvre responsable et transparente de
cette fonction de police.
Au fil des ans, le Comité permanent P s’est notamment consacré à l’analyse
en profondeur de la mise en œuvre de ces trois instruments législatifs et
a formulé et articulé ses principales conclusions et recommandations autour
de ces trois pôles, à côté d’un certain nombre d’autres.
En préambule à sa conclusion générale, le Comité permanent P souhaite
souligner sa volonté de transparence, mais aussi sa transparence dans les
faits et l’implication de tous ses responsables et acteurs.
Sous réserve du caractère particulier de ses enquêtes judiciaires – à publicité
relative et indirecte toutefois –, le Comité permanent P rend compte
de toutes ses activités et de toutes ses enquêtes ou dossiers, selon des modalités
adaptées et idoines, au Parlement, au gouvernement à l’intervention des ministres
de l’Intérieur et/ou de la Justice ainsi qu’à différentes autres autorités,
responsables ou parties prenantes. Dans le cas où l’une ou l’autre personne
est plus ou moins directement concernée à titre individuel par les constatations,
conclusions, avis ou recommandations du Comité permanent P, elle en sera
également avisée, s’il échet et dans la mesure du possible.
La plupart des enquêtes d’une certaine envergure font l’objet d’un échange
de vues avec la hiérarchie ou l’autorité concernée et, souvent aussi, avec
le ministre de l’Intérieur et/ou de la Justice avant que les rapports ad
hoc ne soient examinés par le Comité permanent P et par sa Commission
d’accompagnement parlementaire. Dans la mesure du possible, en fonction des
circonstances aussi, ces différentes parties prenantes ont la possibilité
de réagir en faisant part de leurs remarques, considérations ou contestations,
si pas avant l’examen en Commission d’accompagnement parlementaire, du moins
avant que le rapport en question ne connaisse la moindre publicité officielle
ou formelle, conformément à la loi organique du 18 juillet 1991
du contrôle des services de police et de renseignements, précisée sur ce point
par le Règlement d’ordre intérieur – voté par le Parlement – régissant aussi
le fonctionnement et la vie pratique du Comité permanent P.
Les différents rapports, enquêtes, dossiers ou autres points abordés dans le cadre du présent rapport annuel ont dès lors déjà été évoqués avec les instances concernées : tant au niveau des constatations, des conclusions et des recommandations que des différentes perspectives dont il est rendu compte en synthèse supra. Dans un tel contexte et dans le cadre du présent rapport annuel, le Comité permanent P entend dès lors aller à l’essentiel dans ses conclusions, et cela d’autant plus qu’un grand nombre de ses conclusions ou recommandations rejoignent celles formulées à l’issue de ses analyses de ces deux dernières années, certaines de celles formulées par les Commissions De Ruyver ou Bruggeman ou encore d’autres analyses sollicitées par les autorités.
Eu égard à ce qui précède, le Comité permanent P estime qu’il est important
de retourner aux sources, soit à l’histoire policière des quinze dernières
années, aux accords « Octopus » et à la ratio legis sous-tendant
plus particulièrement les lois du 18 juillet 1991, 5 août 1992
et 7 décembre 1998, parmi d’autres et dans un contexte public, administratif
et sécuritaire plus large. Avant toutes choses, il convient de prendre en
compte, le mieux et le plus complètement possible, les objectifs du législateur
de 1991, confirmés en 1992 et une nouvelle fois précisés en 1998.
Il est plus que temps de cesser de concevoir et de parler en termes de réforme
des services de police et même de police locale et de police fédérale. C’est
un fonctionnement intégré et une mise en œuvre intégrée, coordonnée et professionnelle
de la fonction de police que le législateur a entendu mettre en place en organisant
le service de police intégré, structuré à deux niveaux.
L’observateur averti ne peut que reconnaître la complexité des différents
aspects du fonctionnement intégré, des diverses problématiques auxquelles
les responsables sont confrontés ainsi que l’indispensable étalement dans
le temps pour élaborer les solutions acceptables ou indispensables plus particulièrement
pour les deux niveaux du service de police intégré.
À côté des services et des fonctionnaires de police, certains acteurs, intervenants
ou responsables extérieurs devraient eux aussi mieux prendre en considération
les objectifs du législateur qui sous-tendent la mise en place du nouveau
paysage policier. En effet, tous les intervenants ne se meuvent pas nécessairement
dans les mêmes eaux, ni surtout à la même vitesse. D’aucuns ont même parfois
d’autres caps ou destinations.
Il convient aussi de prendre garde à ne pas vider la fonction de police de
sa substance. S’il y a une place pour un « partenariat public-privé »
responsable et transparent, il est de l’essence de l’autorité (et du partenaire
public) d’y jouer « les premiers violons », même pour des tâches
parfois qualifiées de secondaires ou de moins intéressantes pour les fonctionnaires
de police.
Selon une critique récurrente de ces derniers mois, comme nous l’avons déjà
fait remarquer par le passé et par ailleurs, les policiers n’auraient pas
le temps de s’occuper du « vrai » travail policier parce
qu’ils doivent effectuer d’autres tâches comme, par exemple, l’aspect sécuritaire
lors d’événements sportifs ou culturels, des tâches administratives, des considérations
trop peu importantes eu égard aux enjeux sécuritaires.
Dans ce contexte, tout comme le Comité permanent P, la Commission de
l’Intérieur du Sénat constate aussi un transfert de certaines tâches policières
classiques aux services de gardiennage privés. Or, « le contrôle exercé
sur ces sociétés est beaucoup moins strict que celui auquel sont soumis les
services de police. Il se limite, en effet, à une procédure d’agrément auprès
du SPF Intérieur » [2]
et à un contrôle de première ligne par une composante de
cette administration investie de compétences de police et appuyée, à certaines
occasions, par la police dans toute la mesure du possible.
La Commission de l’Intérieur demande dès lors au ministre de l’Intérieur de
s’intéresser à cette problématique, ce qui ne peut que rejoindre les préoccupations
du Comité permanent P, investi depuis peu de nouvelles compétences en
la matière [3]
.
Il est nécessaire – et dans
un délai rapide – de procéder à une vérification des tâches administratives
confiées, explicitement ou en vertu de la loi, au service de police intégré.
Les missions de nature judiciaire dotées d’un caractère presque exclusivement
administratif ne peuvent d’ailleurs être omises dans une liste de tâches policières
inappropriées [4] . Il convient ainsi de préciser la portée de l’article 25 de la
loi du 5 août 1992 sur la fonction de police
[5] et d’écarter de la directive ministérielle ad hoc, l’ensemble
des « missions inappropriées ».
Dans certaines parties du pays – tant auprès des autorités locales, de certains
magistrats que des services de police –, on relève de surcroît une réticence
significative au sujet de l’application généralisée du traitement policier
autonome (TPA) et du procès-verbal simplifié (PVS) [6]
. Des actions de sensibilisation et de formation adéquates devront
être entreprises en cette matière aussi.
Après avoir constaté les enjeux et le caractère particulièrement sensible de la question et sans préjudice des autres initiatives en la matière, le Comité permanent P prône la création au sein de la police fédérale d’une direction spécifique qui s’occuperait exclusivement de la gestion des différents aspects du terrorisme et qui serait e.a. chargée de coordonner le travail, la gestion des informations et le fonctionnement intégré des services de police à tous les égards.
En ce qui concerne la compétence territoriale des agents auxiliaires de police, le Comité permanent P est d’avis que, par analogie avec la situation des fonctionnaires de police, la même réglementation devrait être transposée et prise, de sorte que les agents auxiliaires puissent eux aussi disposer légalement d’une compétence sur l’ensemble du territoire national, tout en précisant qu’ils réalisent en principe leurs missions sur le territoire de la zone de police.
De nombreux éléments concordants ont permis de mettre en lumière les problèmes
qui se présentent dans le pilier « formation ». Vu le rôle intégrateur
et innovant que la formation au sens global du terme est censée jouer dans
un paysage policier en pleine mutation, il conviendrait de mieux la prendre
en considération au plus haut niveau de la structure policière en vue d’assurer
et d’assumer le suivi et la promotion des initiatives coordinatrices et de
recherche de la qualité en la matière.
On ne peut toutefois pas passer sous silence les problèmes fondamentaux et
la marge de manœuvre réduite dont dispose la composante fédérale pour mener
à bien cette mission : (1) les écoles agréées ne font pas partie
de la police intégrée ; (2) il est particulièrement ardu d’obtenir
des contrats de gestion ; (3) il n’existe pas encore de directive
claire quant aux normes et standards ; (4) en ce qui concerne la
police intégrée, il n’y a, à l’heure actuelle, pas la moindre possibilité
ni délégation pour exercer un contrôle sur ces écoles ni sur les compétences,
capacités et aptitudes des aspirants qui en sortent.
Il conviendrait également de développer en cette matière un outil informatique
performant en vue de gérer les compétences et les formations continuées à
y coupler de manière efficiente et effective.
Plusieurs questions parlementaires
récentes soulèvent la question de la « suradministration » de la
police intégrée, en ce compris dans les domaines opérationnels les plus divers :
nous l’avons relevé à plus d’une reprise. Dans ce contexte, on évoque parfois
aussi le fait que les
Si le fonctionnement des CIA est régulièrement critiqué par différentes parties prenantes et à différents égards, il importe de relever que dans le domaine de la traite des êtres humains, e.a. en matière de prostitution, la circulation de l’information semble se faire de mieux en mieux. Aucun des services visités n’a émis la moindre critique au sujet du fonctionnement des CIA quant au flux des informations du niveau local vers le niveau fédéral ni à propos du feed-back obtenu. Un besoin se fait par contre sentir en termes d’accès à certaines bases de données, vu notamment la dimension internationale du phénomène.
Pour avoir une vision plus
« localisée » des faits, on constate que certaines zones continuent
à collecter elles-mêmes les
Dans le même contexte, le Comité permanent P déplore le fait que la composante
fédérale ne dispose pas encore de système d’évaluation ou de suivi de l’information
digne de ce nom, bien que cela soit prévu au niveau de la télématique, par
exemple.
La mise en place des Centres
d’information et de communication (CIC) constitue un nouveau processus de
changement dans le paysage policier. La volonté de coopération loyale est
présente dans le chef de différents intervenants, acteurs ou zones mais est
encore trop limitée dans d’autres. Il convient par conséquent de veiller en
permanence à ce que tous les partenaires, notamment du projet Astrid, veillent
à ce qu’une valeur ajoutée maximale du système se traduise par un fonctionnement
intégré plus efficient et plus efficace, aussi vis-à-vis d’autres intervenants
que les intervenants policiers.
Toutes les zones doivent également être associées à la participation au CIA
et prendre leurs responsabilités. La participation active, tant au CIA qu’au
CIC, doit obligatoirement figurer dans le plan zonal de sécurité et doit être
évaluée [8] .
À la suite du Conseil des ministres
des 30 et 31 mars 2004, il a été décidé que le pouvoir fédéral n’interviendrait
pas dans les surcoûts d’Astrid mais que le personnel détaché dans les CIA
serait entièrement financé par le fédéral. Les zones de police sont toutefois
encouragées à incorporer au sein des CIC des membres de leur personnel qui
ont acquis une expérience dans les centres 101, ce qui semble constituer une
problématique non négligeable.
À la suite de cette décision, le niveau fédéral appréhende le fait que les
zones n’investissent pas suffisamment dans les CIC (tout comme dans les CIA
d’ailleurs) car elles s’attendent à ce que le même effort fédéral soit consenti
pour ces centres. Vu l’analyse du passé, le Comité permanent P peut les
comprendre et est d’avis qu’il convient d’être attentif au développement de
la situation.
Tout comme le bon fonctionnement des CIC, celui des CIA est fondamental car
ils alimentent la BNG. Or, on constate que la qualité générale de l’information
de cette dernière s’est détériorée à de nombreux égards. Il y a donc un effort
considérable à fournir, tant au niveau de la collecte des informations qu’au
niveau de l’enregistrement des données [9]
et de leur exploitation réfléchie, intégrée et au profit de toutes
les parties prenantes.
Le manque d’exhaustivité des
données policières enregistrées dans la BNG a inévitablement des conséquences
sur la fiabilité des chiffres publiés en matière de fonctionnement de la police
et de suivi de la criminalité. Le fait qu’il faille encore recourir à des
artifices, statistiques propres ou adaptées ou autres, pour obtenir des chiffres
exploitables est révélateur d’un problème d’alimentation en données du système
policier, bien que la situation s’améliore. Ce sont essentiellement les zones
de police qui alimentent la BNG. Il convient donc d’encore insister sur l’impérieuse
nécessité d’une alimentation rapide et correcte du système par ces corps ou
entités de la police, et cela non seulement en vue de la production de chiffres
de criminalité corrects mais également dans le cadre d’une utilisation efficace
du système sur un plan purement opérationnel.
Ainsi, le fait de disposer de la bonne information au bon moment constitue
très souvent un facteur critique de succès en matière de gestion et d’encadrement
de certains événements de nature à avoir une influence sur, voire à troubler,
l’ordre public. Il en va notamment ainsi du football, qui se distingue cependant
des autres événements au niveau de la préparation. Il faut oser regarder la
réalité en face : la gestion et l’encadrement d’un tel événement nécessitent
l’affectation et l’utilisation (possibilité d’utilisation) d’innombrables
ressources (d’appui) humaines et matérielles et donc aussi une bonne collecte
et exploitation d’informations en provenance de l’ensemble du pays et de plus
en plus de l’étranger pour certains événements se déroulant à Bruxelles.
Dans le prolongement de la problématique évoquée supra, on peut, plus
particulièrement en vue de l’avenir, poser qu’Astrid, les CIC et les CIA sont
indispensables pour assurer une mise en œuvre efficace, efficiente et responsable
de la fonction de police. En tout état de cause, il importe d’accélérer le
mouvement de la réelle mise en place des CIC et des CIA, de manière pertinente
et efficace aussi si l’on veut vraiment pouvoir forcer le barrage des résistances
et les imperfections qui se présentent à différents niveaux du service de
police intégré, structuré à deux niveaux.
Il faudra accorder l’attention voulue à la qualité et au professionnalisme
du personnel affecté aux CIA et aux CIC et, le cas échéant, leur assurer les
formations d’appoint ad hoc.
Un contrôle de qualité doit également être effectué sur les différentes informations
à transmettre aux CIA.
L’arrêté royal promulgué le 26 mars 2005 [10] précise enfin le cadre de référence légal des détachements des fonctionnaires de police, ce qui devrait permettre de lever les obstacles à la mobilité temporaire du local vers le fédéral ou, plus particulièrement, vers les CIA et CIC.
L’octroi de la personnalité juridique aux zones monocommunales pourrait constituer un atout en de nombreuses hypothèses ou circonstances et permettrait une approche plus professionnelle et davantage intégrée des questions de sécurité.
Le DirCo n’a pas toujours eu l’occasion d’exprimer toutes ses potentialités ni d’apporter ainsi toute son énergie et son know-how à l’intégration des deux niveaux de police en vue d’un fonctionnement plus efficace et d’une plus grande sécurité. Le Comité permanent P estime que toute initiative positive ou constructive en la matière doit être encouragée. Le commissaire général et les directeurs généraux concernés pourraient aussi donner les impulsions et orientations ad hoc ou qui s’imposent, voire le cas échéant, proposer des mouvements de moyens et de ressources.
La fonction d’inspection et de contrôle interne doit être mieux organisée et reconnue au sein de l’ensemble du service de police intégré. Par rapport aux instructions antérieures, elle doit être réévaluée, étendue dans ses modalités et objectifs ainsi qu’au niveau fédéral. Il s’agit là de la pierre angulaire de l’ensemble du système d’inspection interne et de contrôle global et intégré de la mise en œuvre responsable, transparente de la fonction de police dans une société démocratique. Une place particulière doit y être réservée pour un traitement des plaintes de qualité.
La responsabilité sociale/sociétale d’une entité adhérant à une approche
d’excellence [11] ou
de qualité s’exprime de façon explicite par ses valeurs [12]
et sa culture, dont le code d’éthique professionnelle (déontologie) est partie
intégrante. Son approche est alors marquée par un fort niveau d’éthique [13]
en se voulant redevable de ses performances en tant qu’organisation responsable
envers toutes les parties prenantes [14] . La
transparence et l’acceptation du contrôle sont des valeurs centrales en la
matière.
Ces valeurs doivent être traduites dans la culture [15]
de l’organisation. L’intégrité et les valeurs d’éthique ne doivent en aucun
cas être compromises : tel est le message que doivent véhiculer les dirigeants
censés démontrer, en paroles et en actes, une forte adhésion à de telles hautes
valeurs [16] .
Cela vaut certainement pour les services de police.
C’est l’augmentation des risques et la fréquence des défaillances de divers
services publics, organisations et entreprises qui ont mis en évidence ces
dernières années la nécessité de disposer d’outils de pilotage, de contrôle
ou d’inspection de plus en plus efficaces. La conduite des affaires, quelles
qu’elles soient, tant dans les services de police que dans les autres services
publics, impose désormais une véritable culture de contrôle (d’inspection
voire d’audit [17]
) diffusée aussi bien dans les fonctions administratives
que dans les fonctions opérationnelles, et cela tant dans le secteur privé
que dans le secteur public.
De tels dispositifs doivent également permettre aux autorités et aux responsables
de maîtriser l’évolution rapide de l’environnement, des besoins et des priorités
des citoyens et des autorités ainsi que de procéder à temps aux adaptations
nécessaires au maintien du cap, à accomplir les missions imposées et à atteindre
les objectifs fixés. Au-delà du respect des libertés et droits fondamentaux,
ils doivent aussi promouvoir la conformité aux lois et règlements et aux normes
et standards, notamment opérationnels, certainement au sein des services de
police.
On ne s’étonne dès lors plus de la demande croissante portant sur des systèmes
(voire des structures) de contrôle plus performants et sur le développement
dans ce contexte de différents outils permettant également une évaluation
objective de l’efficacité des systèmes d’inspection, de contrôle ou de suivi
existants.
Des systèmes de contrôle interne performants doivent être mis en place afin
de détecter, en temps voulu, tout dérapage par rapport à la vision, à la stratégie,
aux objectifs fixés par le législateur, l’exécutif ou l’organisation dont
question et de limiter les risques de défaillance. Dans les services publics
et certainement au sein de la police, les relations courantes avec les « clients »
(le citoyen et l’autorité en ce qu’elle représente l’intérêt général ainsi
que les membres des services de police) et la confiance qu’ils lui témoignent
revêtent une importance de premier plan.
Les codes de conduite et autres politiques concernant les règles d’éthique à appliquer à la mise en œuvre de la fonction de police, les conflits d’intérêt et les normes de comportement social et éthique jouent, eux aussi, un rôle fondamental dans l’accomplissement de la fonction de police. Dans un tel contexte, il est donc important de voir si ces codes et politiques sont véritablement mis en œuvre et si les policiers y adhèrent effectivement, ce qui peut être une tâche réservée au secteur du contrôle interne.
Dans toute entreprise ou tout service public et certainement dans un service
de police, chacun est concerné et doit être impliqué dans une telle logique
de contrôle (interne ou externe). Tous les acteurs de la vie sécuritaire (internes ou externes
aux services de police) sont en effet directement concernés par la qualité
du contrôle développé pour l’ensemble de leurs entités ou compétences et qui
doit permettre de limiter les risques de défaillance ainsi que d’optimiser
l’efficacité des opérations.
Aussi importe-t-il de maximiser le potentiel et l’implication des personnes
membres de l’entité par le partage des valeurs et une culture de la confiance,
de la transparence et de la responsabilisation [18]
, semper plus ultra !
Au-delà de la simple et classique gestion des plaintes vis-à-vis de la police
et des policiers, de façon globale, le contrôle est aujourd’hui de plus en
plus souvent considéré comme un processus mis en œuvre afin de fournir une
assurance raisonnable quant à la réalisation d’objectifs entrant dans les
catégories suivantes : (1) le respect des libertés et droits fondamentaux
dans un État de droit ; (2) la conformité aux lois et réglementations
en vigueur ; (3) la conformité aux normes et standards ; (4) la
fiabilité des informations disponibles ; (5) la réalisation et optimisation
des objectifs opérationnels ; (6) le fait d’assumer de manière responsable
des missions et compétences, e.a. de police.
Il s’agit des missions de base du service ou de l’institution et des objectifs
inhérents, y compris ceux relatifs aux performances, à la rentabilité et à
la protection des ressources. Les différentes catégories d’objectifs, bien
que distinctes, se recoupent cependant. Elles répondent à des besoins différents
et permettent la mise en place de contrôles répondant à chacun ou à l’ensemble
de ces besoins.
Sous son point VI, Responsabilité et contrôle de la police, la Recommandation Rec(2001)10 [19] trace la vision globale du Conseil de l’Europe en matière de contrôle des services de police : « La police doit être responsable devant l’État, les citoyens et leurs représentants. Elle doit faire l’objet d’un contrôle externe efficace [20] . […] Le contrôle de l’État doit être réparti entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire » [21] .
Plusieurs dossiers examinés par le Comité permanent P ou dont il a pu prendre connaissance montrent que le respect du devoir de réserve et du secret professionnel ou de celui de l’information/instruction est encore trop souvent négligé par certains fonctionnaires de police. Or, il en va non seulement de l’intérêt de l’enquête mais également du droit au respect de la vie privée ainsi que de l’intérêt de certains citoyens parfois injustement mis en cause.
L’importance des enjeux démocratiques est parfois également perdue de vue en matière d’utilisation ou de consultation de certaines banques de données.
Certains comportements, attitudes, propos ou lacunes à répétition amènent le Comité permanent P à croire que dans de nombreuses entités du service de police intégré et d’autres services de police au sens de l’article 3 de la loi organique du 18 juillet 1991, on assiste à un estompement de plus en plus marqué de la norme, notamment déontologique, de la discipline qui va de pair, de la rigueur et d’un certain professionnalisme.
L’interaction ou la séquence entre l’action pénale et l’action disciplinaire/évaluation
continue à poser de nombreux problèmes dans la pratique, avec pour conséquence
que la discipline s’estompe encore plus et que, trop souvent, la hiérarchie
ne tire pas les leçons d’éventuels dysfonctionnements ou fautes qui, bien
que ne constituant pas une infraction pénale (ou n’étant pas sanctionnés pour
les raisons les plus diverses), constituent bien des fautes déontologiques
ou des mauvaises pratiques, ou démontrent un manque d’intégrité ou de professionnalisme
auquel il convient de remédier.
C’est notamment aussi dans ce contexte que le Comité permanent P demande
une fois de plus aux parquets d’effectuer en leur sein une analyse de la politique
du classement sans suite qu’ils mènent à l’égard de faits impliquant des fonctionnaires
de police. Le ministère public est incontestablement l’un des maillons importants
au niveau de la discipline au sein du service de police intégré mais aussi
de la police en tant que « learning organisation ».
De plus, certains indicateurs montrent que la complexité de la situation ou
la mauvaise compréhension des systèmes en présence pourraient conduire à une
impunité totale sur tous les plans et à l’oubli complet du comportement ou
de l’événement incriminé. Il faut, en tout état de cause, éviter que certaines
autorités, notamment disciplinaires, ne se retranchent trop souvent ou en
tout cas trop facilement derrière une procédure répressive pour finalement
ne rien entreprendre sur le plan disciplinaire.
Le Conseil de l’Europe souligne l’importance de la relation de confiance
qui doit exister entre le citoyen et la police. à cet effet, il convient notamment « […]
d’encourager la mise en place de mécanismes favorisant la responsabilité et
reposant sur la communication et la compréhension entre la population et la
police » [22]
.
La présente disposition attire aussi l’attention sur les possibilités de développer
les relations de confiance réciproque entre la population et la police par
la voie de mécanismes qui, en rapprochant la police et la population, pourraient
contribuer à améliorer la compréhension mutuelle.
Il convient donc de privilégier la mise en place de mécanismes permettant
le règlement des différends entre la population et la police. On peut ainsi
songer à des structures ou mécanismes de médiation ou de recours, tel que
celui qui existe au niveau de l’Inspection générale de la police fédérale
et de la police locale, offrant à la population et à la police des moyens
de régler leurs différends dans le cadre de contacts et de négociations informels
entre les parties. De tels mécanismes doivent, en principe, être indépendants
de la police elle-même.
De nombreux pays européens connaissent de telles structures ou systèmes « de
médiation », de gestion et d’apaisement des conflits entre citoyens et
policiers, voire de plus en plus souvent entre policiers, ainsi en est-il
pour la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie et le Portugal [23]
. Dans d’autres pays, les Ombudsmen (Médiateurs)
jouent un rôle assez important à cet égard également.
Dans un tel contexte, il est aussi particulièrement important que les États
membres envisagent « […] de renforcer les structures existantes ou
d’en créer de nouvelles pour assurer la responsabilité de la police dans les
situations où elle jouit d’une large capacité d’initiative vis-à-vis de l’individu,
par exemple lorsqu’elle a recours à la force, lorsque des personnes sont privées
de liberté, lorsque la police interroge des suspects et lorsqu’elle recourt
à certaines mesures d’enquête » [24]
.
La transparence et le contrôle de ces situations, tel que l’accès, le
cas échéant du public, aux cellules de police, est un exemple de mesure bénéfique
pour la population aussi bien que pour la police, en ce sens qu’elle permet
à la population d’exercer un certain droit de regard tout en contribuant à
battre en brèche les accusations non fondées portées contre la police.
La relation de confiance citoyen (public)/police est ainsi aussi au cœur du
problème au-delà des questions d’efficacité ou de capacité opérationnelle
qui, elles aussi, doivent faire l’objet de toute l’attention et de tout l’intérêt
des contrôleurs et des inspecteurs tant externes qu’internes.
La Recommandation Rec(2001)10 évoquée supra prévoit en outre que l’élaboration
d’un code de déontologie (ou d’éthique professionnelle) peut constituer un
instrument utile, voire indispensable, dans le cadre des contrôles (et inspections)
à organiser sur le fonctionnement des services de police et les interventions
des membres de son personnel : « Des codes de déontologie de
la police reposant sur les principes énoncés dans la présente recommandation [25]
doivent être élaborés dans les États membres et supervisés
par des organes appropriés. […] La police doit être responsable devant
l’État, les citoyens et leurs représentants. Elle doit faire l’objet d’un
contrôle efficace » [26]
.
Par l’intermédiaire des organes centraux, régionaux ou locaux, la police
doit être responsable devant l’État, dont elle tient son pouvoir et sa mission.
C’est ainsi que tous les États européens se sont le plus souvent dotés, selon
une géométrie variable et multiple, d’organes chargés de la revue ou de la
supervision de la police.
Toutefois, dans une société démocratique ouverte, le contrôle exercé par l’État
sur la police doit être complété par la possibilité pour la police d’être
responsable de ses actes devant la population, c’est-à-dire les citoyens et
leurs représentants. La responsabilité de la police à l’égard du public est
d’une importance capitale pour la relation entre la police et la population.
Un code de déontologie a également un rôle fondamental à jouer en la matière
et doit permettre d’asseoir plus clairement les valeurs de l’institution police,
de renforcer les points positifs de la culture de l’organisation. Une bonne
implémentation en est indispensable.
Selon la Cour des comptes [27]
, la détermination par l’autorité fédérale du contingent
annuel de jeunes recrues ne repose sur aucun système d’
Au niveau de l’application des statuts, le Comité permanent P estime judicieux, compte tenu notamment des enjeux de la demande, d’organiser des journées d’études, non seulement au profit des membres du personnel, mais également au profit des responsables de zones, e.a. les comptables spéciaux, et notamment en matière disciplinaire.
À terme, un tiers des emplois du cadre du personnel redessiné de la police
fédérale sera occupé par du personnel Calog [29]
. Une initiative similaire pourrait utilement être prise
au niveau de la composante locale du service de police intégré.
Il convient cependant de se demander si, dans ce contexte, on n’a pas parfois
perdu de vue certains effets indirects négatifs, voire néfastes, du rythme
de la Calogisation sur la mise en œuvre des mécanismes intégrateurs et d’appui
ainsi que sur le bon fonctionnement à moyen terme de certaines composantes
de la police fédérale dans ce cadre.
À plus d’une occasion, le Comité permanent P a pu constater certaines
lacunes dans la qualité du travail de police judiciaire, tant dans le pilier
spécialisé que dans le pilier de base. Selon différents intervenants ou parties
prenantes, ces lacunes résultent bien souvent, nous l’évoquons par ailleurs,
de la mauvaise qualité de la formation de base ou continuée. La qualité de
certains procès-verbaux est parfois préoccupante, ce qui ne fait qu’accentuer
encore l’importance du contrôle de la qualité du travail par et au sein de
la hiérarchie.
Le fait par exemple que la direction et l’autorité sur l’information ou l’instruction
judiciaire soient du ressort du procureur du Roi ou du juge d’instruction,
ne dispense certainement pas la hiérarchie policière d’assumer, en cette matière
aussi, sa mission de contrôle, notamment de la qualité des actes posés ou
rédigés ou de leur fiabilité. On remarque aussi que le feed-back du
parquet sur la qualité des procès-verbaux est parfois insuffisant, ce qui
ne permet pas non plus de tirer des leçons constructives.
À côté de la qualité des différents devoirs de police judiciaire exécutés
et plus particulièrement de celle des procès-verbaux, il importe aussi de
souligner, une fois encore, l’importance d’une politique adaptée de verbalisation
sur le terrain, qui puisse être appliquée de manière univoque dans la pratique.
On observe également que l’uniforme et la carte de légitimation, présentée
ou non, sont parfois considérés comme de véritables sauf-conduits pour user
et abuser du pouvoir qu’ils confèrent.
En matière d’usage de la force, la qualité des procès-verbaux revêt ainsi
une importance particulière. Tout usage de la force doit être soumis à un
contrôle interne réel et faire l’objet d’un suivi approprié. Cela peut notamment
se faire en organisant les débriefings qui s’imposent et en circonscrivant
les points qui doivent toujours faire l’objet d’une évaluation dans ce cadre.
Cela peut également se faire dans l’optique d’une « learning organisation »,
en orientant plus et mieux l’examen interne des procès-verbaux sur les mentions
d’usage de la force et des conséquences éventuelles de cet usage, ce qui ne
se fait pas toujours ni suffisamment dans la pratique.
Nous avons sans conteste pu
noter qu’il existe une grande marge entre les différents types d’actions menées
par la police et la perception de celles-ci par la population. Ainsi, les
« opérations policières spectacles » fortement médiatisées peuvent
parfois donner beaucoup plus l’impression d’une présence policière que d’autres
opérations de fond, parfois de longue haleine, menées au quotidien, au cœur
même des quartiers.
S’il faut tenir compte de ce que d’aucuns qualifient de « sentiment subjectif
d’insécurité », on peut néanmoins s’interroger sur l’efficience de telles
opérations étant donné l’énorme capacité policière ainsi mobilisée. Si le
sentiment d’insécurité croissant du citoyen est ainsi régulièrement évoqué,
par d’aucuns même à tout propos, il convient de mentionner aussi le « sentiment
d’insécurité » croissant des policiers de la rue confrontés à des situations
perçues de plus en plus comme particulièrement dangereuses, inquiétantes ou
à risque. Cette situation peut avoir des conséquences quant à l’abstention
voire au refus d’intervenir et aussi quant à la manière plus ou moins coercitive
de le faire. Il convient de s’en inquiéter plus et plus à propos.
On relève par ailleurs les plaintes de plus en plus fréquentes de fonctionnaires
de police vis-à-vis de leur hiérarchie (vis-à-vis de certains collègues aussi),
qui traduisent notamment une augmentation du niveau de frustration de certains
et les difficultés de plus en plus grandes à assumer les fonctions de direction.
Dans le même ordre d’idées, il convient de regretter que de plus en plus de
faits soient dénoncés à différentes institutions, parmi lesquelles le Comité
permanent P, à des fins dilatoires ou de perturbation d’autres procédures,
quand ce n’est pas à des fins de nuire.
Le Comité permanent P est d’avis qu’il convient de chercher une solution
équilibrée en vue d’intervenir à l’égard des excès ou dérives en la matière.
Le Comité permanent P a été exposé à des critiques non fondées à propos
de ses enquêtes, à certaines résistances et même parfois à certaines entraves
à l’occasion de l’un ou l’autre contrôle ou de l’une ou l’autre de ses interventions.
Au-delà de la résistance des débuts de sa mise en place et de quelques cas
particuliers en 1996 et 1998, cela avait été le cas en 2000-2001, puis les
choses s’étaient quelque peu calmées. En 2004, le Comité permanent P
a été une nouvelle fois confronté à des mouvements de mauvaise humeur, à une
transmission d’informations de faible qualité, défaillante ou même parfois
inexistante.
Il n’est pas acceptable que le contrôle externe institué par la loi et agissant
sous l’égide du Parlement rencontre de tels obstacles dans ses activités.
Certainement pas lorsque le respect des droits de l’homme est en jeu.
Certains services renvoient trop systématiquement ou trop rapidement les plaignants
directement vers le Comité permanent P, se déchargeant ainsi d’office
sur lui de leur mission en matière de gestion des plaintes des citoyens et
engorgeant le Comité permanent P et son Service d’enquêtes de plaintes
qu’ils auraient dû traiter eux-mêmes en première ligne.
Comme il a explicitement été mentionné dans le cadre des discussions à la
Chambre à propos du rapport d’activités 2000 du Comité permanent P,
le contrôle externe n’a pas été modifié à la suite de la loi du 7 décembre 1998.
La loi a par contre profondément changé le contrôle interne. La relation entre
le contrôle externe et les inspections (l’Inspection générale de la police
fédérale et de la police locale ainsi que l’inspection au niveau de chaque
zone de police) est considérée comme un facteur capital.
Dans ce contexte, la Commission d’accompagnement notait aussi clairement que :
« Dès que la position du Comité P en tant qu’organe de contrôle
externe est remise en question, celui-ci doit réagir par l’intermédiaire du
Parlement » [30]
.
Dans le cadre de la discussion du rapport annuel d’activités 2003, les
Commissions d’accompagnement parlementaire soulignaient à cet égard que :
« La principale mission du Comité permanent P, qui a été mis
en place par le Parlement, consiste à veiller à ce que ces services remplissent
le rôle qui leur est assigné dans notre régime démocratique. Dans ce contexte,
elles insistent pour que toutes les autorités légalement tenues de transmettre
à ce Comité les informations nécessaires à cette fin, remplissent strictement
leurs obligations en la matière » [31]
.
Les accords « Octopus » et la loi du 7 décembre 1998
règlent le fonctionnement du service de police intégré, structuré à deux niveaux
afin d’assurer, de façon intégrée, un service minimum équivalent sur l’ensemble
du territoire, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Le législateur
a aussi entendu rencontrer des préoccupations particulières, e.a. une possible
immixtion des plus hautes autorités hiérarchiques, notamment par la voie de
la direction générale s.s., dans les enquêtes judiciaires ainsi que
la gestion intégrée de l’information (collecte, saisie, traitement, diffusion,
utilisation, etc.) et d’un certain nombre de moyens et processus communs ou
compatibles indispensables à un fonctionnement intégré. Nous l’avons évoqué
par ailleurs dans le passé ainsi que dans le présent rapport annuel.
Le fonctionnement intégré implique que les questions de coordination à différents
niveaux et de mécanismes intégrateurs gardent toute leur acuité.
À travers la promulgation des lois du 18 juillet 1991 et du 5 août 1992,
le législateur a opté pour une mise en œuvre responsable, transparente et
démocratique de la fonction de police, dans le respect des droits de l’homme
mais aussi dans un souci d’efficience (efficacité et coordination). La loi
du 7 décembre 1998 s’inscrit dans la continuité de cette ratio
legis en précisant tout aussi clairement que le service de police intégré
doit adhérer à la vision de police de proximité ou d’orientation communautaire
qui en découle et qu’il doit, de façon intégrée, assurer un service minimum
équivalent, vingt-quatre heures sur vingt-quatre à l’ensemble des citoyens
et au profit des autorités compétentes et cela sur l’ensemble du territoire.
Cette vision doit aller de pair avec un volet proactif et un volet répressif,
s’il échet, notamment au travers de l’ « intelligence led policing ».
Dans ce contexte aussi, l’exposé des motifs et les travaux parlementaires de la loi du 7 décembre 1998 ainsi que les dispositions légales et réglementaires subséquentes ou prises en vertu de cette loi, mettent l’accent sur le changement de culture que l’ensemble de la démarche entreprise implique et rappellent qu’à cet égard, un code de déontologie (ou d’éthique professionnelle) a un rôle déterminant à jouer, sans doute plus encore au niveau de son implémentation correcte et de l’adhésion de toutes les parties prenantes. Dans le même sens, à l’occasion de ses deux derniers rapports annuels, le Comité permanent P avait évoqué le nécessaire équilibre entre efficacité/efficience et éthique professionnelle dans la mise en œuvre de la fonction de police, au-delà de la nécessité de faire entrer au plus vite en vigueur un code ad hoc.
Au sein du service de police intégré, la police fédérale est en fait investie de deux types de missions – ses missions propres et les missions d’appui à la composante locale –, qui doivent toutes deux contribuer au fonctionnement intégré du service de police intégré, parfois présenté comme un troisième type de mission [32] . Dans le même contexte, il ne faut pas perdre de vue non plus, malgré les enjeux multiples, que la mise en œuvre des missions des zones de police doit également contribuer au même titre et de la même manière au fonctionnement intégré dont question.
Un fonctionnement intégré en vue d’assurer la mise en œuvre de la fonction de police ainsi que les missions et tâches diverses à assumer, implique et rend indispensable l’adhésion totale des deux composantes du service de police intégré et de l’ensemble des piliers, corps et services qui les constituent, notamment, compte tenu de la volonté explicite du législateur, au travers d’un modèle de fonctionnement par consensus ou après concertation, ainsi qu’au travers d’une approche de planification, de gestion par projets ou programmes, de mécanismes intégrateurs, etc.
Dans l’état actuel des choses – le Comité permanent P s’est déjà exprimé
à différents moments et dans différents documents à ce propos –, le changement
du paysage policier est un processus évolutif qui, globalement, peut être
considéré comme positif et constructif.
Le fait qu’il s’agisse d’un mécanisme de changement aux caractéristiques et
finalités multiples (intégration, uniformisation, standardisation, professionnalisation,
modernisation, amélioration et, qui sait, recherche d’excellence) implique
qu’en cours de processus, on procède à des évaluations, on mette en évidence
les imperfections ou points à améliorer, on prenne des options et décisions,
on apporte des correctifs, etc.
Au travers des analyses effectuées ces dernières années, le Comité permanent P
s’efforce dès lors de pointer à la fois d’éventuelles questions à améliorer
ou imperfections ainsi que les possibilités de mieux assumer la fonction de
police, de manière responsable et transparente.
Dans ce contexte aussi, sans préjudice du Plan national de sécurité, il convient
de dégager une stratégie commune unique à l’ensemble de la police, avant de
mettre au point celle qui est propre à chacune des composantes (politique,
gestion et développement au sein de chaque composante et à l’intérieur de
celle-ci, au sein de chaque pilier ou corps).
Il est regrettable que, de part et d’autre, en fonction des circonstances, il y ait parfois une interprétation trop strictement juridique du cadre général de référence et trop peu de capacité (ou de volonté) d’innovation, d’imagination constructive en vue de veiller à ce que la police fasse ce qu’elle doit faire. N’a-t-on pas trop et trop souvent évoqué les problèmes et les difficultés de fonctionnement, notamment les coûts, les statuts, les prééminences, ce que la police ne sait (ou ne veut) pas (ou plus) faire, alors que n’ont pas été suffisamment soulignés les solutions, les points positifs générés par le changement de paysage policier, bref l’essentiel de ce que doit faire la police, ce qu’attendent les citoyens et qu’exige le souci de l’intérêt général ? « Mais que fait donc la police ? »
Il ne saurait cependant être question de minimiser ou de passer sous silence
le fait qu’il s’agisse aussi du cofinancement de l’intégration et, dans une
certaine mesure, de l’appui. Les efforts financiers et les coûts du fonctionnement
local ainsi que les résultats manquent parfois de transparence, compte tenu
de l’apport du fédéral.
Il convient de ne pas perdre de vue que, parfois, une réorganisation interne
ou un autre type de management dans un service peuvent permettre l’optimalisation
de la mise en œuvre des moyens et du personnel et donc amener aussi à une
augmentation de l’efficacité/efficience opérationnelle, parfois même à une
certaine effectivité.
Les problèmes actuels ou les questions sujettes à controverse sont fréquemment
imputées à la réforme ou aux changements du paysage policier (malheureusement
toujours en cours) alors qu’ils étaient préexistants mais peut-être pas toujours
avec la même acuité ni la même visibilité, comme par exemple la police des
palais de justice et la surveillance policière des personnes arrêtées.
L’hiatus est d’autant plus grand que d’autres changements sont en cours ou
se font toujours attendre dans certains services publics, dans le monde de
la Sécurité ou de la Justice. Les composantes de l’ensemble chargé du maintien
de l’ordre au sein de notre État de droit se meuvent à des vitesses différentes
et pas nécessairement dans la même direction. Qu’en est-il par exemple de
la réforme de la Justice dont des pans substantiels sont intrinsèquement liés
au travail policier ? Certaines composantes du monde judiciaire induisent
aussi ou accélèrent certains dysfonctionnements policiers.
Il convient également de ne pas perdre de vue que certains intérêts ou priorités
de la composante fédérale et des composantes locales peuvent être contradictoires.
En de telles hypothèses, il n’est que logique que ce soit l’autorité fédérale
qui tranche, certainement en ce qui concerne l’utilisation des deniers.
Il faut aussi tenir compte du fait que la mise en place de l’ensemble a dû
se dérouler conjointement avec d’autres réformes très importantes, notamment
sur le plan législatif (sécurité routière, méthodes particulières de recherche,
mise en place du parquet fédéral, etc.).
La multiplication des changements a donné lieu à une spirale de problèmes
ou difficultés. Aller vite était sans doute la moins mauvaise solution à certains
égards, pour autant qu’on en admette les conséquences, à savoir notamment
la nécessité de prévoir une phase de rodage suivie d’une phase de réglage
fin et, le cas échéant, le changement de certaines pièces, voire du pilote.
Le Comité permanent P est d’avis que toute mise en œuvre responsable et transparente de la fonction de police implique, au-delà de la prise en compte des dimensions « droits de l’homme » et « développement démocratique » évoquées à suffisance tout au long de ce rapport annuel, les dimensions d’efficacité/efficience et de coordination certes, également évoquées par ailleurs, mais surtout celles de fonctionnement intégré et, dans ce cadre, de pertinence, validité et efficacité de « l’information/renseignement » ainsi que de la transmission et de la communication globale de ces renseignements à l’ensemble des services de police qui ont un need to know en la matière.
Lorsqu’un certain nombre de responsables-clés des deux composantes de la police intégrée ont pris conscience de l’importance du fonctionnement intégré et intégrateur, des besoins en mécanismes, en processus à cet effet, mais surtout de la volonté inébranlable et clairement affichée d’agir dans ce sens – bref d’une adhésion de tous les maillons – un certain nombre de mesures ont été décidées. Leur implémentation est d’ailleurs en cours – se poursuit devrait-on dire plutôt – et certains effets positifs se font déjà sans conteste sentir. Un certain nombre de conséquences de ce changement de perception ou d’attitude sont, en effet, de plus en plus visibles mais pas encore suffisamment connues à l’heure actuelle.
L’implication et l’adhésion de la composante fédérale sont en pleine mutation
et évoluent dans un sens positif et constructif. Celles de certains corps,
éléments ou responsables (voire d’autorités de police) de la composante locale
ne sont, par contre, pas toujours présentes de la même manière ni avec la
même intensité ou pertinence partout. L’indispensable transparence ou « accountability »
ne semble pas toujours inscrite non plus au rang des principes sous-tendant
les actions des uns et des autres.
L’implication et l’adhésion en matière de fonctionnement intégré, responsable
et transparent sont généralement perçus comme devant et pouvant être améliorées.
Il convient également de tenir compte du fait que certaines déficiences subsistent
encore aujourd’hui au niveau du système et des mécanismes de solidarité interzonale.
Une vision globale ou particulière du véritable coût du fonctionnement intégré
de la composante locale et de ses différents corps semble faire défaut.
Certaines composantes locales ne jouent pas toujours vraiment le jeu ou ne
jouent pas toujours cartes sur table.
Le citoyen, les policiers et la police aspirent tous à une certaine stabilité et sérénité. Il conviendra donc de se montrer prudent et de laisser jouer suffisamment le facteur temps.
Au crépuscule de la mise en place du nouveau paysage policier, on ne peut
que s’étonner du nombre de groupes de travail ou de forums amenés à se prononcer
sur des réglages fins, voire de nouvelles réformes. On pense par exemple à
différents groupes de travail tels que le Conseil fédéral de police (dans
certaines de ses missions récentes), à la Commission Bruggeman ou à la Commission
d’accompagnement de la réforme des polices non seulement au niveau local mais
également à tous les niveaux et à tous les endroits au sein de l’ensemble
de l’appareil policier. Sans compter les acteurs ou intervenants dont le rôle
reste ambigu pour certains : le SAT [33]
aux yeux du commissaire général et le conseiller en matière
de sécurité du premier ministre aux yeux de certains autres.
Relevons en outre la multiplicité des rapports établis dans différents contextes :
le rapport annuel de l’Inspection générale au Conseil fédéral de police, les
rapports des magistrats fédéraux insérés au sein du service de police intégré
et bien d’autres encore.
Les différentes leçons qui ont déjà été tirées ne semblent pas toujours avoir
fait l’objet d’une évaluation ou d’une discussion suffisamment critique, constructive,
globale ou intégrée.
Que doivent penser les responsables/chefs de cette multiplicité de « bijzitters »
chargés de mener le navire de la police à bon port ?
Différentes recommandations du Comité permanent P ont été évoquées au
fil de ce rapport annuel, au-delà du cadre et des rapports dont ils étaient
issus et qui ont été communiqués et commentés aux différents intervenants
ces derniers mois déjà. À cet égard, le Comité permanent P entend revenir
ci-après une dernière fois sur certaines recommandations internes et externes
et les mettre ainsi en exergue.
Compte tenu de sa mission de monitoring global et intégré de la fonction de
police telle qu’assumée par différents acteurs ou intervenants, il importe
que le Comité permanent P puisse confronter l’ensemble des données disponibles
sur une période d’activité donnée (e.a. les rapports particuliers, généraux
ou annuels dont question à l’article 14ter de la loi organique
du 18 juillet 1991) avec ses propres constatations et vérifications
portant sur la même période et, s’il échet, encore faire l’une ou l’autre
vérification supplémentaire. À cet égard, il semble impératif de prévoir qu’un
certain nombre de rapports soient adressés au Comité permanent P pour
le 1er juin de chaque année et que, dans le prolongement,
celui-ci soit tenu de déposer son rapport annuel, donnant une vue générale
et intégrée de la situation, à l’ouverture de l’année parlementaire, comme
d’ailleurs prévu ab initio. Dans ce contexte, vu les différentes missions
qu’il entend assumer, dans les limites aussi de ses compétences, le Comité
permanent P doit aussi clairement être désigné officiellement comme destinataire
de toutes les informations relatives à l’usage d’une arme à feu ou d’un spray,
aux incidents significatifs à l’occasion d’une privation de liberté ou d’un
enfermement, de même qu’aux suicides ou tentatives de suicide de membres de
services de police.
Tant en matière de traitement des plaintes à charge de fonctionnaires de
police que d’enquêtes judiciaires les concernant, le législateur a entendu
recourir à une répartition des missions et tâches entre les différents acteurs
et intervenants. Il s’est exprimé très clairement à ce propos en fixant certains
principes pour lesdites répartitions ou une procédure pour les mettre en place.
Si la situation est un peu moins claire en matière d’enquêtes de contrôle,
des mécanismes existent cependant et ont fait leurs preuves : la situation
peut toutefois encore être améliorée à différents égards.
Tout comme il a été important de procéder à une répartition des missions et
des tâches entre le niveau fédéral et le niveau local, il est fondamental
à présent de mieux circonscrire et concrétiser la répartition de certaines
tâches et missions entre le Comité permanent P (et son Service d'enquêtes)
et tous les autres intervenants, services de police, d’une part, avec leurs
inspections et contrôles internes et l’Inspection générale de la police fédérale
et de la police locale, d’autre part.
L’alignement du niveau local sur le niveau fédéral et inversement pose toujours problème à différents égards, nous l’avons évoqué à plus d’une reprise. La mise en place rapide d’une Commission permanente de la police locale représentative est de nature à constituer et à induire une amélioration significative dans ce contexte.
Le Comité permanent P s’est exprimé sur certains changements structurels et conceptuels dans d’autres forums ou procédures qui n’ont pas encore connu leur aboutissement. Il ne s’étendra donc pas plus avant sur le sujet ici, si ce n’est pour souligner que le changement du paysage policier a sans conteste besoin d’une certaine période de stabilité et de consolidation et pour rappeler les risques d’une nouvelle réforme trop en profondeur, sans réelle légitimité dans les prémisses, fût-ce d’une partie du service de police intégré, structuré à deux niveaux.
Vu les enjeux, la dimension humaine de l’entreprise est loin d’être négligeable
en tant que facteur-clé de son succès.
Les enjeux en matière de respect de la norme et de discipline ont également
une dimension toute particulière au sein d’un système policier. Certains dysfonctionnements
et estompements de la norme méritent une attention particulière, voire un
traitement spécifique.
Au-delà des exigences d’efficacité, d’efficience ou d’effectivité ou encore
de coordination, les exigences éthiques de notre société sont de plus en plus
présentes aussi en matière de police. De plus en plus, les entreprises intègrent
aussi la dimension éthique (professionnelle) dans le système de référence
qui préside à leurs destinées. Ainsi, les dirigeants en matière de police
aussi développent et facilitent la compréhension et la réalisation de leur
mission et de leur vision. Ils développent les systèmes et les valeurs organisationnelles
exigées pour prétendre à un succès durable… Cela implique alors une action
en vue de développer et modéliser les valeurs, l’éthique et le type de responsabilités
publiques qui soutiennent la culture. Si les dirigeants développent la mission,
la vision, les valeurs et l’éthique de l’organisation, ils jouent le rôle
de modèles d’une « culture de l’excellence » [34] .
Les mêmes préoccupations se retrouvent dans des modèles de management comme
le modèle COSO évoqué par ailleurs [35] .
Un des enjeux les plus fondamentaux, certainement en matière de police et
de sécurité, est celui de la confiance.
Dans ce contexte, la première question que se posent les examinateurs-évaluateurs
qui utilisent ce système de référence est la suivante : « Existe-t-il
des codes de conduite et autres politiques concernant les règles d’éthique
à appliquer dans les affaires, les conflits d’intérêt ou les normes de comportement
moral ? ». Et ensuite, une deuxième question plus importante
encore : « Ces codes et politiques sont-ils mis en œuvre ? » [36]
.
Que penser, dans un tel contexte, du débat sur l’éthique professionnelle au sein de la police ? Où se retrouve cette dimension éthique, essentielle en matière de police, dans la pratique, sur le terrain ? Au-delà de la lenteur regrettable de la mise en place du code d’éthique professionnel (déontologie), il conviendra au plus tôt d’en réaliser l’implémentation avec succès !
La nature ou la gravité de certains dysfonctionnements ou fautes impliquent
certes que des mesures administratives, disciplinaires ou pénales soient prises
chaque fois que c’est nécessaire. En cette matière aussi, compte tenu de la
spécificité et de la difficulté de la profession, il convient de dégager les
équilibres qui s’imposent entre proaction, prévention, réaction et répression
mais encore de prendre en considération les dimensions d’amélioration et d’apprentissage
subséquentes indispensables dans une approche de service public responsable
et transparente ainsi que la dimension de recherche de qualité.
Cette démarche de « learning organisation » fait encore trop
défaut dans la plupart des composantes de la police belge. Par ailleurs, une
véritable transparence, dans les faits et dans la vie de tous les jours, ne
semble pas encore avoir été intégrée dans la culture et les valeurs policières.
Les différentes discussions en matière de police et de sécurité ces quinze
dernières années, notamment à l’occasion de certaines commissions d’enquête
parlementaires ou des travaux parlementaires qui allaient mener au vote des
lois des 18 juillet 1991, 5 août 1992 et 7 décembre 1998
ont chaque fois clairement mis l’accent sur au moins quatre préoccupations
ou facteurs critiques de succès pour la mise en œuvre de la fonction de police,
à savoir : (1) le cycle du renseignement ; (2) la coordination
(fonctionnement intégré d’aujourd’hui) ; (3) le fait, pour tous
les acteurs ou intervenants, hiérarchie (direction) et autorités (autorité),
d’assumer leurs responsabilités ainsi que (4) le contrôle effectif en
corrélation notamment avec la volonté de rendre compte et donc d’être transparent
dans un État de droit.
Les différentes constatations évoquées supra, notamment en ce qui concerne
le fonctionnement des centres 101 (Astrid – CIC) et des CIA, incitent le Comité
permanent P à tirer la sonnette d’alarme tant en matière de cycle de
renseignement que de fonctionnement intégré. Au niveau du fonctionnement intégré,
la question d’un appui transparent et réfléchi ainsi que celle de la qualité
de la formation, orientée vers le terrain, dans un contexte de police de proximité,
incitent le Comité permanent P à formuler des réserves de même nature.
De façon globale, dans ce contexte aussi et compte tenu du cadre de référence,
le Comité permanent P entend plaider pour un renforcement indispensable
du fonctionnement intégré de l’ensemble de la police, plus visible, soucieux
du respect des droits de l’homme et de l’évolution démocratique de la société,
etc. Bref, pour une fonction de police responsable et démocratique, ainsi
que des services et des responsables mettant un point d’honneur à rendre compte
devant le Parlement en toute transparence au travers de son organe spécialisé,
institué à cet effet : le Comité permanent P.
[1] Loi du 18 juillet 1991 modifiant la loi du 2 décembre 1957 sur la gendarmerie et la loi du 27 décembre 1973 relative au statut du personnel du cadre actif du corps opérationnel de la gendarmerie et portant démilitarisation de la gendarmerie (M.B. du 26 juillet 1991).
[2] Évaluation de la réforme des services de police, o.c., p. 84.
[3] En vertu de l’article 13.16 de la loi du 10 avril 1990 réglementant la sécurité privée et particulière, telle qu’inséré par la loi-programme du 27 décembre 2004 (M.B. du 31 décembre 2004), le Comité permanent P est chargé du contrôle sur les services de sécurité organisés au sein d'une société publique de transports en commun.
[4] Commission d’accompagnement de la réforme des polices au niveau local, Deuxième rapport d’évaluation, avril 2005, p. 158.
[5] L’article 25
de la loi sur la fonction de police dispose que : « Les fonctionnaires
de police ne peuvent être chargés de tâches administratives autres que celles
qui leur sont attribuées expressément par ou en vertu de la loi.
Par dérogation de l'alinéa 1er, peuvent leur être confiées des tâches administratives
qui exigent, pour leur réalisation, l'exercice de compétences de police, et
dont le Ministre de l'Intérieur et le Ministre de la Justice arrêtent la liste
de commun accord.
Les autorités judiciaires peuvent confier aux fonctionnaires de police des
enquêtes en matière disciplinaire. Lors de cérémonies publiques, les services
de police peuvent être chargées d'assurer une présence protocolaire ainsi
que l'escorte des autorités et des corps constitués ».
[6] Voy. aussi Commission d’accompagnement de la réforme des polices au niveau local, o.c., p. 158.
[7] Directive commune MFO 3 du 14 juin 2002 des ministres de la Justice et de l’Intérieur relative à la gestion de l’information de police judiciaire et de police administrative (M.B. du 18 juin 2002).
[8] Voy. aussi Commission d’accompagnement de la réforme des polices au niveau local, o.c., pp. 27-28.
[9] Voy. aussi Évaluation de la réforme des services de police, o.c., p. 87.
[10] Arrêté royal du 26 mars 2005 portant réglementation des détachements structurels de membres du personnel des services de police et de situations similaires et introduisant des mesures diverses (M.B. du 22 avril 2005).
[11] Dans une approche EFQM, l’excellence consiste à dépasser le cadre réglementaire minimal dans lequel l’organisation opère et à chercher à comprendre les attentes des acteurs de la société et à y répondre.
[12] Les valeurs de l’institution ou du service sont les idées et attentes qui décrivent la manière dont les services, les personnels d’une entité se comportent et sur lesquelles sont fondées toutes les relations et le fait d’assumer de manière responsable des missions et des compétences (c’est-à-dire notamment la confiance, le soutien et la vérité). Ainsi, dans le système EFQM, les approches inspirent et s’efforcent de maintenir à un niveau élevé la confiance des parties prenantes.
[13] Éthique : morale universelle que l’organisation adopte et qui la guide.
[14] Modèle EFQM.
[15] Culture : ensemble des comportements, des dimensions éthiques et des valeurs qui sont transmises, mises en pratique et renforcées par les membres de l’organisation ou de l’entité.
[16] Voy. modèle COSO.
[17] L’audit
interne est une fonction d’appréciation indépendante des structures auditées.
Elle est dépendante de la direction générale. Elle est interdépendante de
toute l’entreprise dont elle est partie intégrante … Auditer, c’est évaluer
le degré de maîtrise atteint. L’entreprise formant un tout, tous les systèmes,
toutes les organisations, toutes les fonctions, toutes les opérations, tous
les actifs et passifs doivent se trouver sous contrôle et peuvent faire l’objet
d’un audit. Celui-ci a pour rôle d’informer la direction générale des degrés
de maîtrise qui apparaissent.
L’audit peut se transformer pour agir, ponctuellement, en profondeur, dans
les domaines où l’on peut soupçonner que des changements récents pourraient
avoir apporté des dysfonctionnements qui pourraient échapper pour un temps
au système des indicateurs en place.
[18] Voy. modèle EFQM.
[19] Telle qu’adoptée par le Conseil des Ministres du Conseil de l’Europe le 19 septembre 2001.
[20] Article 59 de la Rec(2001)10, in X, Le Code Européen d’Éthique de la police, Recommandation (2001) 10 et exposé des motifs, Strasbourg, Éditions du Conseil de l’Europe, 2002, pp. 73-74.
[21] Article 60 de la Rec(2001)10, in X, o.c., pp. 73-74.
[22] Article 62 de la Rec(2001)10, in X, o.c., pp. 75-76.
[23] Voyez e.a. Closset, L. « L’inspection générale de la police fédérale et de la police locale » et « L’inspection générale de la police fédérale et de la police locale et l’amélioration du travail policier » in Bourdoux, Gil. L., Vandoren, A., et REITER, M., o.c., pp. 117-122 et pp. 129-132.
[24] Article 62 de la Rec(2001)10, in X, o.c., pp. 75-76.
[25] Recommandation (2001)10. L’exposé des motifs de cette recommandation fournit un certain nombre de précisions sur les concepts auxquels il est fait référence par le Conseil de l’Europe. Ces précisions sont essentiellement juridiques et nullement liées aux concepts utilisés dans le monde privé, par exemple par de quelconques gourous du management ou de la modernisation dans le cadre notamment d’une approche de qualité totale. Ces précisions ne correspondent donc pas toujours non plus au langage classique (mais variable) des auditeurs, inspecteurs et contrôleurs en tous genres. Voyez aussi BOURDOUX, Gil. L., VANDOREN, A. et REITER, M., o.c.
[26] Article 63 de la Rec (2001) 10, in X, o.c., pp. 75-76.
[27] Cour des comptes, La garantie d’un service minimum de base de police de base, o.c., p. 38.
[28] Cour des comptes, o.c., p. 44.
[29] Note de politique générale de la police fédérale et du fonctionnement intégré, Doc. Parl., Chambre, 2003-2004, n° 0325/028, p. 10.
[30] Rapport d’activités 2000 du Comité permanent de contrôle des services de police, Doc. Parl., Chambre, 2000-2001, n° 1360/001, et Sénat, 2000-2001, n° 2-866/1, p. 6.
[31] Rapport d’activités 2003 du Comité permanent de contrôle des services de police, Doc. Parl., Chambre, 2003-2004, n°1267/001, et Sénat, 2003-2004, n° 3-782/1, p. 22.
[32] Cf. budget de la police fédérale.
[33] Le Secrétariat Administratif et Technique relatif à la police intégrée a été créé par l’arrêté royal du 15 janvier 2001 (M.B. du 26 janvier 2001) auprès du Département du ministre de l’Intérieur.
[34] Dans un tel contexte, « Les responsables développent, promeuvent et assurent une mise en œuvre effective de l’éthique, des dispositions de gouvernance, de l’égalité des chances et de traitement, des politiques de diversité (multiculturalisme) et d’environnement et des programmes que la société est en droit d’attendre et interagissent également avec les parties prenantes de l’ensemble de la société ».
[35] « Les objectifs d’une entreprise et les méthodes utilisées pour les atteindre sont fondés sur des priorités, des jugements de valeur et un style de management. Ces priorités et jugements de valeur qui se traduisent par un Code de conduite, reflètent l’intégrité d’éthique des dirigeants. […] le Code de conduite doit aller au-delà du simple respect des lois. Le public attend davantage […] » in Coopers et Lybrant (présentent), La nouvelle pratique du contrôle interne, Paris, Les éditions d’organisation, 1994, pp. 36-37.
[36] Idem, p. 136.